Fiche Pédagogique

Habitats légers ou réversibles

par Jean-Christophe Anna

Habitats légers ? Habitats réversibles ?

 

Yourtes, Tiny houses, Kerterres, Roulottes, Tipis, vans aménagés… ces nouveaux habitats se sont considérablement développés depuis une vingtaine d’années.
Difficulté d’accéder à la propriété d’un logement « classique » – surtout en ville -, goût pour le nomadisme ou choix engagé d’un habitat plus respectueux du Vivant et des limites planétaires, ces habitats ont tout d’abord été qualifiés de « légers » – car non arnachés artificiellement au sol par une dalle en béton comme c’est le cas de la plupart des habitations modernes, des maisons individuelles des quartiers résidentiels urbains aux tours de bureaux et barres des quartiers sensibles en passant par les immeubles collectifs des villes et les maisons des campagnes.

L’association Hameaux légers, dont la mission est de permettre à toutes et à tous d’accéder à des habitats et des modes vie durables et solidaires, pour des territoires plus vivants, a proposé une nouvelle dénomination – « habitats réversibles » – plus pertinente pour englober 4 catégories différentes d’habitats ayant aucune emprise au sol ou dont cette emprise est très limitée… réversible : les habitats déplaçables, les habitats transportables, les habitats démontables et les habitats compostables.

« Nous avons choisi d’utiliser le terme “habitat réversible” plutôt que “habitat léger” car nous nous sommes rendus compte que :

  • le terme habitat léger était lié à de nombreux préjugés pour beaucoup de gens, notamment des élus : dans leur imaginaire, il serait fragile, inesthétique, précaire, voire susceptible de s’envoler
  • le terme résidence démontable est celui de la loi ALUR mais il nous semble lui aussi inexact, étant donné que les habitats mobiles ou transportables, voire biodégradables rentrent dans le cadre de la loi sans être démontables à proprement parler : tiny houses, kerterre, maisons conteneurs, et beaucoup d’autres moins connues.

Le terme réversible nous a semblé le plus juste, car tous ces habitats ont en commun le fait de permettre au terrain de revenir dans son état initial lorsqu’ils sont déplacés, démontés ou compostés.

Tous ces habitats ont des fondations réversibles (pierres sèches, vis de fondation, pneus…).

Il existe presque autant d’habitats réversibles que d’habitants : auto-construits ou non, autonomes ou non, de 10 comme de 100m2, des récents comme des vieux de 50 ans… »

Face à la grave altération des conditions d’habitabilité de notre planète et à la 6ème extinction de masse des espèces, il nous appartient de changer radicalement notre façon d’habiter la Terre, de la réhabiter en respectant le Vivant. Les habitats réversibles représentent une alternative agile, frugale, vitale !

 

Sources principales de cette fiche pédagogique :

  • Écrivons ensemble un nouveau récit pour sauver la vie ! (Utopie éclairée, la révolution est vitale) – Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant, 2021
  • Carnage (Pour en finir avec l’anthropocentrisme) – Jean-Marc Gancille – Rue de l’échiquier, 2020

Les 4 catégories d’habitats réversibles

Le biorégionalisme est à la fois une idéologie politique éco-anarchiste, militante et radicale.
C’est un chemin, une chose à construire. Enfin, c’est une vision, un horizon, une éthique écocentrée à visage humain.

Pour Mathias Rollot, c’est aussi une pensée antiraciste, anticapitaliste, antispéciste, antidéterministe et antinationaliste.

Enfin, le biorégionalisme représente clairement une formidable double opportunité : résister au Système – notamment en créant une société sans État comme nous le verrons plus bas – et agréger l’ensemble des luttes écologiques, sociales et culturelles.

Une idéologie politique éco-anarchiste, militante et radicale - un chemin - une vision, un horizon, une éthique écocentrée à visage humain

« Néologisme utilisé pour servir une idéologie politique éco-anarchiste, le biorégionalisme est aussi un courant animaliste radicalement antispéciste défendant, face à l’exploitation capitalistique industrieuse des milieux, un « holisme écologique » (une approche globale et inclusive de l’état de santé des écosystèmes) selon lequel la durabilité de tout établissement humain doit passer par une prise en compte pleinement écocentrée des milieux. » Mathias Rollot – Aux origines de la biorégionmétropolitiques – 2018

« Le biorégionalisme est né de la rencontre entre des poètes (Allen Van Newkirk, Gary Snyder), un scientifique (Raymond Dasmann) et des artistes militants éco-anarchistes (Peter Berg et Judy Goldhaft). C’est cette rencontre un peu complexe qui a permis de jeter les bases de l’idée de biorégion telle que nous la discutons depuis. La notion est donc pleinement tenue entre la science, la poésie, l’art et la politique. Il me semble qu’il en est de même avec le biorégionalisme comme mouvement : il a été porté à la fois par des agriculteurs, des journalistes, des universitaires, des militants politiques et des mystiques.

[…] Pour revenir un peu à l’histoire originelle des années 1970, j’ai le sentiment que c’est surtout Peter Berg qui a métabolisé les idées de Dasmann pour les faire redescendre sur le terrain, au sein de ces fameuses « communautés réhabitantes ». Ce que je veux dire par là, c’est que je crois que c’est surtout Berg qui avait une vision. Et que sa manière de fonctionner était vraiment d’aller grappiller des tas d’idées et d’intuitions à droite et à gauche pour les glisser dans son hypothèse biorégionale personnelle. Le projet de Berg a vraiment été de politiser et de populariser le concept écologique de biorégion au service de cette écologie sociale défendue par Murray Bookchin. Peter Berg voulait reprendre cette idée de la distribution géographique du vivant en y intégrant aussi les communautés humaines, de façon à rendre les gens conscients et acteurs de ces milieux de vie. » *

 

Peter Berg et Judy Goldhaft avaient la conviction qu’« en matière d’écologie, il ne faut rien attendre des dirigeants : l’écologie sera populaire ou rien.

[…] La solution ne peut venir que des gens eux-mêmes, car on ne peut pas faire d’écologie contre les gens.

Peter Berg comme Doug Aberley ont tous les deux insisté sur le fait que le travail biorégional, prospectif comme cartographique, doit nécessairement se faire avec les gens. Je trouve ce parti pris vraiment juste, car l’un des nœuds de tout travail biorégional, c’est celui des communautés : réhabiter ne peut se faire que collectivement, et en un lieu de vie situé. » *

 

Mathias Rollot souligne également la dimension visionnaire et pionnière des biorégionalistes américains des années 1970 qui « posaient déjà avec clarté tout ce à quoi nous arrivons aujourd’hui avec beaucoup de retard – la question décoloniale, la fin du dualisme nature/culture, la réhabitation et l’ancrage dans un territoire qui n’est pas fermé (qui était déjà une forme de municipalisme écologique), les restaurations écologiques participatives, etc. Je n’ai pas l’impression qu’ils aient été dépassés par les avancées écologiques ou politiques, ni par les réponses à apporter au désastre grandissant, à la Sixième Extinction, ou à l’environnementalisme et au capitalisme vert. Au contraire, on trouve chez les premiers biorégionalistes les germes de ce qu’on appelle aujourd’hui les « humanités écologiques » – et tout en ayant martelé dès le début la nécessité d’ancrer vraiment tout cela dans des pratiques partagées et populaires. Je veux dire par là qu’ils ont vraiment tenté de montrer qu’il fallait à tout prix tenir ensemble l’humain et le non-humain : à la fois observer, étudier et penser les deux simultanément, dans leurs dialogues, et en même temps tenir une préoccupation équivalente pour l’un est l’autre. Frédéric Dufoing l’a bien résumé, en disant que le biorégionalisme est une éthique « écocentrée à visage humain ». » *

