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FICHE PÉDAGOGIQUE

ÉCOLOGIE

par Jean-Christophe Anna

Écologie ?

 

L’écologie ou écologie scientifique, parfois assimilée à la bioécologie ou à la bionomie, est une science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu en tenant compte de leurs interactions. 

Cet ensemble, qui contient les êtres vivants, leur milieu de vie et les relations qu’ils entretiennent, forme un écosystème. L’écologie fait partie intégrante de la discipline plus vaste qu’est la science de l’environnement (ou science environnementale).

Le terme écologie est construit sur le grec οἶκος / oikos (« maison, habitat ») et λόγος / lógos (« discours ») : c’est la science de l’habitat. Il fut inventé en 1866 par Ernst Haeckel, biologiste allemand darwiniste. Dans son ouvrage Morphologie générale des organismes, il désignait par ce terme « la science des relations des organismes avec le monde environnant, c’est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d’existence ».

Une définition généralement admise, particulièrement utilisée en écologie humaine, admet l’écologie comme étant « le rapport triangulaire entre les individus d’une espèce, l’activité organisée de cette espèce et l’environnement de cette activité » ; l’environnement est « à la fois le produit et la condition de cette activité, et donc de la survie de l’espèce ».

Un écologue (ecologist en anglais), qu’il soit chercheur, biologiste ou ingénieur écologue, est un spécialiste de l’écologie. Ce terme ne doit pas être confondu avec la dénomination écologiste comme adepte de l’écologisme, ou partisan de l’écologie politique.

 

Source : Wikipedia

Écologie politique

L’écologie politique est un ensemble de courants, largement diffusé depuis les années 1970, qui insiste sur la prise en compte des enjeux écologiques dans l’action politique et dans l’organisation sociale. Mouvement culturel nourri d’influences de divers mouvements (tels que le féminisme, le tiers-mondisme, le pacifisme, la non-violence, le libertarisme, l’autogestion, etc.), l’écologie devient politique lorsqu’elle appelle à une profonde transformation du modèle économique et social actuel ainsi qu’à une remise à plat des relations entre l’homme et son environnement1.

Aux États-Unis, les figures tutélaires du courant écologiste sont Henry David Thoreau, Aldo Leopold et Rachel Carson. En Europe, le premier à articuler combat pour la nature et combat politique fut un libertaire, le géographe Élisée Reclus.

Historiquement et culturellement, il allait de soi — en tout cas dans le monde occidental européen — que l’homme était au centre de l’« univers » et il était « normal » de penser, d’enseigner et de croire que les humains pouvaient transformer le milieu sans toujours penser qu’ils n’en étaient pas les créateurs mais une de ses espèces. Il était utopique et normalisé de croire qu’il était possible de maîtriser la vie et de dominer les forces de la nature, qu’elles pourraient se plier à chacun des désirs par des actions concertées. Une position qui dérive notamment du livre de la Genèse judéo-chrétienne (Dieu donne explicitement la terre aux hommes comme un outil qu’ils doivent dominer) mais aussi de l’humanisme de la Renaissance (l’homme mis au centre du monde) et à ses prolongements à travers Descartes puis le mouvement des Lumières dont le programme consiste à la connaissance puis la transformation mécanique du monde par l’Homme.

La naissance de la prise de conscience politique de l’écologie peut probablement être retracée au sein de divers courants de pensée de simplicité volontaire, perceptibles au sein de courants chrétiens dissidents ou non (les Franciscains). C’est cependant avec la révolution industrielle occidentale, provoquant l’accélération de la transformation du monde, l’urbanisation, la dégradation (d’abord ponctuelle) de l’environnement et la conception d’un « environnement humain » que les idées de l’écologie politique ont émergé dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ses premières manifestations se retrouvent, non sans ambiguïté, dans des mouvements chrétiens antimodernistes (inspirés du romantisme ou parfois de la contre-révolution) qui apportent leur limitation à la proposition de la Genèse : voyant dans la nature l’œuvre de Dieu, ils dénoncent la course capitaliste à l’enrichissement matérialiste qui détruit cette œuvre (voir par exemple le poète britannique John Ruskin (1819-1900), précurseur du socialisme en Grande-Bretagne et l’écrivain britannique Thomas Carlyle (1795-1881), partisans d’un anticapitalisme autoritaire).

L’expression principale d’un mouvement écologique fondée sur une vision politique et économique sera cependant celle d’une partie du mouvement anarchiste de la fin du xixe siècle, qui mêle retour à la nature, naturisme, végétarisme, non-violence, sous l’influence de Léon Tolstoï (1828-1910) en Europe et de Henry David Thoreau (1817-1862) aux États-Unis. Le géographe Élisée Reclus (1830-1905) incarne bien cette mouvance anarchiste exprimant des conceptions écologiques. Toutefois il ne faut pas oublier Jacquinot de Pampelune sous la Restauration dont le rapport (publié chez Hacquart) a permis la loi du 30 juin 1824 portant sur le développement arboré esthétique et utilitaire des routes qui avait été négligé sous la république puis par l’empire napoléonien.[pas clair]

L’écologie politique s’affirmera, après les deux grandes guerres, sur la scène politique à la fin des années 1960 – début des années 1970, avec la remise en cause de la société de consommation, dans le sillage de la sensibilisation à l’environnement et la prise de conscience écologique émergente. L’écologie politique peut s’appuyer sur les analyses philosophiques de l’émergence de la société de consommation proposées par Günther Anders (L’Obsolescence de l’homme, 1956) et Hannah Arendt (Condition de l’homme moderne, 1958).
Alors que l’écologie a pour objectif d’étudier les rapports entre un organisme et le milieu naturel, l’écologie politique fait en quelque sorte à la suite d’une prise de conscience des limites de l’anthropocentrisme humain. Elle pose aussi des questions essentielles à l’anthropologie pour le rôle écologique de l’espèce.

L’écologie politique cherche à développer l’état de conscience de l’empreinte polluante de l’être humain sur le milieu, y compris dans ses aspects culturels, structurels, politiques, sociaux, et sociétaux : le terme est apparu dans les années 1970, par opposition à certains mouvements « écologistes » qui avaient tendance à ne pas inclure ces aspects dans leur réflexion. Il s’agissait de remettre en question l’interaction entre l’être humain et son environnement, y compris dans les programmes politiques. Une première étude du Club de Rome avait été publiée au début des années 1970, mais son impact avait concerné des individus plus que des mouvements politiques en tant que tels.

