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FICHE PÉDAGOGIQUE

RÉSILIENCE

par Jean-Christophe Anna

Résilience ?

 

« La résilience est cette capacité qu’a un système de maintenir ses principales fonctions malgré les chocs, y compris au prix d’une réorganisation interne. Que le système soit la société, la ville, la maison ou nous-mêmes, les principes sont sensiblement les mêmes. La résilience peut être collective (territoriale) ou individuelle (psychologique). Il est certes trop tard pour bâtir un « développement durable », mais il n’est jamais trop tard pour construire des « petits systèmes résilients » à l’échelle locale qui permettront de mieux endurer les chocs économiques, sociaux et écologiques à venir. » Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton, Pablo Servigne – Petit traité de résilience locale – Éditions Charles Leopold Mayer, 2015

 

« La résilience est la capacité collective à résister à des chocs pour des humains en interface avec un environnement naturel. » Arthur Keller

Les 6 symboles de la résilience

« Un système résilient sait faire face à l’imprévu. Mieux, il absorbe ces changements, les intègre et peut évoluer à plus long terme. Il est donc à la fois persistant (son identité, ses fonctions) et souple au point d’être capable de naviguer dans les turbulences, voire de se transformer lorsque la situation l’exige. En bref, il sait changer pour durer. Pour mieux se représenter les différentes qualités d’un système résilient, aidons-nous de six symboles bio-inspirés. Chaque symbole représente une facette de la résilience. Toutes les facettes ne sont ni nécessaires ni exclusives ; simplement, plus un système côtoie ces symboles, plus il a de chances d’être résilient.

  1. La toile d’araignée est robuste, mais pas solide. Elle est souple, mais pas fragile.
  2. Le caméléon s’adapte aux situations. Il se fond dans la paysage en un instant en modifiant la couleur de ses pigments.
  3. Le roseau récupère facilement. Il plie, mais ne rompt pas, et revient à son état initial sans dommages après les turbulences, quelles que soit la force du vent.
  4. La colonie de fourmis répond rapidement et spontanément grâce à l’auto-organisation et à l’intelligence collective.
  5. La chenille se transforme en papillon.
  6. Le coelacanthe est persistant. Il a adapté son anatomie pour rester compatible avec son environnement. On peut le considérer à ce titre comme le symbole de la soutenabilité.

Toutes ces caractéristiques – la robustesse, l’adaptation, la récupération, la réactivité, la transformation, la persistance – forment un bouquet relativement flou et complexe. Elles décrivent cependant assez bien la résilience. Mais la raison peine à bien cerner ce concept, qui fait davantage appel à l’intuition.

Certains mots-clé peuvent être utilisés pour décrire un système résilient. Des verbes d’abord : absorber, affronter, répondre, prévenir, récupérer, réparer, s’adapter, persister, se transformer, s’auto-organiser… mais aussi des termes comme robustesse, intelligence collective ou soutenabilité.

Certaines de ces notions semblent contradictoires et font naître ce qu’Edgar Morin appelle des dialogiques, c’est-à-dire des notions (ici la résilience) contenant deux ou plusieurs logiques communes sans que leurs dualités se perdent. Les logiques opposées se fondent l’une dans l’autre, elles sont nécessaires l’une à l’autre, elles coopèrent et interagissent les unes avec ou contre les autres. C’est le cas, par exemple, de persister/changer, stabilité/agilité ou robustesse/vulnérabilité. Les notions sont à la fois complémentaires (pour être robuste, il faut connaître ses vulnérabilités) et antagonistes (être trop vulnérable, c’est manquer de robustesse).

La notion de résilience reflète donc bien la complexité du monde réel dans lequel des logiques s’affrontent et/ou se complètent en permancence. Comme en témoignent les six caractéristiques proposées ci-dessous (qui ne doivent pas être prises comme des définitions, mais bien plus comme des balises pour cerner le concept), la résilience est une notion aux milles visages.