« Si on prend l’exemple de Peter Berg, un biorégionaliste, c’est quand même une personne qui a passé sa vie à refuser tout « environnementalisme » – l’idée que l’on puisse critiquer le désastre écologique depuis son salon, sans changer ses pratiques ni ses engagements. Berg avait bien conscience que la critique ne sauverait pas le monde et qu’il est nécessaire d’aller sur le terrain, de faire l’écologie avec les gens, d’avoir des engagements incarnés, etc. L’idée qu’il faut être critique et proactif à la fois. Et ça, c’est exactement ce qu’il a passé sa vie à faire. Ce n’était pas un universitaire, mais plutôt un théoricien spontané et intuitif, un acteur de terrain qui savait penser et écrire, et qu’on dit aussi très charismatique. » *

 

« Le biorégionalisme n’est pas un lieu à atteindre, c’est un chemin, une chose qui reste toujours en construction, toujours à construire. Plus qu’une question de terre, de terroir ou de territoire à proprement parler, le biorégionalisme c’est une vision, un horizon, une éthique appliquée. Et c’est en cela que l’expression chère à Peter Berg me paraît profondément juste : ce qu’il faut réhabiter, ce sont des « lieux-de-vie » (« life-places ») – des lieux traversés par la vie, des vies toujours plus qu’humaines, et qui tiennent par des mutualismes, des relations mutuellement bénéfiques. » *

Pour Mathias Rollot, « Peter Berg et les diggers ne cherchaient pas forcément une solution ou une réponse aux problèmes du monde, ils essayaient avant tout de faire, ils commençaient par faire ici et maintenant, à la manière permaculturelle. »

Une pensée antiraciste, anticapitaliste, antispéciste, antidéterministe et antinationaliste.

Marin Schaffner : « Mais est-ce que le biorégionalisme n’est pas avant tout un mouvement blanc ? »
Mathias Rollot : « Majoritairement, oui, mais pas uniquement. Les pays qui s’en sont le plus emparés sont les États-Unis, le Canada, l’Angleterre et l’Italie, un peu le Japon, l’Australie, l’Espagne et le Mexique, et très tardivement enfin la France. Et par ailleurs, les fondateurs américains du biorégionalisme intégraient systématiquement la parole amérindienne dans leurs discours, leurs écrits et leurs réflexions. En lui donnant de la place, et en montrant qu’il y avait là une sagesse à réapprendre. Donc c’est quand même un mouvement de « blancs décoloniaux », et ce, dès les origines et aujourd’hui encore. De la même manière, en Italie, certains groupes biorégionalistes ont récemment pris position de façon très claire en faveur d’un accueil inconditionnel des exilé·e·s. C’est indéniable qu’une part importante de la théorie biorégionaliste va vraiment vers l’idée d’une société ouverte, accueillante et multiculturelle. Notamment par le décentrement du regard collectif vers des figures non plus seulement culturelles, mais aussi naturelles. Qu’est-ce que ça veut dire ? On aura toujours besoin de se rassembler autour de « figures » identitaires. Et peut-être que pour une fois on pourrait, consciemment et volontairement, arrêter de se rassembler autour des drapeaux, des frontières et des histoires nationales, et le faire autour des figures que forment aussi les lacs, les rivières, les bassins-versants et les forêts. Et ça, je pense que c’est une entrée – pourtant très peu travaillée en France – qui peut participer de l’avènement d’une société antiraciste. Alors qu’on assiste à un retour assez fort dans les discours médiatico-politiques des idées de relocalisation et de souveraineté, il y a un vrai enjeu à construire intelligemment ces relocalisations pour les protéger à la fois de l’ultralibéral, du traditionalisme, du repli sur soi et de la xénophobie. Et ça, c’est toute la question – encore peu traitée – des potentialités antiracistes de l’écologie. »

Marin Schaffner : « Ce dont on parle aussi en creux ici, c’est d’une écologie certes antiraciste, mais également antipatriarcale, anticapitaliste et même antiétatique. »
Mathias Rollot : « Mais oui. Quand tu dis ça, pour moi, tu donnes l’essence de ce que devrait être le biorégionalisme. Ou, comme le dit Snyder, « toute personne, peu importe son ethnie, sa langue, sa religion ou son origine est la bienvenue, dans la mesure où elle mène une vie en bonne intelligence avec les lieux. »

Marin Schaffner : « Et ça, ce sont aussi les cadres explicites de l’écologie sociale de Murray Bookchin… »
Mathias Rollot : « Si on s’essaie aux différences (ce qui peut être un jeu intéressant), j’ai l’impression que le biorégionalisme se revendique plus ouvertement de l’écologie profonde. Au contraire de Bookchin, les biorégionalistes américains ont été proches d’Earth First ! pendant des décennies, tout en défendant une cosmologie un peu romantique de la nature – en mettant l’accent sur l’importance de parcourir les milieux de vie, de ressentir les géographies, de les chanter, les danser, les mettre en poésie, etc. Or, j’ai l’impression que chez Bookchin, il s’agit quand même plus d’une théorie politique – assez difficile d’accès d’ailleurs – qui dit l’importance de l’écologie, mais qui ne la décrit pas depuis une pratique concrète et de terrain. Il n’y a pas, chez lui, à ma connaissance, une écriture des lieux et des milieux comparable à ce qu’a pu faire un Gary Snyder, un Peter Berg ou un Giuseppe Moretti, par exemple. De plus, le biorégionalisme essaie de redire, aussi, la singularité d’une position géographique sur la biosphère, et le fait que là il va se passer des choses particulières, et ça pour tous les endroits de la Terre. Or ça, je n’ai pas l’impression que ce soit très présent chez Bookchin non plus.
Mais Murray Bookchin est sûrement à mettre dans la constellation de ce biorégionalisme non unifié, notamment pour ses apports sur les questions d’organisation politique à la fois écologiques et sociales. Des questions d’ailleurs, qui ne sont pas vraiment le fort de la théorie biorégionaliste. Chez Peter Berg, on trouve aussi des propositions de démocratie locale assez libertaires, notamment autour de l’idée de « conseils de bassin-versant ». Et de façon générale, on pourrait quand même dire que les penseurs et acteurs du mouvement semblent, en grande majorité, familiers avec les systèmes politiques développés selon le modèle de l’écologie sociale de Bookchin. C’est donc sans doute un penseur de cette grande famille biorégionaliste hétérogène. Bookchin y a ses particularités, mais comme ils en ont toutes et tous.
Dans cette constellation d’auteurs et d’autrices pouvant concourir à l’idée biorégionaliste, on peut donc aller chercher un tel ou une telle, selon nos besoins et pour des raisons différentes. Sion veut de la théorie politique, on peut se tourner vers un Murray Bookchin. Si on veut de la poésie et du sauvage, on a Gary Snyder. Si on veut plutôt des manifestes et des manuels accessibles, ce sera chez Peter Berg. Si on veut de la cartographie et de l’histoire, Doug Aberley. Si on veut une théorie générale du biorégionalisme, Kirkpatrick Sale. Et ainsi de suite. On retrouve même la sorcière païenne Starhawk dans Turtle Talks, un livre d’entretiens de 1990 qui se revendique du mouvement – ce qui prouve aussi que les porosités sont nombreuses et que le biorégionalsime se nourrit de perspectives multiples. » *

En lien étroit avec l’écologie profonde, l’écoféminisme, l’écologie sociale, le décroissantisme et l’écologie décoloniale, le biorégionalisme représente également une des principales inspirations de la permaculture.