Plusieurs mouvements, tels que l’ONG Les Amis de la Terre qui a participé à la fondation du mouvement écologiste en France, et quelques partis politiques sont apparus dans la foulée dans plusieurs pays développés.

On nomme écologie politique une approche culturelle appliquée de l’écologie pour l’espèce humaine — espèce qui a recours à la politique pour assurer son avenir et celui de sa descendance. Elle constitue également un mouvement social pour transformer la société, dans un sens plus adapté à une vision écologique (globale, intégrant les générations futures) du réel face aux réalités. Plus qu’une politique, on peut la considérer comme une éthique comportementale, aspirant à une plus grande harmonie, autonomie, solidarité et responsabilité.

En tant qu’élément déterminant de la politique sociale, l’écologie politique prend en compte les conséquences des actions humaines dans l’habitat et de nos actes sur notre milieu, non seulement écologique, mais aussi humain, social et sociétal. Avec en particulier l’impact négatif sur la santé physique et mentale, celle des autres, et sur celles des générations futures.
Les courants de pensée inspirant l’environnementalisme moderne proviennent de l’Europe et des États-Unis du xixe siècle.

Cependant, les préoccupations « écologistes », de protection de la nature sur des bases éthiques, philosophiques ou religieuses sont largement antérieures : beaucoup de lois ont été promulguées qui peuvent être qualifiées d’écologistes, et ce depuis l’Antiquité : de la protection des forêts à Ur vers -2700, aux édits de protection des animaux de l’empereur Ashoka en Inde (-256), de la première « réserve naturelle » du monde (un sanctuaire de la vie sauvage) au Sri Lanka quelques décennies plus tard jusqu’à la première loi de protection des oiseaux sur les îles Farne en 6762.

Saint François d’Assise, choisi comme patron de l’écologie, est parfois considéré comme le précurseur de la vision chrétienne alternative de l’homme dans sa relation avec la nature3.

Signalons aux xviie et xviiie siècles des mesures des colons des États-Unis d’Amérique pour éviter l’épuisement des ressources, par la réglementation de l’abattage du bois, la jachère ou l’interdiction de la chasse par période4 ou des mesures législatives du gouverneur de l’île Maurice en 1710 (à l’époque nommée Île-de-France) en protégeant les forêts afin de lutter contre l’érosion des sols, garantir des microclimats favorables.

Une des premières actions collectives contre la déforestation date de 1720, en Inde, avec des centaines de villageois de confession bishnoïe qui ont empêché les soldats du maharaja de Jodhpur de détruire des arbres5.

Tandis qu’Henry David Thoreau (1817-1862) est considéré comme le premier environnementaliste, un des premiers penseurs ayant associé et théorisé la lutte sociale et la préoccupation écologiste est Élisée Reclus (1830-1905), scientifique et militant anarchiste6.

En 1864, George Marsh publie L’homme et la nature (Man and nature)7, la première analyse systématique de l’impact destructif de l’humanité sur l’environnement, qui devient un travail de référence pour le mouvement environnementaliste. Deux ans plus tard, le terme écologie est créé par le zoologiste allemand Ernst Haeckel.

Les premières créations d’organisations que l’on qualifierait de conservationnistes, écologistes remontent à 1815 avec la Commons Open Spaces & Footpaths preservation society au Royaume-Uni, à 1854 en France avec la Société nationale de protection de la nature. Aux États-Unis, la création du premier grand parc naturel Yellowstone remonte à 18728 tandis que la naissance de la première grande ONG de défense de la nature, le Sierra Club remonte à 1892.

Concernant le « contrôle » de l’industrialisation, Benjamin Franklin et des habitants déposent en 1739 une pétition à l’assemblée de Pennsylvanie pour faire stopper les décharges des déchets des tanneries (du district commercial de Philadelphie) : les entreprises parlent de violation de leurs droits tandis que Franklin fait mention de « public rights » (« droit public, des citoyens »). Par la suite, de 1762 à 69, un comité essaie de réguler et contrôler la pollution des eaux et les déchets9.

Pour l’Angleterre moderne, une des premières lois de contrôle de la pollution est le British River Pollution Control Act de 1876 qui rend illégal tout déversement d’égouts dans les rivières ou autres courants, qui fait pendant à une loi de 1388 interdisant de jeter les ordures dans les fossés, rivières…

Les premières dénonciations virulentes du gaspillage des ressources naturelles de notre société industrielle sont dues à un biologiste et urbaniste écossais Patrick Geddes vers 191510.

La première organisation internationale de conservation de la nature est fondée en 1948, l’Union internationale pour la conservation de la nature11 dont le siège se trouve en Suisse.

Dès les années 1960, aux États-Unis les préoccupations écologistes ressurgissent avec les problèmes de pollution, exemple le DDT12, les mouvements antinucléaires13. La plus importante manifestation au monde a lieu le 22 avril 1970, décrété jour de la terre pour demander la protection de l’environnement.

En décembre 1966, l’historien américain Lynn White Jr donne une conférence sur les racines historiques de la crise écologique, avant de publier en 1967 son livre The historical roots of our ecological crisis. Le judéo-christianisme est accusé d’être responsable de la crise écologique, à cause de l’interprétation qui aurait été faite du chapitre 1 du livre de la Genèse, et notamment du fameux verset où Dieu dit « Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la terre, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre ». Ce livre a servi de référence à toute une génération d’écologistes, avant d’être critiqué par les chrétiens, notamment Jean Bastaire14.

Dans les années 1970 apparaît un nouveau type de mobilisation : les interventions d’urgence. Par exemple, face au non-respect de l’embargo sur la chasse à la baleine, l’organisation Greenpeace, récemment fondée, protège les baleines en se plaçant devant les baleiniers.

Parmi les mouvements écologistes actuels, apparus dans les années 1960, années 1970, la plupart ont plutôt des préoccupations sociales associées aux préoccupations environnementalistes, et prônent des valeurs de tolérance et d’ouverture.

Voir aussi une chronologie qui reprend des dates clés concernant l’environnement, les catastrophes environnementales, la genèse des courants écologistes, les traités de protection de l’environnement…

Écologisme

L’écologisme, ou environnementalisme, est à la fois un courant de pensée (idéologie ou philosophie), un corpus de valeurs et de propositions incluant notamment celles du mouvement environnemental. L’orientation de l’activité politique ou parapolitique vise au respect, à la protection, la préservation ou la restauration de l’environnement dans une forme très poussée. James Lovelock, père de la théorie Gaïa, est l’un des représentants les plus célèbres de cette doctrine.