[…] 

La résilience communautaire (celle des communautés humaines locales) vise à coupler les capacités de réaction (fourmis) et d’adaptation (caméléon) à des efforts visant la transformation (chenille) de la structure communautaire afin d’absorber les chocs lorsqu’ils se présentent (araignée) et d’atténuer des événements futurs (roseau, coelacanthe). Cela convient aussi bien à des contextes de préparation avant une catastrophe ou à des efforts de récupération après une catastrophe. Il est important de souligner que cette conception très complète (et très complexe) de la résilience s’applique uniquement à des petites échelles (communautés locales), eu égard à l’insaisissable complexité des grands systèmes humains ou socio-écologiques. »

 

(Source : Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton, Pablo Servigne – Petit traité de résilience locale – Éditions Charles Leopold Mayer).

Les 10 dimensions de la résilience face à l'effondrement

La résilience de notre société face à l’effondrement est multidimensionnelle. Plusieurs causes pourraient faire dérailler cette grosse machine. Et ce déraillement pourrait lui-même affecter les différents besoins de bases qui assurent le bon fonctionnement de notre vie collective.
 

Hydrique (accès à l’eau potable, stocks, moyens pour filtrer l’eau)
• Alimentaire (provenance de l’alimentation, approvisionnement des supermarchés, stocks, auto-suffisance)
• Énergétique (gestion du réseau électrique, approvisionnement des stations service, fonctionnement des transports publics, maintenance/refroidissement/arrêt des centrales nucléaires)
• Technologique (infrastructures informatique, internet, communications téléphoniques)
• Sanitaire (localisation des médecins, fonctionnement des hôpitaux, approvisionnement en médicaments, trousse de premier secours, maîtrise des gestes de secourisme)
• Sécuritaire (sites SEVESO, centrales nucléaires, armes en circulation, migrations extérieures/intérieures)
• Financière (Bourse, solvabilité des banques systémiques, diversification des placements, liquide, frugalité)
• Économique (santé des petites et grandes entreprises, croissance/décroissance)
• Politique (vision ?, stabilité des institutions basée sur la confiance, pertinence de l’État-nation)
• Sociale (fonctionnement des principaux services publics comme les écoles, cohésion, compétition/entraide, réseaux)
Résilience individuelle

Personnelle, sociale/relationnelle et professionnelle ; psychologique et physiologique, matérielle et spirituelle… la résilience individuelle revêt de nombreuses dimensions.

La résilience individuelle se construit, se façonne, s’éprouve tout au long de la vie. Les échecs rendent plus fort, tout comme les passages à vide – dépression, burnout, perte d’un proche, accident de la vie… – qui vont concourir à renforcer cette résilience individuelle. Ils permettent en effet de mieux se connaitre personnellement, de mieux comprendre le fonctionnement de son corps, son rythme biologique, ses forces et faiblesses. Savoir aussi ralentir pour se ressourcer et se recentrer sur soi. Apprendre à vivre avec sa blessure (injustice, abandon, rejet, trahison, humiliation).

Rapport au temps, rapport à soi, rapport aux autres… il appartient à chacun·e de trouver son équilibre afin d’atteindre la Qualité de Vie Globale (QVG)*, cette équation subtile où s’additionnent santé, qualité de vie au travail et qualité de vie hors travail.

* : Cette équation est une co-création de Jean-Denis Budin et Jean-Christophe Anna qui ont co-écrit le livre “À la recherche de la Qualité de Vie Globale” – Éditions du Credir – 2018.

Résilience collective et résilience commune

Si la résilience est individuelle, elle est bien entendu également collective. Elle peut alors s’éprouver au niveau d’une communauté, d’une ville ou d’un territoire.

Dans leur excellent livre “Petit traité de résilience locale”, Agnès Sinaï, Yves Cochet et Benoit Thévard proposent le concept de résilience commune, englobant les différents niveaux de résilience.

« Selon nous, la résilience commune est la somme de la résilience globale d’une société, des résilience locales des biorégions qui la composent et des résilience intérieures des individus qui y habitent. C’est aussi (car le tout est plus que la somme des parties) une éthique qui fonde un socle de valeurs communes, et que l’on pourrait trouver dans le grand mouvement mondial pour la refondation des biens communs ou dans le mouvement du convivialisme, pour ne citer que deux exemples parmi les plus enthousiasmants. 