* : Qu’est-ce qu’une biorégion ? – Mathias Rollot & Marin Schaffner – Éditions Wildproject – 2021

Un moyen de résister au Système et d'agréger les autres luttes !

Idéologie politique éco-anarchiste, biocentrée – animaliste et antispéciste -, anticapitaliste et antinationaliste, le biorégionalisme a clairement pour vocation de résister au Système dominant actuel – écocidaire, anthropocentré, spéciste, capitaliste et nationaliste. Et ses liens étroits avec d’autres courants écologistes essentiels – l’écologie profonde, l’écoféminisme, le décroissantisme et l’écologie décoloniale – renforcent cette opposition viscérale aux autres dimensions caractérisant le Système : greenwashing, patriarcat, religion de la croissance infinie et colonialisme latent (l’expression « France-Afrique » est très révélatrice tout comme la poursuite de logiques d’interventionisme, voire d’ingérence). Dans Qu’est-ce qu’une biorégion ? Mathias Rollot insiste clairement sur ce point :
« La théorie biorégionaliste n’est utile qu’à celles et ceux pour qui elle peut servir d’anti- dote à un mode de vie empoisonné et empoisonnant. L’idée de biorégion ne peut servir qu’à celles et ceux pour qui elle pourrait être transformatrice. Le biorégionalisme a été conçu comme une modalité de résistance, un outil de lutte pour les sociétés occidentales modernes, en réponse à elles et à leur modes de fonctionnement. C’est nous, les habitants de ces sociétés modernes, qu’il confronte. »

Parallèlement à cet éclairage judicieux, Mathias Rollot partage sa préoccupation de voir la biorégion récupérée à son tour par le Système.

« Comment faire en sorte de construire un modèle qui ne soit pas récupérable trop facilement par le système ? Là aussi, je crois que nous avons des choses à inventer, une stratégie à monter, de toute urgence même, si on ne veut pas que l’idée de biorégion soit à son tour vidée de son sens par le système économique et politique actuel. Peut-être que tant que cette idée sert à relier vraiment celles et ceux qui luttent et vivent de façon biorégionale (et qui ne revendiquent pas forcément le terme d’ailleurs), avec celles et ceux qui participent à la diffusion des idées et des histoires biorégionales, alors la récupération est limitée. Car si on peut très facilement vider de sens un concept, on ne récupère peut-être que plus difficilement une communauté de personnes en lutte.
C’est en tout cas quelque chose de central pour moi aujourd’hui que de savoir comment je peux accompagner l’amplification du biorégionalisme en France, sans faire le jeu d’un système qui va forcément chercher à le récupérer. Autrement dit, que dire et que faire pour en limiter la récupérabilité systémique, tout en favorisant sa diffusion populaire ? »

La même préoccupation fort légitime – au vu du malin plaisir que prend le Système à dévoyer le sens de concepts nobles comme ce fut le cas récemment pour le Revenu universel ou la résilience – anime également les trois membres du Réseau des Territorialistes. D’autant plus que cette récupération semble avoir déjà commencé.

« Il convient donc d’être très méfiant à l’endroit de propositions biorégionales qui, comme nous l’avons vu, restent enceintes dans les cadres et règles des institutions d’État, particulièrement dans des déclinaisons locales pleinement compatibles avec la rationalité instrumentale et ses visées de développement. En France, on trouve un parfait exemple de ce faux-semblant avec l’appellation biovallée drômoise, utilisant pourtant la racine grecque « forme de vie » et adossant son projet à l’écosystème d’une vallée. Mais si, comme l’annonçait la gestion du fleuve Arno en Toscane, l’objectif de départ était de restaurer l’écosystème très pollué de la rivière de la Drôme, cette expérience est vite apparue, tel en Aquitaine, comme velléité institutionnelle, et ce par le véhicule de trois communautés de communes (Val de Drôme, Crestois et Pays de Saillans, Diois). Aujourd’hui, le principe d’action de l’association interterritoriale est la labellisation à des fins économiques. La biovallée devient donc une marque, sous couvert de durabilité : « L’association permet à ses adhérents de revendiquer leur appartenance à Biovallée. Ils peuvent utiliser la marque pour présenter leur structure. En contrepartie, ils s’engagent à « faire leur part » pour atteindre les objectifs de Biovallée : diviser par deux les consommations d’énergie, couvrir nos besoins par la production d’énergie renouvelable, acheter local, développer les CDI, utiliser des fonds éthiques…». La structure gestionnaire a ce faisant accédé à plusieurs subventions d’envergure, comme celle octroyée en 2018 dans le cadre du concours Territoires innovants (20 millions d’euros) porté par le gouvernement central. Et la biovallée devient institution, au point que l’on parle de la
« Communauté de communes du Val de Drôme en biovallée » pour alors co-construire « une métropole rurale responsable, innovante et alternative
» (site internet de la CCVD).

Guillaume Faburel, Maële Giard et Raphaël Lhomme dénoncent aussi le projet aquitain de biorégion portée entre 2012 et 2015 par le Département de la Gironde, en collaboration avec le Pays Médoc, le Parc Naturel régional des Landes de Gascogne, le Syndicat Mixte de l’Aire Métropolitaine bordelaise.

« Si le projet semble être valorisable et se présente comme une « avancée écologique », il n’est pourtant pas possible de parler de réussite – mais bien plutôt de contre-exemple, voire de duperie. Ne nous y trompons pas, dans la veine qui plus est très affadie de la pensée territorialiste italienne, cette démarche dite de recherche s’est finalement révélée être un projet technico-institutionnel de gestion territoriale, au service d’une adaptation aux logiques infrastructurelles de l’urbanisation métropolitaine incontrôlée. À travers la mise en place de cette stratégie dite nouvelle du territoire, l’objectif a bien été une valorisation économique et sociale du « patrimoine naturel » aquitain. Et sous couvert d’incarner et d’ancrer les grands enjeux européens de protection du territoire et de restauration des ressources, les résultats n’ont été que dans le sens du développement capitalistique de la région, ne permettant d’aucune manière d’accéder à plus de résilience et plus encore à une quelconque autonomie. »

Si le biorégionalisme est donc bien un moyen de résister au Système, Mathias Rollot rappelle également que cette idéologie politique pourrait également agréger les autres luttes écologiques, sociales et culturelles qui pourraient se rencontrer sur le socle commun de la biorégion.

