Ma petite poule d’amour….

Ce matin et tant d’autres avant lui…

Je me demandais pourquoi j’étais à ce point mal à l’aise avec les concepts de « mieux être » ou « bien-être » animal utilisés par tant de gens bien comme il faut et d’autres qui pensent avoir une longueur d’avance pour créer une humanité digne de ce nom …

Bien sûr ce malaise a à voir avec la tentative vaine de se donner bonne conscience allant jusqu’à utiliser des expressions démentes comme viande éthique.

Évidemment, ces mots-là associés sont le comble de l’horreur puisqu’ils font croire non seulement qu’il y a une manière éthique d’assassiner un être qui a le droit de vivre autant que vous et moi tout en le maintenant à l’état de produit… C’est la double peine.
Le mot viande en effet désigne en fait une partie du corps d’un animal autre qu’humain…

Mais ce n’est pas seulement pour ça même si cela à lui seul suffit pour décrire l’horreur

Tout ça, on le sait…

On sait bien que ce sont des petits arrangements avec soi et avec la civilisation dominante écocidaire et barbare dont on fait partie intégrante, une manière de ne pas plonger dans la noirceur de nos sociétés et donc de ne pas avoir à visiter aussi nos propres ombres.

Ce qui me fait mal d’autant plus à un point où certains soirs entre chien et loup, j’ai envie de hurler de désespoir, c’est parce que ces concepts galvaudés empêchent de créer de nouveaux paradigmes, qu’ils vont les retarder voire les bloquer à jamais, qu’en fait, rien ne changera du fin fond de la racine du mal qui nous a mené là où on est, humains par milliards, dévorés par le système à certaines heures ou dévorants les autres à d’autres moments…

Sachant que nous sommes seulement un pour cent d’antispécistes dans le monde, je vais prendre un exemple fort qui parlera aux humanistes pour décrire mon sentiment

C’est comme si dans ce temps si long de la traite des noirs qui a permis à toutes nos civilisations de s’enrichir jusqu’à l’overdose, certains esprits dits éclairés avaient dit : « Il faudrait mieux traiter les esclaves, (ne revenant pas sur la domination d’une élite blanche sur eux mais sur leurs conditions de détention), on va moins les fouetter, arranger un peu leurs cabanons, les nourrir mieux pour qu’ils soient plus productifs et alertes mais ils resteront nos esclaves »….

Sans doute que cela a eu lieu. Ces gens-là passaient pour des gens bien, plus compatissants.

Et sans doute que de les fouetter un peu moins fort et de « moins violer » les femmes esclaves a pu participer à la prolongation du système esclavagiste humain.

D’ailleurs il existe toujours, sous d’autres formes, moins terrifiants à vue d’œil et ça ne fait que le rendre plus pervers.

C’est exactement ce qui se passe du côté des lobbies de la mort… Ils jouent avec la conscience des consommateurs, comment leur donner l’illusion qu’ils peuvent dormir tranquilles, qu’ils sont éthiques et bien-pensants… ?

Ce sont eux-mêmes les lobbies agro-alimentaires qui ont créé ces concepts tout comme les chasseurs ont fait croire à l’opinion publique qu’ils étaient des écologistes pour poursuivre leurs pratiques de barbares, les lobbies ont inventé des mots.

Alors oui…des industriels finiront par accepter à force d’acharnement de L214 d’agrandir la cage de poulettes entassées, de quelques centimètres et ces lobbies parleront de bien-être animal tout en refusant la pose des caméras dans les lieux d’exécution.