L’enjeu de ce que nous nommons la « résilience commune » est de tisser des réseaux d’entraide débordant de ressources, décentralisés, autonomes, capables de se mobiliser rapidement en cas de besoin, et ouverts à celles et ceux qui cherchent à anticiper les chocs systémiques. La résilience commune vise l’autonmie de tous les individus et de leurs communautés locales respectives, puis, via un maillage étroit, l’autonomie de biorégions bien plus vastes. Il faudra veiller à conserver et à favoriser le tissu social, les liens d’entraide et de solidarité, avec une bienveillance particulière envers le étrangers et envers ceux qui ont le plus de difficultés à gagner leur propre autonomie.

Cependant, cela implique que nous reconnaissions au préalable que la résilience dépend à la fois de ce que nous jugeons collectivement indispensable à notre survie et de la façon dont nous allouons nos ressources. C’est pourquoi nous estimons que la conception d’une résilience commune doit nécessairement passer par une réflexion approfondie sur nos moyens de subsistance individuels et collectifs qui tienne compte des besoins et droits humains fondamentaux. Ainsi, les relations de pouvoir, les questions d’inégalités et de justice sociale ou l’accès aux ressources, qui sont aujourd’hui encore trop souvent absents des approches non différenciées de la résilience, pourront être débattus et arbitrés collectivement. 

La construction de « petits systèmes résilients » pourra alors s’envisager dans le contexte plus large d’une transformation positive de la société en allant au-delà des discours scientifiques, techniques ou institutionnels qui n’entrent que très peu en résonance avec les pratiques quotidiennes des citoyens « ordinaires », et en particulier des plus démunis. »

 

(Source : Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton, Pablo Servigne – Petit traité de résilience locale – Éditions Charles Leopold Mayer).

Complexité, vulnérabilité et résilience !

Notre civilisation thermo-industrielle est aussi incroyablement complexe et formidablement efficace qu’extraordinairement fragile et dramatiquement vulnérable. Telle une grosse machine parfaitement huilée, elle semble parfaitement fonctionner. Sauf que… tout est étroitement lié, formidablement interconnecté, dangereusement imbriqué ! Notre société mondialisée fonctionne à flux tendu sans aucun stock.

« Un. Toutes nos activités, jusqu’aux plus vitales, sont tributaires du bon fonctionnement continu de chaines logistiques à flux tendu hors de notre contrôle, qui nécessitent des transports dont 96% utilisent du pétrole. Si vous pensez que notre sécurité alimentaire, énergétique ou sanitaire est garantie par l’État, les collectivités, détrompez-vous. En cas de rupture d’approvisionnement de plus de quelques jours, nous sommes livrés à nous-mêmes. Deux. Nous dépendons d’infrastructures, réseaux de transport, de télécommunications, d’eau, de gaz, d’électricité, qui tous nécessitent un apport permanent de matériaux et d’énergie pour leur bon fonctionnement et leur maintenance. Trois. On a technologisé le monde. Mais, ce faisant, certes on l’a optimisé, mais on l’a surtout complexifié… et fragilisé. Nous voici vulnérables à des ruptures d’approvisionnement, des pannes, des hackers, des cyberterroristes, etc. » Arthur Keller – Designing lucid hopes for the future – TedX Toulouse 2019

Notre civilisation thermo-industrielle, extractiviste et productiviste, est une entreprise collective de destruction massive du vivant. Notre société est gouvernée par la finance et l’économie au détriment du social et de l’écologie, de l’humain et du vivant. Les conditions d’habitabilité de notre planète sont aujourd’hui gravement menacées et notre société est sur le point de basculer.

Jamais les périls n’ont été :

  • aussi nombreux (biologique, énergétique, technologique, climatique, alimentaire et hydrique, sanitaire, financier, économique, social, politique, culturel),

  • aussi inquiétants (chacun de ces dominos est actuellement en équilibre précaire),

  • et aussi étroitement imbriqués…

    … si bien que notre civilisation est en train de s’effondrer.