« Peut-être que le plus grand espoir du mouvement biorégionaliste réside dans son association avec d’autres mouvements. Le biorégionalisme accompagne les transformations culturelles ancrées en un lieu. La biorégion pourrait devenir l’arène politique où développer la résistance à toutes les formes d’exploitations écologiques et sociales. » Doug Aberley – Interpreting Bioregionalism: A story from many voices – dans Bioregionalism de Michael Vincent McGinnis – 1999

L’une des préoccupations majeures de L’Archipel du Vivant est d’associer – à cette nécessaire et vitale révolution au service du Vivant – les différentes catégories de populations déjà victimisées aujourd’hui dans notre société si injuste socialement et si peu démocratique : les plus défavorisé·e·s au premier rang desquel·le·s les sans-abris, les personnes vivant dans nos quartiers « sensibles », les personnes en situation de handicap et les personnes dont l’orientation sexuelle n’est pas conforme au modèle hétéro, sans oublier les migrant·e·s et les personnes en situation « irrégulière ». Les sensibiliser à l’extrême gravité de la situation écologique et à l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle – déjà engagé, mais imminent dans son stade ultime – n’est pas chose aisée. Car ces personnes souffrent au quotidien de mépris et d’indifférence, de racisme, d’insultes et de violence gratuite, y compris en provenance des forces de l’ordre. Elles vivent pour une grande majorité dans l’enfer urbain ou métropolitain et sont loin d’imaginer une vie meilleure hors de leur environnement bétonné et bitumé. Hélas, ce sont ces mêmes personnes – déjà malmenées aujourd’hui – qui risquent fort de souffrir le plus demain lorsque les choses vont irrémédiablement basculer…

Source : Écrivons ensemble un nouveau récit pour sauver la vie ! Utopie éclairée, la révolution est vitale – Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant, 2020

Le biorégionalisme, un mouvement qui nous invite à réhabiter la Terre.

Faculté d’Architecture de l’Université de Liège, conférence de Mathias Rollot – Février 2021 

La biorégion est incompatible avec l’État-nation et la métropolisation !

Comme l’évoquent judicieusement Guillaume Faburel, Maële Giard et Raphaël Lhomme – dans le Carnet de la Décroissance n°4 Biorégion. Pour une écologie politique vivante -, la principale ambition politique de la biorégion est bien, de « faire sécession des États-nations et de la métropolisation par relocalisation de la communauté géographique ».

« La biorégion est en fait aux antipodes des institutions nationalistes et de leurs desseins capitalistes, des déclinaisons administratives territorialisées et de leur développementalisme soit disant de plus en plus écologiquement rationnel. Pour les auteur·ice·s nord-américain·e·s, cette dimension sécessionniste ne fait aucun doute.
[…] Si dans la pensée biorégionaliste, la sécession première est celle des chaines de dépendance des États-nations, ainsi que de leurs duplications sous la forme de baronnies territorialisées, cela ne peut se faire sans consubstantiellement rompre avec leurs premières constructions : les métropoles. La biorégion fait en théorie d’une pierre deux coups, considérant la dualité historique : remiser les découpages et les modes d’intervention de la souveraineté nationale et de l’autorité centrale, et à cette fin démanteler les
grandes villes, creuset des hiérarchies nécessaires à la polarisation marchande et au capitalisme infrastructurel. La fragmentation, clairement inscrite dans la pensée biorégionaliste passe alors par le débranchement métropolitain. »

Dans le livre Qu’est-ce qu’une biorégion ?, Mathias Rollot tire la même conclusion sur l’incompatibilité entre la biorégion et d’un côté la métropole pour des raisons complémentaires liées à la philosophie même de l’art de réhabiter…

« Il est certain que c’est par exemple extrêmement difficile de ré-habiter le Paris hyper congestionné et hyper synthétique qu’on connaît aujourd’hui – voire ça paraît souvent impossible ou absurde. Parce qu’il ne laisse aucune place à la réappropriation, à l’imprévu, à l’installation ; aucune marge, aucune faille, aucun interstice – physiquement parlant, mais aussi fonctionnellement, symboliquement et légalement parlant. À tout point de vue, il n’y a juste pas de place pour la vie dans l’hypercongestion et l’hyper-artificiel d’une mégalopole moderne ! Pas de place pour l’improvisation, pour l’autoconstruction, pour le jardinage, pour le laisser-faire, pour le sauvage ou même le spontané. Le problème, c’est le caractère totalitaire de son architecture, de son urbanisme et des politiques qu’elles nécessitent. »

… et de l’autre l’État-nation en ajoutant un argument de poids, celui que la réalité géographique d’une biorégion ne correspond pas aux frontières politiques artificielles et arbitraires qui déli- mitent les États-nations.

« La biorégion est un autre paradigme que celui de l’État. Le biorégionalisme ne fait pas comme s’il n’était pas là, mais c’est vrai qu’il en parle peu. Car je crois en fait que ce modèle théorique cherche au fond à mettre en lumière la possibilité, voire l’intérêt, d’une société sans État. […] La biorégion n’est assurément pas une limite administrative supplémentaire, ni une réorganisation interne de l’État-nation en bassins-versants. Les biorégions seraient d’ailleurs pour bon nombre d’entre elles, à cheval sur plusieurs États-nations actuels. La meilleure chose à faire pour solidifier ce point serait sans doute de recouper les objectifs biorégionalistes avec une théorie politique, celle de Bookchin ou une autre. C’est un chantier qui reste largement à construire. »

Concernant ce potentiel rapprochement entre biorégionalisme et municipalisme libertaire, Mathias Rollot l’évoque ailleurs dans le même livre : « Le projet de Berg a vraiment été de politiser et de populariser le concept écologique de biorégion au service de cette écologie sociale défendue par Murray Bookchin. Peter Berg voulait reprendre cette idée de la distribution géographique du vivant en y intégrant aussi les communautés humaines, de façon à rendre les gens conscients et acteurs de ces milieux de vie ». Voici donc une confirmation éclatante de cette évidente complémentarité qui se trouve au cœur même du projet de L’Archipel du Vivant.
Pour changer réellement la donne atuelle, les 3 courants de pensée les plus inspirants sont justement le biorégionalisme, le municipalisme libertaire et la permaculture. Et figurez-vous que permaculture et biorégionalisme sont également intimement liés ! Chargée de recherche en sociologie de l’environnement au CNRS, Laura Centemeri l’annonce d’emblée en choisissant un titre pour le moins évocateur pour son livre publié en 2019 : La permaculture ou l’art de réhabiter ! Un grand merci à Mathias Rollot encore une fois, puisque c’est grâce à sa très riche « bibliothèque biorégionaliste » à la fin de Qu’est-ce que une biorégion ? que j’ai découvert ce livre et le parallèle qu’il propose :
« Laura Centemeri y déploie avec pédagogie et rigueur une analyse originale sur les manières dont la permaculture pourrait être considérée comme un art à la fois théorique et pratique, un cadre et une méthode de réalisation de l’art de « réhabiter » au sens le plus biorégionaliste du terme. Tout en rappelant en introduction que le biorégionalisme « représente une des principales inspirations de la permaculture. »

Source : Écrivons ensemble un nouveau récit pour sauver la vie ! Utopie éclairée, la révolution est vitaleJean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant – 2021

 

La fin des métropoles et de l'État-nation... le début des biorégions !

Tribune

2 approches / 2 écoles !

Dans la tribune Aux origines de la biorégion. Des biorégionalistes américains aux territorialistes italiens (publiée sur le site Métropolitiques le 22 octobre 2018), Mathias Rollot expose les 3 principales raisons pour lesquelles il considère que le courant italien d’Alberto Magnaghi a dévoyé le biorégionalisme originel.

1. Le courant initié par Alberto Magnaghi est distinct du mouvement biorégionaliste italien historique lancé par Guiseppe Moretti, en contact direct avec le mouvement américain dès les origines. Alberto Magnaghi ne s’appuie sur aucun biorégionalistes historique ni américain, ni italien (Berg et Sale sont à peine cités) pour proposer une acception « territorialiste » de la biorégion et présente de manière erronée le biorégionalisme comme une poursuite des travaux de la Regional Planning Association of America alors même que le biorégionalisme américain s’est bien au contraire attelé à une critique fondée sur les limites du planning conventionnel en se différenciant singulièrement des approches historiques de « l’urban planning », du « regional planning », de « l’infrastructural planning » et du « resource planning ».