Ce mouvement éco-centrique a comme projet la conservation de la nature et le « respect » des équilibres naturels. L’environnementalisme et le mouvement écologiste ont parmi leurs priorités : la conservation des ressources naturelles, la préservation de la « vie sauvage » (wilderness), la lutte contre la dégradation, la fragmentation et la destruction des habitats et des écosystèmes au sens le plus large. Ils définissent de nouveaux rapports territoriaux dans les milieux habités par l’humain, dont les milieux urbains considérés comme les habitats potentiels de substitution et comme cadre de vie d’une part grandissante de l’humanité.

Ces différentes demandes sociales et politiques, ou même protestations s’expriment dès le début du xxe siècle : en 1902, une convention internationale pour la protection des oiseaux utiles était signée entre 11 pays d’Europe, et en 1913, le congrès de Berne réclamait une « Protection mondiale de la nature », principalement du constat de la dégradation de la nature par l’homme, notamment par la chasse et la surexploitation de la nature, puis par la pollution et la destruction à grande échelle de milieux naturels (forêts tropicales) notamment. Les courants de pensée inspirant l’environnementalisme moderne proviennent de l’Europe et des États-Unis du xixe siècle.

Cependant, les préoccupations « écologistes », de protection de la nature sur des bases éthiques, philosophiques ou religieuses sont largement antérieures : beaucoup de lois ont été promulguées qui peuvent être qualifiées d’écologistes, et ce depuis l’Antiquité : de la protection des forêts à Ur vers -2700, aux édits de protection des animaux de l’empereur Ashoka en Inde (-256), de la première « réserve naturelle » du monde (un sanctuaire de la vie sauvage) au Sri Lanka quelques décennies plus tard jusqu’à la première loi de protection des oiseaux sur les îles Farne en 676.

Saint François d’Assise, choisi comme patron de l’écologie, est parfois considéré comme le précurseur de la vision chrétienne alternative de l’homme dans sa relation avec la nature.

Signalons aux XVIIe et XVIIIe siècles des mesures des colons des États-Unis d’Amérique pour éviter l’épuisement des ressources, par la réglementation de l’abattage du bois, la jachère ou l’interdiction de la chasse par période ou des mesures législatives du gouverneur de l’île Maurice en 1710 (à l’époque nommée Île-de-France) en protégeant les forêts afin de lutter contre l’érosion des sols, garantir des microclimats favorables.

Une des premières actions collectives contre la déforestation date de 1720, en Inde, avec des centaines de villageois de confession bishnoïe qui ont empêché les soldats du maharaja de Jodhpur de détruire des arbres.

Tandis qu’Henry David Thoreau (1817-1862) est considéré comme le premier environnementaliste, un des premiers penseurs ayant associé et théorisé la lutte sociale et la préoccupation écologiste est Élisée Reclus (1830-1905), scientifique et militant anarchiste.

En 1864, George Marsh publie L’homme et la nature (Man and nature), la première analyse systématique de l’impact destructif de l’humanité sur l’environnement, qui devient un travail de référence pour le mouvement environnementaliste. Deux ans plus tard, le terme écologie est créé par le zoologiste allemand Ernst Haeckel.

Les premières créations d’organisations que l’on qualifierait de conservationnistes, écologistes remontent à 1815 avec la Commons Open Spaces & Footpaths preservation society au Royaume-Uni, à 1854 en France avec la Société nationale de protection de la nature. Aux États-Unis, la création du premier grand parc naturel Yellowstone remonte à 1872 tandis que la naissance de la première grande ONG de défense de la nature, le Sierra Club remonte à 1892.

Concernant le « contrôle » de l’industrialisation, Benjamin Franklin et des habitants déposent en 1739 une pétition à l’assemblée de Pennsylvanie pour faire stopper les décharges des déchets des tanneries (du district commercial de Philadelphie) : les entreprises parlent de violation de leurs droits tandis que Franklin fait mention de « public rights » (« droit public, des citoyens »). Par la suite, de 1762 à 69, un comité essaie de réguler et contrôler la pollution des eaux et les déchets.

Pour l’Angleterre moderne, une des premières lois de contrôle de la pollution est le British River Pollution Control Act de 1876 qui rend illégal tout déversement d’égouts dans les rivières ou autres courants, qui fait pendant à une loi de 1388 interdisant de jeter les ordures dans les fossés, rivières…

Les premières dénonciations virulentes du gaspillage des ressources naturelles de notre société industrielle sont dues à un biologiste et urbaniste écossais Patrick Geddes vers 1915.

La première organisation internationale de conservation de la nature est fondée en 1948, l’Union internationale pour la conservation de la nature11 dont le siège se trouve en Suisse.

Dès les années 1960, aux États-Unis les préoccupations écologistes ressurgissent avec les problèmes de pollution, exemple le DDT, les mouvements antinucléaires. La plus importante manifestation au monde a lieu le 22 avril 1970, décrété jour de la terre pour demander la protection de l’environnement.

En décembre 1966, l’historien américain Lynn White Jr donne une conférence sur les racines historiques de la crise écologique, avant de publier en 1967 son livre The historical roots of our ecological crisis. Le judéo-christianisme est accusé d’être responsable de la crise écologique, à cause de l’interprétation qui aurait été faite du chapitre 1 du livre de la Genèse, et notamment du fameux verset où Dieu dit « Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la terre, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre ». Ce livre a servi de référence à toute une génération d’écologistes, avant d’être critiqué par les chrétiens, notamment Jean Bastaire14.

Dans les années 1970 apparaît un nouveau type de mobilisation : les interventions d’urgence. Par exemple, face au non-respect de l’embargo sur la chasse à la baleine, l’organisation Greenpeace, récemment fondée, protège les baleines en se plaçant devant les baleiniers.

Parmi les mouvements écologistes actuels, apparus dans les années 1960, années 1970, la plupart ont plutôt des préoccupations sociales associées aux préoccupations environnementalistes, et prônent des valeurs de tolérance et d’ouverture.

En France, le mouvement écologiste connaît une impulsion particulière après mai 68, tout d’abord en tant que mouvement contestataire. Il s’est d’abord caractérisé par des actions ponctuelles et des manifestations, aussi bien sur le terrain qu’à Paris. On note ainsi la lutte contre la création d’une station de ski dans le parc national de la Vanoise en 1970, les manifestations de 1971 contre les centrales nucléaires de Fessenheim (quelques centaines de personnes) et de Bugey (15 000 personnes). De même, la manifestation contre l’extension du camp militaire du Larzac regroupe quelques centaines de manifestants le 9 mai 1971, puis près de 20 000 le 14 juillet 1972. Le principal animateur de ces manifestations est Pierre Fournier, journaliste à Charlie Hebdo, militant antinucléaire et antimilitariste.