La France n’est évidemment pas épargnée. Si nous n’anticipons pas, si nous ne nous préparons pas aux risques systémiques, certains territoires pourraient rapidement devenir inhabitables, invivables, irrespirables, bien plus vite qu’on ne le pense et pas uniquement pour des raisons climatiques. Nous n’avons pas 30 ans ou 10 ans pour modifier tranquillement nos modes de vie. Les prochaines années (2020-2025) seront capitales !  

Face aux innombrables chocs à venir, il nous faut impérativement co-construire toutes et tous ensemble une résilience commune, collective, globale dans tous les domaines : hydrique et alimentaire, biologique et climatique, énérgétique et technologique, sociale et politique, économique et financier, sanitaire et sécuritaire.

Ainsi, nous pourrons résister, nous adapter, nous transformer et inventer une autre façon de vivre, plus respectueuse du vivant, humainement juste et réellement démocratique.

La résilience alimentaire par Stéphane Linou

Petit manuel de résilience – 2 septembre 2019

Résilience… À quelle échelle ?

Pour Arthur Keller, la résilience est « la capacité collective à résister à des chocs pour des humains en interface avec un environnement naturel. »

Cette résilience passe par la préparation, l’anticipation et l’adaptation à une nouvelle configuration, à de nouvelles règles de fonctionnement, tout en conservant des bases (vitales) de vie en société.

« On n’attend pas d’avoir la certitude que le navire va couler pour y mettre des chaloupes ! »

La résilience d’un humain tout seul est impossible :

  • un survivaliste est vulnérable en cas d’attaque.
  • un riche est vulnérable par rapport à ses gardes armés susceptibles de se retourner contre lui.

La résilience d’une grande ville, d’une métropole est impossible :

  • une grande ville est formidablement énergivore (BTP, transports, activité économique, consommation…),
  • une grande ville est incroyablement vulnérable (approvisionnement à flux tendu, non résilience alimentaire, aucune anticipation des risques systémiques…),
  • une grande ville est dramatiquement destructrice et écocidaire (destruction des habitats naturels, artificialisation des sols, pollution atmosphérique, pollution lumineuse, déchets…)

La résilience (micro-locale) d’un éco-village est également impossible :

  • il est vulnérable en cas d’arrivée (même non hostile) de migrants internes (exode urbain) ou externes (migrations climatiques),
  • il est vulnérable en cas d’attaque de groupes armés d’origine interne ou externe

La résilience efficace est territoriale, inter-locale, en maillage, en réseau : un archipel d’îlots ou des micro-sociétés communiquant entre elles au niveau d’un bassin de vie, d’une biorégion.

Résilience urbaine

Les villes sont elles résilientes ? Peuvent-elles l’être ? Comment appréhendent-elles les risques auxquels elles sont confrontées. Sont-elles préparées aux risques systémiques liés à l’effondrement ?

    Les 4 principaux dispositifs existants

      Le Plan Communal de Sauvegarde (PCS)

      Le PCS a « pour but de planifier les actions des acteurs communaux de la gestion des risques (élus, agents municipaux, bénévoles, entreprises partenaires) en cas d’événements majeurs naturels, technologiques ou sanitaires. Il a pour objectif l’information préventive et la protection de la population. Il se base sur le recensement des vulnérabilités et des risques (présents et à venir) sur la commune et les moyens disponibles communaux ou privés, en prévoyant l’organisation nécessaire pour assurer l’alerte, l’information, la protection et le soutien de la population au regard des risques. »

      SourceAlexandre Boisson et André-Jacques Holbecq – Face à l’effondrement si j’étais maire ? – Éditions Yves Michel, Septembre 2019

      Le PCS est obligatoire si la commune dispose d’un Plan de Prévention des Risques Naturels, et recommandé pour les communes qui souhaitent se préparer aux risques majeurs. Il serait pertinent de le mettre en place ou le réviser à l’aune des nouveaux risques, tels que le risque de rupture d’approvisionnement alimentaire.