2. La notion de biorégion « est hyperbolée, voire floutée, au sein du texte de Magnaghi, de sorte qu’il est très difficile de situer quelle définition claire en proposerait le chercheur italien. À de nombreux égards, l’auteur ne semble voir dans le terme de « biorégion » qu’un moyen efficace de reformuler ses théories précédentes sur « le projet local ». … J’ose croire qu’on n’appellera pas « biorégionaliste » sans y réfléchir à deux fois la pensée d’Alberto Magnaghi après ces constats. »

3. « Le problème devient plus gênant lorsqu’il brouille les cartes sur l’idéologie biorégionale elle-même. L’expression « biorégion urbaine » n’est-elle pas, à ce sujet, un contresens complet ? Si le terme de « biorégion » désignait originellement à la fois un contexte naturel et les idées humaines à son propos, s’il caractérisait bien un ensemble fait d’humains et de non-humains, de bassins versants et d’établissements humains, de populations animales et d’histoires culturelles, d’ensembles végétaux et de pratiques artistiques, de types de sols et d’imaginaires communs, de climats et de symboliques signifiantes, que peut bien vouloir dire l’expression « biorégion urbaine » ? Faudrait-il alors parler, en revers, de « biorégions rurales » ? Quel sens tout cela peut-il bien avoir à l’heure où toute la planète a été anthropisée, et où les enjeux contemporains de notre œkoumène résident plutôt dans la reconnexion entre ville et campagne ? On sent bien ici à quel point un écart pourrait apparaître entre les théories territorialistes italiennes et leurs préoccupations anthropiques, et les objectifs biorégionalistes éco-anarchistes originels»

Biorégionalisme originel/historique,
éco-anarchiste et
biocentré

C’est l’école nord-américaine initiée par Allen Van Newkirk, Peter Berg, Raymond Dasmann et Judy Goldhaft !

 

Pour en savoir plus...

 

Approche

« naturaliste » nord-américaine

holistique : artistique, scientifique et éco-anarchiste
Liens étroits avec le biocentrisme, la Permaculture, l’écologie sociale et le municipalisme libertaire, l’écoféminisme, l’écologie profonde, la décroissance…

 

Aception de la biorégion

Écologiste

 

Le cœur de la biorégion
 le vivant et les réhabitant·e·s surtout en milieu rural

 

Définition de la biorégion

Lieu de vie plus qu’humain, partagé et co-habité.
Basin versant, territoire fluvial cartographiable + récit collectif / projet politique

 

Origines
1975 – Allen Van Newkirk (chercheur canadien) auteur de la toute première définition

1978 – Peter Berg (éco-anarchiste américain) et Raymond Dasmann (scientifique américain)

États-Unis et Canada
Biorégionalistes : Peter Berg, Raymond Dasmann, Allen Van Newkirk, Gary Snyder, Judy Goldhaft, Kirkpatrick Sale, Doug Aberley, Christopher et Judith Plant, Van Andruss, Eelanor Wright, Michael Vincent McGinnis, Robert L.Thayer Jr, Mike Carr, T. Lynch, K. Armbruster, Cheryll Glotfelty, Eve Quesnel
Organisation : Planet Drum Fondation

Média : Raise the Stakes!

Italie
Biorégionalistes : Giuseppe Moretti, Fabrizio Zani, G. Zavalloni, E. Addey

Organisation : Rete Bioregionale Italiana

Médias : AAM Terra Nuova (années 1980), Lato Selvatico (1992 fondée par Giuseppe Moretti)

France et Belgique

Biorégionalistes : Mathias Rollot, Marin Schaffner, Guillaume Faburel, Maële Giard, Frédéric Dufoing
Organisations : Réseau français des Territorialistes, L’Archipel du Vivant

Démarche associative et politique : Les États Généraux du Post-Urbain

 

Ouvrage fondateur

Reinhabiting a Separate Country. A bioregional Anthology of Northern California – sous la direction de Peter Berg – Planet Drum Fondation – 1978

Biorégionalisme urbain,
territorialiste et anthropocentré

C’est l’école italienne d’Alberto Magnaghi.

 
 

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Approche

« culturaliste » italien

urbanistique issue de la planification territoriale

 

Aception de la biorégion

Urbaniste et Territorialiste (planification territoriale)

 

Le cœur de la biorégion

la ville, l’urbain

 

Définition de la « biorégion urbaine »

« Ensemble de systèmes territoriaux fortement transformés par l’homme, caractérisés par la présence d’une pluralité de centres urbains et ruraux organisés en systèmes réticulaires et non hiéarchisés, en équilibre dynamique avec leur milieu ambiant. »

 

Origines
2000 – Alberto Magnaghi (enseignant-chercheur en planification territoriale)

Italie
Biorégionalistes : Alberto Managhi, Claudio Saragosa, David Fanfani, Daniela Poli

Organisation : Laboratorio di Progettazione Ecologica degli Insediamenti (LAPEI)

France

Biorégionalistes : Agnès Sinaï, Yves Cochet, Benoit Thévard
Organisation : Institut Momentum

Avec le petit bémol qu’ils évoquent un exode urbain massif et qu’il s’agit d’une commande du Think Tank « Forum Vies Mobiles » de la SNCF

 

 

Ouvrage fondateur

Il progetto locale – Alberto Magnaghi – Bollati Boringhieri – 2000

Le courant territorialiste italien d’Alberto Magnaghi a clairement détourné/dévoyé/perverti le concept de biorégion de son essence originelle en l’associant à l’urbain et en faisant un outil de planification territoriale.

Une expérience inspirante : Cascadia !

« Des montagnes à l’océan s’étend une grande terre verte. Sur le pourtour nord-est du Pacifique, la terre et la mer s’entrelacent en grands flux cycliques. Cette terre est un cadeau de la mer. Cascadia est un lieu de vie, une biorégion, avec ses caracté- ristiques et son contexte distincts. L’eau est la voix de ce lieu. Cascadia, ça dit bien ce que ça veut dire : Cascadia au sens de cascades ! Cascadia est le nom des courants d’eaux vives qui dévalent les pentes des montagnes du coin. Les cascades et les chutes d’eau sont la signature de cette région, assemblant la terre & la mer & le ciel en des cycles de vie infinis. L’eau sym- bolise les dynamiques qui s’écoulent ensemble à de nombreux niveaux pour former la Cascadia : les forces tectoniques qui s’ap- pliquent sur les terres immergées et la croûte terrestre, les motifs climatiques, les courants marins, les bassins-versants, les cycles glaciaires, l’écologie de la faune et de la flore… Ces synergies naturelles se reflètent dans les différentes formes sociales et culturelles natives du lieu, les fonctionnements des colonies oc- cidentales, autant que dans la société et l’usage des sols actuels – c’est d’une histoire et d’une destinée commune dont il s’agit. La convergence de tous ces calques supérieurs et inférieurs fait de la Cascadia une biorégion distincte, à part entière. »

Rédigé par le biorégionaliste David Mc Closkey, ce texte accompagne la version 2014 de sa fameuse carte de Cascadia. Ce texte est celui choisi par Mathias Rollot pour présenter Cascadia dans son livre Qu’est-ce qu’une biorégion ? co-écrit avec Marin Schaffner. Professeur à l’Université de Seattle, sociologue et éco- logiste, David Mc Closkey évoque cette biorégion pour la toute première fois en 1970. Cascadia est clairement l’expérience de biorégion la plus aboutie à ce jour, même si le profond désir sécessionniste et autonomiste ne s’est pas réalisé dans les faits. Dans le Carnet de la décroissance n°4 paru à l’été 2021 – Biorégion. Pour une écologie politique vivante -, Guillaume Faburel, Maële Giard et Raphaël Lhomme mettent en lumière toute la singularité de l’expérience cascadienne.