Cependant, le programme nucléaire ne démarre en France qu’en 1974, à la suite du premier choc pétrolier de 1973. Très rapidement, le nucléaire est alors rejeté par les associations de défense de la nature, par des scientifiques rejetant des avis d’experts de l’époque, par des citoyens inquiets des risques potentiels et par une presse militante : Le Courrier de la Baleine, revue des Amis de la Terre en 1971 et surtout en 1972 La Gueule ouverte15, qui a un public plus large. Le mouvement antinucléaire servira de focalisateur à la cause écologiste.

Une des plus importantes manifestations contre le nucléaire, la Manifestation à Creys-Malville en 1977 est sévèrement réprimée (un mort et des dizaines de blessés) .

C’est à la même période qu’est créée en 1969, par Jean Carlier, l’association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE).

Si quelques candidatures écologistes avaient déjà été lancées en Alsace16, c’est la première candidature à l’élection présidentielle d’un candidat se réclamant de l’écologie, en 1974, qui la propulse vraiment sur le terrain politique. L’agronome tiers-mondiste René Dumont, si son score électoral est médiocre, utilise l’exposition médiatique dont il bénéficie pour faire prendre conscience des problèmes environnementaux.

Écoféminisme

Nous vous invitions à consulter notre fiche pédagogique dédiée à ce courant philosophie, éthique et politique.

(Bientôt disponible)

Attention à ne pas confondre social-écologie, écosocialisme et écologie sociale

La social-écologie est un courant politique cherchant « à lier question sociale et enjeux écologiques ». Théorisé par Éloi Laurent, il a principalement été employé en France par le Parti socialiste.
Dans son livre éponyme de 2011, Éloi Laurent propose à travers la social-écologie « un modèle d’économie verte pour réduire les inégalités, préserver et conserver les ressources naturelles (p. 209), afin d’adapter le système capitaliste mondialisé au contexte de la crise écologique ».

L’écosocialisme (parfois appelé « socialisme vert ») est un courant de pensée qui cherche à associer les principes de l’écologisme et du socialisme. L’écosocialisme part du principe que l’écologie est inconciliable avec le capitalisme, dont les modes de production sont guidés par la recherche du profit et la valeur d’échange, ce qui implique le productivisme et l’incapacité de prendre en compte la destruction de l’environnement (qui n’a pas de valeur d’échange) et les besoins sociaux et humain (destruction des peuples, individualisme, droit de l’homme, etc.). Ce courant de pensée est parfois mis en relation avec la social-écologie.

 

Source : Wikipedia

Pour en savoir plus sur la social-écologie...

Laurent Fabius, dont le courant joue « un rôle déterminant dans l’évolution du discours écologique du Parti socialiste » selon l’universitaire Timothée Duverger, plaide en 2003 « pour une social-écologie » en appelant à ce que l’écologie devienne « centrale dans la définition des politiques du Parti socialiste ».

En 2010, le PS situe la notion de social-écologie au centre de son nouveau projet : sur le plan de l’écologie, il prône alors une « éco-conditionnalité des allègements de charges pour les entreprises et une TVA éco-modulable » ainsi qu’une « contribution climat-énergie ». Interrogé en 2012 sur cette évolution, Jean-Luc Mélenchon, partisan de l’écosocialisme, définit la social-écologie comme « une écologie avec le souci du social. Ou bien du social avec une sensibilité écologiste. Ça reste en surface, sans toucher au fond du système. L’écosocialisme, c’est le socialisme. C’est la nouvelle définition de la démarche socialiste ». Lors de la campagne présidentielle de 2012, Aurélie Filippetti et plusieurs députés et membres du Pôle écologique du PS mettent en avant « la social-écologie de François Hollande contre le passif environnemental de la droite ».

Comme c’était déjà évoqué en 2009, la social-écologie devient le slogan du PS à partir de la campagne des élections départementales françaises de 2015, sous l’impulsion du Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. Le terme intègre le logo du parti dans le courant de l’année, ainsi qu’une feuille ; cette évolution est perçue comme une main tendue des dirigeants socialistes envers les électeurs et adhérents d’Europe Écologie Les Verts, alors en voie de scission. Le Parti de gauche dénonce « un scandaleux hold-up du PS sur l’écosocialisme », dont le terme est repris par la motion de Jean-Christophe Cambadélis : celui-ci répond que « la social-écologie est défendue par Laurent Fabius depuis maintenant 10 ans. Jean-Luc Mélenchon le sait, il a fait partie en son temps de ce courant au Parti socialiste ». Cette même année, Marie-Noëlle Lienemann, membre du bureau national du PS, s’interroge sur l’alternative entre social-écologie et écosocialisme, et estime que son parti est « toujours en train de tâtonner sur le concept. Car chaque terme a déjà été préempté par d’autres forces politiques ou associatives ». Elle choisit finalement le terme d’écosocialisme.
Le programme présenté par Benoît Hamon lors de sa campagne pour la primaire citoyenne de 2017 est qualifié de social-écologiste ou d’écosocialiste. François de Rugy, président du Parti écologiste et candidat à cette même primaire, se présente également à cette occasion comme un tenant de la social-écologie. Lors de la campagne présidentielle de 2017, Éloi Laurent indique que « l’approche social-écologique et la nécessité d’une transition social-écologique ont progressé politiquement bien plus [qu’il n’aurait] pu l’imaginer il y a six ans, quand [il a] publié Social-écologie. On peut notamment le voir en consultant les programmes des deux candidats de gauche à l’élection présidentielle » (Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon). Lors de la campagne pour les élections législatives de 2017, douze figures du PS menées par les anciens ministres Najat Vallaud-Belkacem, Mathias Fekl et Estelle Grelier, appellent à « réinventer la gauche de demain » en prônant une « social-écologie réformiste ».

Lors de la campagne pour le congrès d’Aubervilliers (mars 2018), Libération inclut la social-écologie dans les termes de « la rhétorique creuse » qui a contribué à la chute du PS, avec d’autres expressions telles que « vivre-ensemble », ou « gauche de gouvernement ». Après son élection, Olivier Faure continue d’utiliser l’expression pour évoquer l’orientation de son parti : « Notre parti est devenu “social-écologiste” et nous ne déléguons plus ces questions à des partenaires politiques ». Lors des élections européennes de 2019, Le Parisien relève qu’au sein du PS, la « social-écologie » « peu à peu s’impose devant la social-démocratie », et que « sous l’influence de Place publique, le vieux parti à la rose prône désormais « la rencontre du social et de l’écologie ».