      La ville de Dompierre-sur-Yon a d’ailleurs inscrit un tel risque au cahier des charges pour la rédaction de son Plan Communal de Sauvegarde.

      Source : Site web de l’association Resiliere 

      Le Document d'Information Communal sur les RIsques Majeurs (DICRIM)

      « Le DICRIM (que vous pouvez la plupart du temps obtenir auprès de votre mairie et sur Internet), recense pour le public les mesures de sauvegarde répondant aux risques présents sur le territoire de la commune et les mesures prises par le maire en vertu de ses pouvoirs de police. Ce document contient les données nécessaires à l’information des administrés : l’information concernant les risques naturels et technologiques dans la commune, celle concernant les mesures prises. Ensuite, les mesures de sauvegarde à respecter en cas de danger ou d’alerte. »

      SourceAlexandre Boisson et André-Jacques Holbecq – Face à l’effondrement si j’étais maire ? – Éditions Yves Michel, Septembre 2019

      Le DICRIM est obligatoire si un PCS est présent, à destination des populations. Ce document est parfois absent, peu accessible et orienté prioritairement sur les risques naturels et industriels historiques. L’Association Resiliere vous propose une relecture et actualisation de ce document.

      Source : Site web de l’association Resiliere 

      La Réserve Communale de Sécurité Civile (RCSC)

      La RCSC permet de mobiliser les citoyens qui deviennent collaborateurs occasionnels du service public, en articulation avec la municipalité et les services de secours pour intervenir en cas d’urgence, et qui peut étendre ses missions selon les spécificités du territoire. Il s’agit là de « bonne volonté organisée » à la fois dans les territoires et dans le temps long. Si vous avez mobilisé des citoyens en cette période de Covid-19, il est donc possible de les orienter sur vos réserves communales par la suite. Cette réserve est soit créée et mobilisable de fait si elle est inscrite au Plan Communal de Sauvegarde, soit à créer lors d’une délibération du Conseil municipal. De plus en plus de communes les mobilisent.

      Source : Site web de l’association Resiliere 

      Le Projet Alimentaire Territorial (PAT)

      « À partir d’un état des lieux des besoins et des capacités locales de production alimentaire, le PAT fournit un cadre stratégique et opérationnel à des actions partenariales répondant à des enjeux sociaux, environnementaux, économique et de santé et contribuant à la résilience alimentaire (partenaires sollicitables par la commune : organismes de recherche, entreprises, coopératives, acteurs de l’ESS, société civile, producteurs). »

      Source : Résilience territoriale : quel rôle peuvent jouer les collectivités locales – Plan(s) B – 18 octobre 2020

      Deux exemples concrets et une expérience singulière pour imaginer la résilience d’une métropole face aux risques systémiques

      Vous trouverez ci-dessous le Plan Communal de Sauvegarde de la ville de Paris, ainsi que le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs de la ville de Mouans-Sartoux. Il est intéressant d’observer que si les risques “classiques” sont pour la plupart bien appréhendés, il n’en est rien des risques “systémiques” cruellement absents de ces documents et de la réflexion de nos gouvernants au niveau local comme au niveau national.

      Parmi les risques “classiques”, voici ceux qui figurent dans les PCS et autres DICRIM : 
      • Risques naturels : séisme ; incendies et feux de forêt ; canicule ; orage, vents violents et tempêtes ; inondations, crue lente, mouvements de terrain ; neige, verglas, grand froid…
      • Risques « technologiques » : risques industriels et chimiques (sites Seveso), risque nucléaire, transport de matières dangereuses, rupture de barrage
      • Risques sanitaires : Pollution atmosphérique, Épidémie grippale
      • Risques sociétaux : Terrorisme, Cyber-attaques

      Quant aux risques “systémiques” – stress hydrique, rupture d’approvisionnement alimentaire, pénurie énergétique, coupure/panne électrique, risque sanitaire grave, crise financière (krach boursier / faillite des banques), crise économique majeure (effondrement du cours de l’euro ou sortie de l’euro), accélération du réchauffement climatique et intensification des incidents, inversion des pôles, ralentissement voire arrêt du Gulf Stream, tempête solaire, migrations massives (externes et internes – l’exode urbain -), guerre civile… rien, absolument rien !!!