« La biorégion Cascadia s’étend le long de la côte nord-ouest des États-Unis et du Canada. Elle comprend la Colombie britannique, les États de Washington et de l’Oregon. Ses limites étant perméables, elle s’étend parfois, jusqu’au nord de la Californie et à l’Ouest du Montana (Celnik, 2015). Sa cartographie n’est volontairement pas figée. Il est donc a priori difficile d’en déduire quelques frontières. Ce serait de toute façon contraire à l’idée-même de biorégion. Néanmoins, il existe diverses représentations de cette biorégion montrant par effet miroir la totale absur- dité écologique des découpages institutionnels et administratifs.
[…] En fait Cascadia repose sur une certaine unité naturelle, au fondement même de la pensée biorégionaliste.
[…] On comprend donc qu’il existe un écosystème naturel singulier autour d’un réseau hydrographique. Et cet écosystème est constamment mis en danger par des grands projets auxquels la population va tenter de résister. C’est notamment le cas avec le projet d’oléoduc Keystone XL finalement abandonné grâce à l’action des mouvements écologistes. Aujourd’hui, de larges mobilisations s’opposent toujours à des projets d’extraction dans la région de Cascadia, confirmant cette attention locale aux milieux de vie. Pour Celnik « la Cascadia est probablement la région la plus verte d’Amérique du Nord, ce qui est dû à la fois à des politiques volontaristes de transition énergétique, à des citoyens conscients des enjeux écologiques et mobilisés, mais surtout à une conscience du lieu très forte » (2017 : 134).

À l’unité naturelle s’ajoute donc une unité culturelle et sociale. Selon Celnik, beaucoup d’habitant·e·s se considèrent avant tout comme des « cascadien·ne·s » (et non étatsunien·ne·s par exemple). Ceci est renforcé par différents symboles et événe- ments allant de l’organisation d’un tournoi de football (Cascadia Cup) à un drapeau (Cascadia Flag) en passant par le brassage d’une bière locale (Cascadia Dark Ale). Plusieurs mouvements et organisations forment un réseau et font vivre et exister la bioré- gion de différentes manières. Plus encore, sur cette base unitaire et avec ce dessein d’autonomie, plusieurs groupes biorégiona- listes revendiquent l’indépendance de Cascadia face aux États- Unis et au Canada.
Cette aspiration va même jusqu’au classement de la région Cascadia comme l’une des dix «aspiring nations», selon le Times (2001), aux côtés du Québec ou du Pays Basque. Et cette idée de créer une nation indépendante n’est pas nouvelle sur cette partie du continent Américain. Julie Celnik rappelle que déjà
au XVIIème siècle, le président Thomas Jefferson y voyait une Ré- publique du Pacifique s’appuyant sur les sociétés agraires : des communautés de fermier·ère·s autonomes. On retrouve aussi cette idée dans le livre d’Ernest Callenbach dans son roman Ecotopia paru en 1975. »

Je me souviens comment ce même parallèle entre Cascadia et Écotopia m’avait immédiatement sauté aux yeux à l’été 2020. Sé- duit par l’extraordinaire vision d’Ernest Callenbach, je découvrais alors l’existence de Cascadia grâce à… Maële Giard et Guillaume Faburel qui intervenaient dans le cadre des Rencontres d’été de PEPS (Pour une Écologie Populaire et Sociale) dans la Drôme. Si les contours ne sont pas tout à fait identiques, la localisation as- sez proche est pour le moins troublante. David Mc Closkey a-t-il inspiré Ernest Callenbach – son roman inspirant potentiellement à son tour le récit cascadien – ou s’agit-il d’une intuition commune ? Quoi qu’il en soit, ce territoire est un terreau fertile pour les ima- ginaires écologistes et secessionistes ! D’ailleurs, où en est Cascadia par rapport à son ambiton sécessionniste et autonomiste ? Les trois membres du Réseau des Territorialistes terminent justement leur présentation de la biorégion nord-américaine en se penchant sur cette question :  « […] Il existe même déjà quelques institutions biorégionales au sein de Cascadia. C’est notamment ce que considère Celnik dans son étude des watershed councils (conseils de bassin-versant), qui sont « créé[s] de façon volontaire dans le but de protéger, ou de restaurer, un bassin versant. Les efforts portent souvent sur la qualité de l’eau, ou sur la protection d’une espèce en particulier, mais c’est tout un écosystème local qui est pris en compte. L’un des aspects originaux de ces water- shed councils est qu’ils sont constitués d’individus appartenant aux différentes communautés locales, aux intérêts différents et parfois conflictuels » (2017 : 131). Pour l’autrice, ces conseils s’ins– crivent doublement dans une logique biorégionale. Ils sont cen- trés sur des écosystèmes et s’appuient pour leur fonctionnement sur une organisation immanquablement ascendante. Toutefois, force est de reconnaître que ces institutions demeurent forgées et régulées par le système existant. Et ainsi, si la volonté sécession- niste et autonomiste est présente dans les écrits de Cascadia, la réalité des faits s’en éloigne quelque peu ».

Source : Écrivons ensemble un nouveau récit pour sauver la vie ! Utopie éclairée, la révolution est vitale Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant – 2021

Le biorégionalisme : une utopie salvatrice ?

« En son sens le plus basique, le biorégionalisme exprime ces idées essentielles que je crois nécessaire à la survie de l’humanité sur la Terre : la compréhension écologique, la conscience régionale et communautaire, la possibilité de développer un ensemble de sagesses et de spiritualités basées sur la nature, la sensibilité bio-centrée, l’organisation sociale décentralisée, l’entraide et l’humilité des groupes humains.
J’ai écrit il y a trente ans que le biorégionalisme était « le moyen crucial, et peut-être virtuellement le seul possible, pour mettre fin à l’imminente apocalypse écologique » – qui est devenue bien pire qu’elle ne l’était alors, et qui menace désormais sérieusement la capacité de la Terre à rester un habitat hospitalier pour la vie. Tant que la compréhension biorégionale ne sera pas une optique partagée par la majorité de l’humanité, cette apocalypse continuera de menacer nos avenirs respectifs. Nous n’avons vraiment aucun autre choix. » Kirkpatrick Sale (2016) – Préface de l’auteur à l’édition française – L’Art d’habiter la Terre – Wildproject, 2020

« Le biorégionalisme sauvera la situation, ou pas. Il n’est rien de plus que ce qui arrivera, forcément, après la catastrophe, parce que c’est la manière qu’ont les écosystèmes naturels eux-mêmes de fonctionner. » Mathias Rollot – Avant-Propos de l’édition française – L’Art d’habiter la Terre – Wildproject, 2020

 
Ces deux citations – toutes deux issues de l’édition française L’Art d’habiter la Terre de Kirkpatrick Sale (Dwellers in the Land – 1985) illustrent parfaitement l’enjeu de la dynamique initiée par la Société Écologique du Post-Urbain et L’Archipel du Vivant (cf plus bas l’Appel Concevoir une biorégion depuis son espace écologique de vie).
 