Dans l’exercice du pouvoir

À l’échelle locale
L’alliance entre le PS et les écologistes dans le Pays nantais est perçue comme un exemple de mise en pratique de la social-écologie, dont plusieurs figures émergent sous l’égide de Jean-Marc Ayrault (Ronan Dantec, Jean-Philippe Magnen et François de Rugy). Johanna Rolland, qui succède à Jean-Marc Ayrault comme maire de Nantes, se réclame à son tour de la social-écologie. C’est également le cas de Damien Carême, maire de Grande-Synthe (PS puis EELV).

À l’échelle nationale
En juin 2012, après l’arrivée du PS au pouvoir, la ministre de l’Environnement Nicole Bricq organise pour le mois suivant une conférence environnementale, « à égalité d’importance avec la conférence sociale », en prônant la social-écologie comme méthode. En 2014, Cécile Duflot (Europe Écologie Les Verts) démissionne du gouvernement en expliquant que ce dernier a privilégié la « social-orthodoxie » à la social-écologie : « Choisir la social-écologie, cela veut dire ne pas seulement préserver un modèle obsolète, mais préparer un avenir intense en emplois, où l’on produit et consomme différemment. »

 

Source : Wikipedia

Pour en savoir plus sur l'écosocialisme...

Joël de Rosnay emploie en 1975 le terme d’écosocialisme pour décrire « une convergence des grandes politiques économiques et sociétales vers la protection de l’environnement ». James O’Connor définit comme écosocialistes les mouvements souhaitant subordonner la valeur d’échange à la valeur d’usage, en organisant la production en fonction des besoins sociaux et des exigences de la protection de l’environnement.

Les écosocialistes pensent que le « capitalisme vert » est impossible, c’est-à-dire que la protection de l’environnement est inconciliable avec le capitalisme.

Selon cette analyse, dans une économie capitaliste, la production est guidée par la recherche du profit et la valeur d’échange. Ce mode de développement serait, d’après les écosocialistes, incapable de prendre en compte les réalités et les finalités humaines qui se retrouvent n’être que des sources de profit. L’écologie politique se définit comme « la qualité de vie individuelle et la qualité d’une civilisation ».

Comme les environnementalismes (axés sur la protection de l’environnement naturel), l’écosocialisme dénonce la marchandisation de la nature mais expliquent que les mesures de régulation interne à la logique capitaliste (comme la création de capitaux de nature et de marchés de droits à polluer) sont inefficaces pour protéger l’environnement naturel.

Mais contrairement aux environnementalistes, pour l’écosocialisme, il n’y a pas de distinction à opérer entre environnement « naturel » et environnement « artificiel » (fruit des productions humaines) tant ils sont liés, mêlés et sont tous deux soumis au diktat du productivisme : il n’y a qu’un « environnement de vie » des êtres humains dont les aspects sont très divers (nature, villes, systèmes sociaux, animaux, etc.).

Par ailleurs, l’écosocialisme considère qu’il existe, en plus de l’antagonisme entre capital et travail, un antagonisme entre capital et nature. Le productivisme serait ainsi consubstantiel aux diverses formes de capitalisme, et toute écologie politique conséquente se définit comme socialiste.

Les pionniers de la réflexion écosocialiste sont notamment Manuel Sacristan, André Gorz, et Barry Commoner[réf. nécessaire]. D’après Michaël Löwy, Walter Benjamin peut « être considéré comme un des précurseurs de l’écosocialisme ». Citons dans leurs successeurs : James O’Connor, John Bellamy Foster, Ian Angus et Cy Gornik, Michaël Löwy…

La relecture de Marx : rupture d’avec les « marxismes traditionnels »
L’une des bases de l’écosocialisme est la relecture de Marx intégrant la totalité de ses œuvres (y compris celles publiées bien après sa mort, dont les Grundrisse publiés en 1938, plus de 20 ans après la fondation du marxisme officiel en URSS). Sur ce point, Moishe Postone est l’un des auteurs les plus avancés sur cette question ; en effet, même si les conclusions sur la suppression du travail peuvent être discutées, il reste que la relecture de Marx faite par Postone (cf. notamment la théorie critique de Marx) permet la rupture d’avec les courants marxistes dits « traditionnels » en montrant les impasses d’une lecture trop superficielle de Marx. Cette relecture met l’accent sur la nature du travail, sur la valeur et sur l’organisation sociale de la production ; et elle montre notamment, de façon éclairante, en quoi le soviétisme et le « marxisme officiel » propagé par l’URSS fut en réalité, non pas une « critique de l’économie politique » (ie. une critique des fondements du capitalisme, qui est le véritable travail mené par Marx), mais une « économie politique critique » (ie. une théorie reprenant les principes capitalistes sous d’autres formes d’organisations sociales et politiques). On désigne aussi cette « économie politique critique » par « marxisme ricardien » pour souligner le fait que les courants marxistes traditionnels n’ont fait que retenir le changement de propriété de l’appareil de production, alors que la critique menée par Marx repose sur la nature même de l’appareil de production et sur la nature spécifique du travail sous le capitalisme. L’explication tient au fait que les Grundrisse sont la clé pour comprendre Le capital, car dans les Grundrisse Marx montre qu’en écrivant le Capital, il se place dans une position interne au capitalisme (c’est-à-dire dans un contexte spécifique sur le plan historique). Sans cette clé donnée par Marx dans les Grundrisse, le contenu du Capital apparaît alors comme une analyse transhistorique (vraie à toutes les époques) ce qui est complètement faux et contradictoire avec le travail de Marx. Mais la publication tardive des Grundrisse (en 1938) a rendu impossible cette lecture de Marx qui fut celle de la IIe Internationale, puis de la IIIe Internationale, dominée par l’URSS.

Aujourd’hui, à la lumière de ces faits, il est donc clair que le soviétisme n’a pas pu créer une alternative de société post-capitaliste puisqu’il reposait sur des fondements identiques, et le « marxisme officiel » de l’URSS n’a été qu’un marxisme ricardien, en contradiction avec le réel travail de Marx.