      Il est pourtant essentiel et tout simplemnet vital que les villes et métropoles s’y intéressent. À l’occasion des Municipales 2020, j’ai eu l’opportunité de creuser en profondeur la question. Je vous invite à consulter la partie du programme que j’ai écrite pour la liste citoyenne sans étiquette (“Citoyens engagés”) conduite par Chantal Cutajar à Strasbourg (PDF ci-dessous à droite). Cette candidate m’a sollicité en janvier 2020 en me donnant carte blanche. J’ai ainsi pu imaginer les propositions les plus audacieuses et radicales pour rendre une métropole comme Strasbourg résiliente face aux risques systémiques liés à l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle. Vous pouvez aussi découvrir l’ensemble du programme en ligne ici.

      Enfin, je partage cette expérience en vidéo sur la chaine YouTube Plan(s) B animée par Cyrus Farhangi plus bas, directement sous les 3 documents.

      Plan(s) B

      Résilience : les villes ne sont pas prêtes à affronter les risques systémiques
      7 mai 2020

      Kit pratique - Risques systémiques

      Métropolisation du monde, urbanisation de la Terre… pour Guillaume Faburel, Enseignant à Science Po Lyon et co-fondateur du Réseau français des territorialistes, les grandes villes constituent un gouffre écologique énergivore et écocidaire. Elles sont le reflet de l’artificialité totalement hors-sol de notre civilisation thermo-industrielle et à l’origine même de l’anéantissement du vivant. BTP, transports, numérique et communications… l’empreinte écologique des villes est délétère, mortifère : extraction abusive et sans limites des ressources, sur-consommation énergétique, destruction des habitats naturels et artificialisation des sols, émission de gaz à effet de serre et donc pollution atmosphérique, production massive et hyper consommation, sans oublier évidemment tous les déchets associés…

      Les grandes villes sont aussi le berceau de l’explosion des inégalité sociales : gentrification, ségrégation, éviction des plus démuni·e·s. Et le pire, c’est que le vernis éco-responsable – greenwashing pervers – est souvent à l’origine même du problème. Guillaume Faburel pointe également très justement ce qu’il appelle l’« impossibilité de résister dans la métropole » en mettant en exergue le double paradoxe de l’énorme empreinte écologique des militant·e·s les plus engagé·e·s et l’absence de remise en question de sa dimension destructrice alors même qu’elle accueille les manifestations et opérations de désobéissance civiles les plus fortes.

      Accélération des rythmes de vie, artificialisation des espaces, endoctrinement sociétal des esprits… l’exode urbain a commencé. Ainsi, entre 2015 et 2018, ce sont près de 800 000 personnes qui ont quitté les espaces métropolitains pour engager un repeuplement rural des territoires. Leurs nouvelles aspirations ? Ralentir, décroitre et sauvegarder le vivant !

      Avec ce livre, Guillaume Faburel lance une vraie réflexion sur la nécessaire construction d’une société écologique post-urbaine.

      Résilience territoriale

      Comment l’organiser ?

      Arthur Keller expose 4 étapes : Résilience, Relience (solidarité, maillage), Résistance (refuser un certain nombre de choses) et Imaginaire commun (espoir lucide).

      Selon lui, les fondamentaux de la résilience sont  :

      • le « tampon » (réserves, stocks),
      • les « barrières » (remparts),
      • le « contrôle et le partage de l’information » (réseau d’échanges et de communication),
      • le « réseau » (faire ensemble),
      • la « décroissance des flux : revoir à la baisse ses besoins en matériaux, en énergie… » (les revoir à la basse),
      • la démocratie.

      Les 100 acteurs de la résilience territoriale

      SOS Maires

      GROUPE DE CONSEIL EN RÉSILIENCE

      Nous sommes tout simplement un groupe de citoyens engagés qui pensent  que les structures bancaires,  commerciales et économiques (nous parlons des différents réseaux)  peuvent s’effondrer d’une manière extrêmement rapide à la suite d’une crise financière ou événements géopolitiques extérieurs ou intérieurs ( qui ont pourtant été signalés par différents économistes de renom ), ayant pour effet d’isoler totalement les communes rurales pour un temps indéterminé.