Pendant que les consommateurs vont applaudir à cette avancée incroyable de centimètres gagnés et vont manger le dimanche en famille « la belle volaille bien mieux traitée Madame, regardez son beau croupion ? »…

Pendant ce temps, des milliards de milliards d’animaux* autres qu’humains continuent à hurler de peur et de souffrance dans les abattoirs qui sont des lieux d’enfer comme seuls les humains ont réussi à créer au paradis

Avoir créé l’enfer au paradis fallait le faire

On l’a fait

Il y a d’autres gens qui achètent un morceau de cadavre d’un bébé ou celui de sa mère directement au paysan super éthique : « Mais oui, c’est très bien, voyez-vous, les animaux vivent en liberté, quelques mois, quelques années avant d’être aussi assassinés mais regardez comme ils sont heureux, ils ont de la chance, on est des humains formidables vraiment, engagés et tout et tout…On pense à leur bien… »

Et en route pour un nouveau monde plus respectueux

Bah non…dans les faits, on ne va pas vers un nouveau monde ni un monde nouveau.

On continue d’alimenter un système odieux, on se fait croire qu’il est vertueux, un esclavagisme vertueux, n’est-ce pas là le comble de l’horreur, de la manipulation mentale poussée au paroxysme ?

En fait, rien n’a changé : On continue de dévorer le corps des petits, arrachés à leur maman qui crie sa douleur, on découpe la petite côtelette d’agneau à son cher bambin et on lui dit « Mange mon amour, ça te donne des forces pour grandir »
Ça… c’est un enfant comme lui dont il n’a absolument pas besoin pour sa croissance puisque comme me disait un vétérinaire éclairé
« nous sommes des herbivores dégénérés », devenus charognards par opportunisme puis chasseurs par goût des cadavres puis éleveurs (esclavagistes, exploiteurs sont les termes exactes) après avoir bien décimé le gibier (que je nomme animaux sauvages par millions, gibier est encore un mot sans affect pour désigner des êtres uniques qu’on considère juste comme de la bouffe).

Je ne rejoindrais jamais un écolieu de néo-paysans comme ils s’appellent.

Ce ne sont pas des néo paysans, ils veulent revenir à des pratiques qui ont existé chez nos anciens… rien de nouveau… et je me souviens du dernier croisé sur mon chemin, bien jeune et bien pimpant « je fais aussi le cochon, je suis auto-subsistant… »
Je fais aussi le cochon… à la limite le saucisson mais faire le cochon, ça craint…
du boudin.

– Dans un monde qui a radicalement changé à coup d’effondrement du Vivant, de génocide animal de milliards de milliards d’animaux qui a atteint son paroxysme ces dernières décennies et dont Hitler a utilisé les méthodes d’abattage industriel pour exterminer en peu de temps des millions d’êtres humains (L’éternel Treblinka de Charles Patterson),

– Dans un monde abîmé, explosé par l’accumulation de guerres fratricides qui bombardent les enfants et leur maman mais aussi les autres qu’humains, animaux, les arbres par millions …

Dans un monde au bord de la non-vie du fait du dérèglement climatique, du fait des pollutions du ciel, de la Terre, des océans, des rivières …

– Dans un monde où chaque goutte d’eau, chaque parcelle de Terre, de l’air contient des micro particules de plastique…

Seul adopter des valeurs empruntées au Jainisme, au yoga qui prône la non-violence, aux peuples autochtones animistes, aux punks de fin 70 qui demandaient la libération animale et qui alors marchaient vraiment leur parole en voulant construire une société sans oppresseurs et sans esclaves… sans Dieu ni maîtres…

La vision antispéciste inventée par des esprits issus de nos sociétés dominantes est la seule qui cherche à ne plus dissoner, la seule qui me donne de l’espoir dans ce monde pensé par des brutes pour des brutes et qui n’existe que parce que tous les autres alimentent le système par leur indifférence, par leur insensibilité et par leur goût immodéré pour les cadavres…

La seule qui parle avec le cœur

 

 

*: terrestres et marins
Chaque année, ce sont 65 milliards d’animaux terrestres et 950 millions de poissons qui sont tués pour finir dans nos assiettes.

Pour aller plus loin, voici quelques liens utiles à découvrir sur notre site ressources :

 

 

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