Sur le plan des courants de pensée, une telle relecture de la critique de Marx était inacceptable dans le cadre des partis communistes « officiels » soumis au diktat de la pensée soviétique, et dans ce contexte l’écologie politique a été, dès son origine, un des courants de pensée alternatifs où cette relecture de Marx était possible et où elle a pu se faire. C’est la raison pour laquelle se trouvent en écologie politique nombres d’auteurs (André Gorz ou Ivan Illich entre autres) ayant développé la critique de la technique qui est directement basée de la critique de l’économie politique de Marx et sa remise en cause de la nature même du travail sous le capitalisme. L’écologie politique a donc été un « réceptacle » à tout ce qui ne pouvait pas s’exprimer dans les courants officiels fortement encadrés sur le plan idéologique.

Faire apparaître la cohésion : un tri nécessaire
La constitution même du courant nommé écologie politique est à l’origine de l’état disparate des thèses qui s’y côtoient. En France, le courant s’étant constitué comme une alternative au verrouillage idéologique opéré dans le paysage politique aussi bien à gauche (dominée par la doctrine venue d’URSS) qu’à droite (gaullisme).

La mise en cohérence nécessite de tisser des liens entre les différentes thématiques de l’écologie politique (revenu universel, question du travail, préservation de l’environnement de vie, critique de la technique, prolétarisation, numérique, etc. ). André Gorz a fourni de nombreuses pistes en étant l’un des penseurs les plus prolifiques et les plus hétéroclites : il a permis de tisser des ponts et ainsi de poser des bases pour une cohérence d’ensemble.

Vers l’écosocialisme
Sur ces bases consistant à faire apparaître la cohérence, il apparait plusieurs points :

La relecture de Marx à partir de l’ensemble de son œuvre rend caduque le besoin de faire converger écologie politique et marxisme puisque les deux sont en réalité complètement liés par la question de la nature spécifique du travail sous le capitalisme, la question de la valeur et la critique de la technique.
La question de l’environnement « naturel » se trouve vidée de sens. En effet, la distinction entre environnement “naturel” et environnement “artificiel” (issu de la production de l’être humain) est une séparation impossible à mener tant les deux sont mêlés l’un à l’autre dans un environnement plus global : l’environnement “de vie” des êtres humains. Cette indistinction permet de réintroduire des questions comme celles de l’urbanisme, des conditions de vie et de travail, mais aussi celles liés aux systèmes sociaux (santé, culture, etc. ) comme des questions fondatrices de l’écologie politique en tant que constitutives de l’environnement de vie de l’être humain. L’Écologie Politique n’a pas à être réduite à la “protection de la nature” car elle est l’écologie de l’environnement de vie des êtres humains.
L’introduction de problématiques liées à l’environnement de vie rend incontournable la question du régime politique et de la structure sociale dans le projet constitutif de l’écologie politique. Cette prise en compte permet de rejeter toutes les dérives écofascistes, malthusiennes et réactionnaires qui se réclament de l’écologie au nom de la protection de la nature. La question de la société et du régime politique (comme constitutifs de l’environnement de vie de l’être humain) réintroduit des questions comme celles de la liberté, de la République et de la laïcité. Par ce point, il apparait clairement que l’écologie politique est une préfiguration de l’écosocialisme au sens où elle intègre la perspective de Jean Jaurès montrant que le socialisme est l’aboutissement de la République.
La question du pouvoir (au sein de la société) est liée à diverses problématiques. Elle est bien sûr présente dans la question “quel type de société ?”, mais elle s’introduit parallèlement via diverses thématiques portées par l’écologie politique : la question de la mise en circulation des techniques issues de la recherche, Internet et le numérique, et enfin la question du revenu/salaire à vie. Dans toutes ces thématiques, la problématique de la gestion du pouvoir met en avant deux schémas distincts : un schéma de verticalité pyramidale, basée sur le pouvoir de position d’intermédiaire, et un schéma de collaboration et de circulation. L’un des schémas infantilise et isole l’individu de ces semblables, le met en position de mineur social (mineur qui doit donc être guidé par un supérieur) ; l’autre schéma repose sur le collectif en montrant que le pouvoir n’est pas individuel, mais il est celui d’un réseau d’individus échangeant entre eux, un réseau où la connaissance circule librement ; la notion de citoyenneté y est donc liée à celle du lien social. La question du pouvoir fonctionnel et de son hétéronomie fait l’objet du livre d’André Gorz “Adieux au Prolétariat, au-delà du socialisme” où Gorz explique qu’au nom de la catégorie hégélienne “Prolétariat”, devant prétendument accomplir l’Histoire, les hommes et les femmes prolétaires ont été sacrifiés (le terme “socialisme” faisant référence au socialisme officiel édicté par l’URSS).
“Revenu à vie ou salaire à vie ?” La thématique demanderait un développement très important, mais l’essentiel est de comprendre que trancher cette question ne peut se faire en “interne” de ces problématiques et qu’il est nécessaire d’y introduire d’autres perspectives pour prendre position. Le travail de Bernard Friot est sur ce plan une approche nouvelle. Il met en perspective l’enjeu de pouvoir lié à la détermination, au sein de la société, de la création de la “valeur économique” (ie. “valeur d’échange” chez Marx). De tout temps, le groupe social (prêtres, princes, oligarques d’URSS ou actionnaires et investisseurs capitalistes) qui a détenu le pouvoir de déterminer, au sein de la société, ce qui a de la valeur économique, et combien, a le pouvoir au sein de la société humaine. Cette introduction de la thématique du pouvoir permet de mettre en perspective un schéma (celui du “revenu”) où l’individu perçoit une rente et où il n’est qu’un être de besoin face à un autre schéma (celui du “salaire”) où l’individu crée de la valeur économique par son travail (production de valeur économique à laquelle la notion de salaire est liée). La question est donc de savoir si l’objectif de l’écosocialisme est de fonder une société de rentiers à vie ou une société d’individus qui produisent, mettent en commun la valeur économique créée et se la répartissent par d’autres règles que les règles actuelles. Toujours sur cette voie, Bernard Friot montre l’alternative révolutionnaire que représente la Sécurité Sociale en France en tant qu’organisme qui prend une part de la valeur ajoutée produite chaque année par les producteurs (travailleurs) et la redistribue sans entretenir de rentiers (c’est-à-dire des personnes ne produisant rien, mais ponctionnant une partie de la valeur économique produite par les autres, cette part s’appelant précisément un “revenu” par opposition au “salaire”). Par ces multiples implications, la thématique du pouvoir ouvre à un approfondissement de la citoyenneté au cœur de l’écosocialisme où le citoyen n’est plus seulement un créateur de la société par son vote (et donc les lois), mais où il est également créateur de la société par sa production concrète sur laquelle il aurait un droit de regard direct.