Il est grand temps de nous mettre toutes et tous au service du Vivant pour imaginer une nouvelle façon d’habiter la Terre et de faire société, en nous délivrant de tous les rapports de domination et en recouvrant notre pleine et entière souveraineté via la mise en place d’une véritable démocratie.

Les acteurs du biorégionalisme

Adrastia
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Urbanisation généralisée et métropolisation, alternatives écologiques et France périphérique, néo-ruralités et biorégion… le réseau des Territorialistes s’intéresse aux dynamiques géographiques et aux imaginaires politiques qui les fondent. Il souhaite par cette entrée double donner à voir d’autres manières d’habiter la terre, les critiques que figurent ces formes-de-vie (ex : décroissance) et les savoirs sur lesquelles ces formes s’appuient (de la rénovation écologique aux savoirs paysans, de la communication non-violente aux expériences autogestionnaires…).

Pour ce faire, ce réseau est composé de chercheur·euse·s, praticien·ne·s, étudiant·e·s et militant·e·s menant enquêtes de terrain et débats, autour par exemple d’expériences biorégionales et leurs écologies politiques, des initiatives habitantes dans des lieux de vie périphériques, des découpages et visées de la géographie institutionnelle, des héritages fonctionnalistes et des problèmes écologiques qu’ils posent aujourd’hui…

https://www.reseaudesterritorialistes.fr 

Institut Momentum
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Le collectif des EGPU regroupe une trentaine d’organisations de l’alternative sociale et écologique, réunie par une triple ambition :

  • mettre en débat les liens entre urbanisation des territoires, métropolisation du monde et bouleversements écologiques et sociaux actuels
  • penser les modalités d’une relocalisation des activités et d’une installation écologiquement viable des populations dans les différentes régions encore à dominante rurale
  • partager les expériences des alternatives écologiques et des initiatives sociales qui maillent de plus en plus l’espace hexagonal.

https://www.post-urbain.org/ 

The Shift Project
Pour en savoir plus...

Notre vision

Un monde écologiquement soutenable qui prend soin du vivant, sans rapport de domination et privilégiant la coopération, dans lequel les besoins essentiels des êtres vivants – humains et non humains – sont respectés.

Notre mission

Développer la résilience locale et faciliter la coopération entre les initiatives alternatives existantes pour faire émerger une nouvelle société.

Nos 3 ambitions – les 3 étapes du projet

1. PARTAGE
Site web ressources
Réunir sur un site web toutes les informations utiles pour servir de boussole afin d’identifier, appréhender et relever toutes et tous ensemble les immenses défis de notre époque : se former aux compétences clés du XXIème siècle (permaculture, art de vie sauvage, low-tech, gouvernance, communication bienveillante, éducation alternative…), comprendre les enjeux, découvrir les initiatives alternatives les plus inspirantes dans les territoires, changer de vie, basculer, se débrancher du système, etc.

2. RÉSILIENCE
Recherche, design et accompagnement des territoires à l’anticipation des risques systémiques
Organiser les conditions de la résilience systémique (hydrique, alimentaire, énergétique, sanitaire, sécuritaire, économique et financière) à l’échelle locale (celle de la biorégion) entre les acteurs alternatifs déjà présents* afin de constituer des “archipels“ territoriaux. C’est uniquement en articulant leur interdépendance et en les mettant en réseau qu’une véritable résilience est possible.

3. ÉMANCIPATION
Mise en place de piliers sociétaux alternatifs
Créer une société nouvelle, confédération de microsociétés biorégionales autogérées, sur le principe du municipalisme libertaire et du confédéralisme démocratique.

« L’utopie n’est pas l’irréalisable, mais l’irréalisé. » Théodore Monod.

* : Écovillages, Écolieux, Tiers-lieux, Fermes bio, AMAP, Recycleries et Ressourceries, Coopératives, Écoles alternatives, Cafés associatifs, Accorderies, Monnaies locales, SEL, Assemblées citoyennes, ZAD, MDP et MER, Herboristes, Chamans, etc…

https://archipelduvivant.org 

Collectif Tiny House

Créé par une dizaine de passionnés, Collectif Tiny House est né de l’envie d’encourager le partage et l’échange d’informations au sein de la communauté “Tiny House” en France et alentours.

Notre organisation a pour objectif de promouvoir, soutenir et recenser le mode de vie en tiny house. Découvrez nos actions plus en détail ci-dessous.

Promouvoir

Cet objectif passe par la publication et le partage de contenu informatif et inspirant autour du mouvement tiny house en France. Vous retrouverez toute l’actualité relative aux tiny houses sur notre page Facebook publique.

Au programme : les derniers articles de presse consacrés aux tiny houses, les réalisations de constructeurs français, mais aussi des vidéos, des photos d’inspiration et bien plus encore !

Notre site contient également plusieurs articles et témoignages que vous découvrirez dans la catégorie dédiée, accessible depuis le menu. Et pour en apprendre plus sur la création de ce collectif, c’est ici. Bonne lecture !

Soutenir

Nous mettons tout en œuvre pour favoriser l’échange, la rencontre et le dialogue au sein de la communauté. Pour ce faire, nous avons mis en place un espace de discussion privé et bienveillant, là encore sur Facebook. C’est l’endroit parfait pour échanger avec d’autres passionnés, mais aussi bénéficier de tous les conseils de nos membres, qu’ils soient constructeurs pros, auto-constructeurs et/ou habitants. Si vous n’avez pas Facebook, un forum est également à votre disposition.

Recenser

Le mouvement tiny house prend de plus en plus d’ampleur en France et dans le reste du monde. S’il n’existe à ce jour aucune étude permettant de recenser avec certitude le nombre d’habitants de tiny house en France, nous avons créé une carte interactive à laquelle chacun est libre de contribuer.

Pour plus d’informations sur le contenu de la carte et sur la marche à suivre pour y apparaître, cliquez sur le bouton ci-dessous. Nous avons hâte de vous y retrouver !

Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://www.collectif-tinyhouse.fr/

Association Hameaux Légers
Hameaux Légers

Nous voulons permettre à toutes et à tous d’accéder à des habitats et des modes de vie durables et solidaires, pour des territoires plus vivants.

Sensibiliser

Nous partageons notre vision au plus grand nombre, fédérons un réseau d’acteurs engagés pour l’habitat réversible et encourageons les élu·es à accueillir des hameaux légers.

Accompagner

Nous aidons les individus, les collectifs et collectivités à mûrir, concrétiser et relier leurs projets, dans le respect des aspirations et des rythmes de chacun·e.

Transmettre

Nous créons et relayons les ressources — savoir-faire, outils, réseaux — permettant d’accéder à des habitats et des modes de vie durables et solidaires.

Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://www.hameaux-legers.org/nos-actions

Désobéissance Fertile
Désobéissance fertile

Ce site a pour vocation de faire le lien entre détenteurs de projets et propriétaires de terrains afin de développer de nouveaux lieux et vivre au plus près de la Nature !

Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://desobeissancefertile.com

Désobéissance Fertile
HALEM

Association d’Habitants de Logements Éphémères ou Mobiles, HALEM contribue depuis 2005 à ne pas laisser « les aménageurs de territoire » décider seuls du destin des Habitats Légers.
Du poète au travailleur saisonnier, du philosophe au travailleur des grands chantiers, intérimaire ou prestataire, de l’étudiant au retraité pauvre en camping car, de l’habitant de camions à celui de terrain de camping…
HALEM, un mouvement populaire d’autodéfense qui accompagne quotidiennement des personnes souvent démunies devant les élus et l’administration.

Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web http://www.halemfrance.org

L’Appel à créer des biorégions

Engagé depuis deux années, le mouvement pour une société écologique post-urbaine s’emploie à penser un autre mode d’habiter la terre, et ce faisant une autre géographie, celle de la déconcentration des peuplements et de la relocalisation d’activités essentielles, de la décentralisation des pouvoirs et de la décroissance de toutes nos exploitations, de toutes les prédations.

À cette fin, après plusieurs mois d’échanges et de réflexion, nous lançons un Appel à la création de biorégions post-urbaines, destiné à toute personne ou collectif souhaitant penser et dessiner son milieu écologique de vie de manière soutenable, et ce en se réunissant simplement avec quelques ami·e·s, allié·e·s, pour préfigurer ce que serait son espace biorégional.

Voici le document d’aide pour façonner de telles alternatives, précisant communs et valeurs, besoins et critères. Nous nous tenons à votre disposition pour plus d’informations et vous accompagner. Un séminaire est d’ores et déjà programmé pour partager ces expériences, les 14, 15 et 16 septembre à Villarceaux.

Nous vous invitons à rejoindre ce mouvement pour penser une démétropolisation, une désurbanisation de nos vies et un réempaysannement nourricier de nos sociétés, avec sobriété et responsabilité. À vos imaginaires et envies ! À vos crayons et productions ! À ce jour, dix biorégions sont déjà en cours de définition, y compris depuis l’étranger.

Les livres incontournables

Reinhabiting a Separate Country

Peter Berg

Planet Drum Foundation – 1978

Qu’est-ce qu’une biorégion ?

 Mathias Rollot et Marin Schaffner

Wildproject  – 2021

Biorégion. Pour une écologie…

G. Faburel, M. Giard, R. Lhomme

Carnet de la Décroissance – 2021

L’art d’habiter laTerre

Kirkpatrick Sale

 Wildproject – 2020 (vf)

Bibliographie anglophone

Voici une petite sélection directement issue du livre « Qu’est-ce qu’une biorégion ?« .

  • Reinhabiting a Separate Country. A bioregional Anthology of Northern California – sous la direction de Peter Berg – Planet Drum Fondation – 1978
  • A Green City Program for the San Francisco Bay Area & Beyond – Peter Berg, Beryl Magilavy, Seth Zuckerman – Planet Drum Fondation – 1989
  • Home ! A Bioregional Reader – Van Andruss, Eleanor Wright, Christopher Plant et Judith Plant – 1990
  • Global Biodiversity Strategy. Guidelines for Action to Save, Study, and Use Earth’s Biotic Wealth Sustainably and Equitably – Étude de plusieurs organismes internationaux – 1992
  • Boundaries of Home. Mapping for Local Empowerment – Doug Aberley – he New Catalyst – 1993
  • Bioregionalism – Michael Vincent McGinnis – Routledge – 1999
  • LifePlace. Bioregional Thought and Practice – Robert L.Thayer – 2003
  • Bioregionalism and Civil Society. Democratic Challenges to Corporate Globalism – Mike Carr – 2004
  • The Bioregional Imagination. Littérature, Ecology, and Place – T.Lynch, C.Glotfelty, K.Armbruster – 2012
  • The Biosphere and the Bioregion. Essential Wrtitings of Peter Berg – Cheryll Glotfelty et Eve Quesnel – Routledge – 2014

Et d’autres ici !

Bibliographie francophone

Voici une petite sélection directement issue du livre « Qu’est-ce qu’une biorégion ? » avec en noir les ouvrages des biorégionalistes francophones qui s’inscrivent dans la même philosophie que le courant historique nord-américainet en rouge les ouvrages associés au concept de biorégion urbaine initiée par l’École territorialiste italienne et le laboratoire Lapei (planification territoriale).

  • L’écologie radicale – Frédéric Dufoing – Illico – 2012
  • La biorégion urbaine. Petit traité sur le territoire bien commun – Alberto Magnaghi – Eterotopia France – 2014
  • Formes et figures du projet local. La patrimonialisation contemporaine du territoire – Danela Poli – Eterotopia France – 2018
  • Le Sens des lieux. Ethique, esthétique et bassins-versants – Gary Snyder – Wildproject – 2018
  • Les territoires du vivant – Un manifeste biorégionaliste – Mathias Rollot – Éditions François Bourin – 2018
  • La Permaculture ou l’art de réhabiter – Laura Centemeri – Éditions Quae – 2019
  • L’Art d’habiter la Terre. La vision biorégionale (traducition de Dwellers in the Land)– Kirkpatrick Sale – Wildproject – 2020
  • Mesure et démesure des villes – Thierry Paquot – CNRS Éditions – 2020
  • Le Grand Paris après l’effondrement. Pistes pour une Île-de-France biorégionale – Agnès Sinaï, Yves Cochet, Benoit Thévard – Wildproject – 2020
  • Design des territoires. L’enseignement de la biorégion – Ludovic Duhem et Richard Pereira de Moura – Eterotopia – 2020

Et d’autres ici !

Bibliographie italophone

Voici une petite sélection directement issue du livre « Qu’est-ce qu’une biorégion ? » avec en noir les ouvrages des biorégionalistes italophones qui s’inscrivent dans la même philosophie que le courant historique nord-américain et en rouge les ouvrages associés au concept de biorégion urbaine initiée par l’École territorialiste italienne et le laboratoire Lapei (planification territoriale).

  • Bioregione, Nuova dimensione per l’umanita – Fabrizio Zani – Macro Edizioni – 1994
  • La Terra racconta, il bioregionalismo e l’arte di disegnare le mappe locali – Rete Bioregionale Italiana – 1997
  • Verso Casa. Una prospettiva bioregionalista – Giuseppe Moretti et autres – Arianna Editrice – 1998
  • Il progetto locale – Alberto Magnaghi – Bollati Boringhieri – 2000
  • La Bioregione. Verso l’integrazione dei processi socioeconomici et ecosistemici nelle comunita locali – Luciano Iacoponi – Edizioni ETS – 2001
  • L’insediamento umano. Ecologia e sostenibilita – Claudio Saragosa – Donzelli Editore – 2005
  • Per la Terra – Guiseppe Moretti – 2007
  • Patto citta-campagna. Un progetto di bioregione urbana per la Toscana centrale – Alberto Magnaghi & David Fanfani – 2009
  • Il progetto di territorio, oltre la citta diffusa verso la bioregione – Giorgio Ferraresi – Politecnica – 2014
  • Alza la posta ! Peter Berg – Giuseppe Moretti – Mimesis / Eterotopie – 2016

Et d’autres ici !

Pour aller plus loin…

D’autres fiches pédagogiques susceptibles de vous intéresser !

Résilience

Permaculture

Municipalisme libertaire

Vivant

D’autres ressources utiles pour poursuivre la réflexion et passer à l’action.

Annuaires

Écovillages, villages engagés vers l’autonomie, ZAD, fermes bio, ressourceries, monnaies alternatives…

Médiathèque

Livres, guides pratiques, magazines, médias online, documentaires, films, chaines YouTube, podcasts, séries…

Kits Pratiques

Résilience alimentaire, sobriété énergétique, purification de l’eau, low-tech, stocks, plantes médicinales, secourisme…

Formations

Permaculture, botanique, art de vie sauvage, orientation, construction naturelle, communication bienveillante…

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