En novembre 2016, le mouvement la France insoumise mené par Jean-Luc Mélenchon adopte officiellement le programme L’Avenir en commun dans lequel la question écosocialiste est au cœur du projet. Il s’agit de la règle verte constituée dans le cadre d’une planification écologique bien calculée: ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer ni produire plus que ce qu’elle peut supporter.

Source : Wikipedia

L’écologie sociale est une théorie philosophique, sociale et politique sur l’écologie élaborée par l’Américain Murray Bookchin (1921-2006) dans les années 1960.
Elle présente les problèmes écologiques comme découlant principalement de problèmes sociaux, notamment des différentes formes de hiérarchie et de domination, et cherche à les régler à travers le modèle d’une société adaptée au développement humain et à la biosphère. C’est une théorie de l’écologie politique radicale basée sur le communalisme, qui s’oppose au système capitaliste actuel de production et de consommation. Elle vise la mise en place d’une société morale, décentralisée, solidaire, guidée par la raison.

 
Source : Wikipédia

Pour en savoir plus sur l'écologie sociale...

L’oeuvre de Murray Bookchin, débutant par des écrits anarchistes sur le sujet dans les années 1960, a continuellement évolué. Vers la fin des années 1990 il lui intègre toujours plus le principe de communalisme, avec des aspirations plus portées vers la démocratie municipale institutionnalisée, ce qui le distancie d’une certaine évolution de l’anarchisme. Inspirée de l’anarchisme (de Kropotkine principalement) et du communisme, des écrits de Marx et de Engels. L’écologie sociale se veut éviter les écueils d’une écologie néo-malthusienne qui efface les rapports sociaux en les substituant par les “forces naturelles” mais également d’une écologie technocratique qui considère qu’il faut compter sur la technologie et accorder plus de puissance aux Etats. Selon Bookchin, ces deux courants dépolitisent l’écologie et mythifient le passé ou le futur.

Ainsi, l’écologie sociale s’articule au travers de plusieurs principes clé :

L’interdépendance et le principe d’unité dans la diversité. L’écologie sociale cherche à s’opposer à l’uniformisation des êtres et des pensées et veut promouvoir l’apport de la diversité, de l’union organique des différentes parts de la société. Les différences doivent être promues comme apportant une diversité de talents, de points de vue, de styles permettant de faire évoluer la société tout en la rendant plus stable.

La décentralisation : Une société d’écologie sociale prendrait la forme d’une confédération de communes décentralisées et liées entre elles par des liens commerciaux et sociaux. Des sources d’énergies renouvelables dispersées permettraient d’alimenter ces communautés à taille humaine et d’apporter à chacun selon ses besoins.

La démocratie directe : Structurée autour du principe d’une forme de communalisme dite municipalisme libertaire, l’écologie sociale prône le développement des assemblées communales, version modernisée du type développé par les Athéniens dans l’Antiquité ou mis en place durant la Commune de Paris pour la prise de décisions politiques. Les décisions concernant la vie de la commune sont discutées et votées à la majorité dans ces assemblées. De même, à l’échelon supérieur, des représentants munis de mandats impératifs, et donc révocables, sont désignés pour aller représenter leur commune lors des assemblées régionales, nationales, etc. C’est un système horizontal, une démocratie populaire non hiérarchique, dont les décisions vont de bas en haut et sont prises dans la transparence du face-à-face.

Un renouveau de la citoyenneté : À la base du système d’écologie sociale se trouvent le citoyen et la communauté. Chaque personne doit réapprendre à participer aux choix concernant la vie locale, et pour ce faire il lui faut réapprendre à décider en commun. Le citoyen doit redevenir responsable et connaître le minimum lui permettant de prendre une part active dans la gestion de la société, notamment ce qui a une répercussion directe sur sa vie et celle d’autrui.

Une technologie libératrice : L’écologie sociale ne s’oppose pas aux technologies modernes mais est partisane en revanche d’un développement de celles-ci pour les mettre au service de l’être humain. La science doit retrouver son sens moral et se développer pour l’humain et non l’asservir. Les machines et outils modernes doivent devenir multifonctionnels, durables, écologiques et faciles à utiliser ainsi qu’à entretenir. En devenant maître de la technique qu’il utilise, le citoyen pourra se libérer du travail pénible et se concentrer sur l’aspect créatif et positif des tâches.

Une vision sociale du travail : Développer les machines a, dans l’écologie sociale, pour but de libérer l’être humain d’une grande part du travail manuel (travail en usine) pouvant être fait par des machines, en vue de lui laisser le travail créatif et réduire son temps de travail. Le temps gagné pourrait lui permettre de participer à la vie politique de son quartier et de profiter plus pleinement de la vie sociale. Le modèle s’articule ainsi autour de temps partiels diversifiés, alliant autant que possible travail à l’intérieur et à l’extérieur, intellectuel et concret, etc. Les hiérarchies au travail seront remplacées par des superviseurs ayant pour seul but d’apporter une vision globale sur le travail d’une société.

Le naturalisme dialectique : Le naturalisme dialectique est une philosophie dialectique développée pour servir de fondement éthique à une société basée sur les principes de l’écologie sociale. Afin de lutter contre les ravages des représentations binaires occidentales, cette philosophie s’appuie sur la pensée « développementale » pour appréhender la complexité du vivant. Ainsi, le naturalisme dialectique invite à ne pas étudier les espèces en les isolants les unes des autres, ce qui est le “reflet du parti-pris entrepreneurial de notre culture” mais à penser leur interrelations. Son principe est que « ce qui devrait être » doit servir de base éthique à « ce qui est », dans le but d’accompagner la liberté en germe dans la nature.

Rencontres internationales
En mai 2016, sont organisées à Lyon les premières « Rencontres internationales de l’écologie sociale » qui réunissent une centaine d’écologistes radicaux, de décroissants et de libertaires venus pour la plupart de France, de Belgique, d’Espagne et de Suisse, mais aussi des États-Unis, du Guatemala ou encore du Québec. Au centre des débats: le municipalisme libertaire comme alternative à l’État-nation et le besoin de repenser le militantisme.

La deuxième édition des rencontres ont lieu à Bilbao, du 27 au 29 octobre 20178.

Mouvement kurde
En 2006, à la mort de l’anarchiste américain Murray Bookchin, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) s’engage à fonder la première société basée sur un confédéralisme démocratique inspiré des réflexions du théoricien de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire.

Le 6 janvier 2014, les cantons du Rojava, dans le Kurdistan syrien, se fédèrent en communes autonomes. Elles adoptent un contrat social qui établit une démocratie directe et une gestion égalitaire des ressources sur la base d’assemblées populaires. C’est en lisant l’œuvre prolifique de Murray Bookchin et en échangeant avec lui depuis sa prison turque, où il purge une peine d’emprisonnement à vie, que le dirigeant historique du mouvement kurde, Abdullah Öcalan, fait prendre au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) un virage majeur pour dépasser le marxisme-léninisme des premiers temps. Le projet internationaliste adopté par le PKK en 2005, puis par son homologue syrien, le Parti de l’union démocratique (PYD), vise à rassembler les peuples du Proche-Orient dans une confédération de communes démocratique, multiculturelle et écologiste.

Source : Wikipedia

Municipalisme libertaire

Nous vous invitions à consulter notre fiche pédagogique dédiée à l’approche visionnaire de Murray Bookchin !
(Bientôt disponible)

De l’écologie “bancale” à l’écologie “vitale” !

Nous observons depuis quelques années un clivage de plus en plus fort entre deux courants opposés au sein de l’écologie, tant au niveau politique que philosophique.

D’un côté, l’écologie politique consensuelle ou “classique” qui vise la conquête du pouvoir (exécutif et législatif au niveau national, parlementaire au niveau européen et municipal au niveau local). Cette écologie est essentiellement concentrée sur l’urgence climatique et les leviers que sont la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables pour viser la fameuse neutralité carbone en 2050. Si elle évoque de temps à autre l’effondrement de la biodiversité, son principal objectif est clairement la limitation du réchauffement climatique sous les +1,5°C (au pire +2°C) d’ici 2100. Sa bible, son référentiel absolu, ce sont les rapports du GIEC. Sa religion ? Il est possible de poursuivre la croissance, en la verdissant, pour créer des millions d’emplois (notamment dans le développement des énergies renouvelables), tout en réduisant notre empreinte écologique. Nous qualifions cette écologie de “naïve” dans sa stratégie (changer le Système dominant) et son rapport au temps (“il est encore temps”) et de “bancale” dans son appréhension de la gravité de la situation, réduite à la seule urgence climatique sans remettre en question la dimension profondément destructrice de notre civilisation thermo-industrielle, extractiviste-productiviste-consumériste.

De l’autre côté, une écologie “rebelle“, “révolutionnaire“, “radicale” renait de ses cendres. Face à l’urgence écologique et systémique absolue de notre époque, elle s’organise afin non pas d’éviter des processus déjà bien entamés (anéantissement de la biodiversité, épuisement des ressources, dégradation massive des écosystèmes, dérèglement climatique, effondrement de notre civilisation…), mais d’en réduire l’ampleur et d’amortir les immenses chocs à venir : limiter au maximum “la casse” !!! Son combat principal n’est pas le climat, c’est la préservation des conditions d’habitabilité de notre planète pour sauver la vie sur Terre ! Cette écologie “vitale” considère que l’ensemble des dimensions de notre civilisation – extractiviste-productiviste-consumériste, mondialisée et bétonnée, chimique et artificielle, pétrolo-addict et techno-dépendante – sont profondément destructrices du vivant. Ainsi, elle est convaincue que seul un changement DE système peut nous permettre d’adopter un comportement respectueux de la vie, humainement juste et enfin réellement démocratique. La solution passe donc par nous, citoyennes et citoyens, habitant·e·s et membres de la grande famille du vivant. Cette écologie sait que nous n’avons ni 30 ans (2050), ni même 10 ans (2030) devant nous. Chaque minute compte car il est déjà trop tard !

Entre les deux se trouvent deux courants qui partagent la même lecture de la gravité de la situation avec l’écologie “vitale”, mais s’en distinguent dans la méthode pour changer réellement la donne : l’écologie “radicale” officielle qui est en France plus dans la dénonciation idéologique que dans l’action et l’écologie “intégrale”, qui   ne s’autorise pas à imaginer un autre moyen que la conquête classique du pouvoir.

Les vidéos à voir absolument

NEXT

S02 E04 – Effondrement : seul scénario réaliste ? – Arthur Keller – Juin 2019

Le Partage

Planète des humains ou Comment le capitalisme a absorbé l’écologie (Jeff Gibbs, Michael Moore) – 20 avril 2020

DarkMind INC

TERRA – Yann Arthus-Bertrand – 2015

Le Partage

Oubliez les douches courtes (Texte de Derrick Jensen) – 2015

Le livre incontournable

« Le climat est LE terme phare de l’urgence de notre temps, LA cause qui fédère les mouvements les plus engagés, LE danger absolu qui mettrait à lui seul en péril la survie de l’humanité.

Pourtant, le climat n’est pas la principale cause de la grave altération de notre si belle maison, mais bien le symptôme de notre entreprise collective de destruction massive du vivant. Notre situation n’a nul besoin du climat pour être catastrophique. L’urgence n’est donc pas climatique, elle est écologique !
Notre empreinte a dépassé toutes les limites de soutenabilité de notre planète depuis 50 ans et nous fonçons toujours plus vite vers le précipice. Au lieu de freiner pour amortir la chute inévitable, nous accélérons vers un chaos inéluctable. Notre civilisation n’a nul besoin du climat pour vivre un effondrement dramatique. L’urgence n’est donc pas climatique, elle est systémique ! 

Pour mieux appréhender les enjeux de notre époque, il convient d’analyser dans le détail les 12 dominos dangereusement interconnectés de notre société mondialisée. Pour bien mesurer notre difficulté à relever les immenses défis du XXIème siècle, il est également nécessaire de comprendre les 12 raisons anthropologiques, psychologiques et sociologiques de notre cruelle inertie, qui pourrait bien nous être fatale. Enfin, pour nous donner une chance de réussir, il est indispensable de déconstruire les concepts «bullshit», le greenwashing hypocrite et les fausses pistes de la lutte contre le seul dérèglement climatique. Voici justement la triple ambition de ce livre. 

Abandonnons le mirage de la transition, la religion de la croissance infinie et notre perverse technofolie. Réveillons-nous, il est urgent et vital de faire sauter les verrous de notre inertie. Cessons d’essayer de « sauver » le climat, il ne risque pas de disparaître, contrairement aux habitants de notre planète. Mobilisons-nous pour SAUVER LA VIE sur Terre ! C’est désormais notre unique mission, notre plus grande responsabilité. Il en va de notre dignité. »

Rebelle amoureux du Vivant, Jean-Christophe Anna consacre son temps, son énergie et son audace à cette mission aussi folle que noble : sauver la vie sur Terre. Créateur d’Effondrement et Renaissance, il est l’initiateur de L’Archipel du Vivant. 

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