      De ce constat nous avons créé ce groupe dans le but :

      • de lancer cette alerte dans le public
      • d’engager les citoyens à aider les élus des communes rurales à passer un cap qui s’annonce difficile pour elles en tant que structure et pour leur population.
      • de diffuser les exemples de communes ayant mises en œuvre des solutions d’autonomie « de guerre » et de résilience à plus long terme.

      Nous sommes conscients de la nécessité d’apporter sur ce site les solutions simples à mettre en œuvre dans chaque commune, équipement ou organisation,  permettant de passer le cap d’une éventuelle période difficile, voire d’un effondrement des structures économiques.

      Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://sosmaires.org.

      Resiliere

      Ce collectif associatif a pour objectif et objet de mettre en place et d’accompagner la résilience collective sur les territoires en fédérant des individus ayant un impact collectif et stratégique. Nous focalisons pour le moment nos mesures sur la résilience alimentaire et la gestion des risques, sujets d’actualité et importants pour acculturer à une nécessaire résilience globale et socio-écologique que nous souhaitons accompagner à terme.

      Que ce soit avec ou auprès de listes pour les municipales, élus, futurs élus, décisionnaires, collectifs, citoyens, fonctionnaires (etc..) à de multiples échelles.

      De façon tendancielle nous assistons  à une continuité du modèle libéral n’incitant pas à une réorientation de nos filières et de nos politiques de gouvernance vers une société résiliente, quand il ne l’interdit ou ne l’empêche tout simplement pas. Ce même modèle qui nous emmène, en cas de poursuite du scénario “business as usual” à des conditions d’habitabilité des territoires très différentes de ce que nous connaissons aujourd’hui en terme d’accessibilité à des ressources considérées aujourd’hui comme “de base”.

      Constatant également le manque de préparation et de sensibilisation vis-à-vis des risques en dehors d’une vision historique, nous estimons qu’il est de notre ressort et devoir d’accompagner les collectivités, les politiques publiques, les citoyens engagés, les territoires dans leur travail nécessaire d’adaptation à l’anthropocène, car cela se fera soit en amont soit dos au mur, au prix d’un bilan humain, matériel et organisationnel très lourd.

      Car même si l’avenir est incertain, un certain nombre de phénomènes risque d’augmenter en fréquence et en gravité tels que  les sécheresses, le réchauffement climatique , les déplacements de population, le stress hydrique, les risques de ruptures d’approvisionnement des flux (alimentaires notamment),  les pertes dans les rendements agricoles,  les épidémies etc..

      L’idée est donc mutualiser nos outils, moyens, documents, pratiques ainsi que notre réseau autour de projets concrets et autres dispositifs existants tels que la Réserve Communale de Sécurité Civile, les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS), les Documents d’Information Communaux sur les Risques Majeurs (DICRIM), les Plans Alimentaires Territoriaux afin d’opérer des transformations territoriales impliquant les acteurs stratégiques locaux avec comme horizon une meilleure adaptabilité et résilience aux futurs chocs systémiques que nous allons subir. 

      Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://resiliereorg.wordpress.com/

      Stéphane Linou

      Ancien Conseiller Général de l’Aude, Conseiller en développement local, Conseiller municipal de Castelnaudary, Pionnier du mouvement Locavore, Fondateur des premières AMAP audoises, Sapeur-pompier volontaire, Stéphane LINOU a récemment conçu et animé le premier module de formation de Mastères Spécialisés en France : « Risques d’effondrements et adaptations ». Il s’attache à articuler depuis plusieurs années les thèmes des ressources, du continuum sécurité-défense, de la gouvernance et des adaptations.

      Bio officielle.

      Plus d’infos : https://stephanelinou.fr

      Les Greniers d'Abondance

      Courant 2018, face aux avertissements répétés de la communauté scientifique et de nombreux experts sur les risques de ruptures majeures pour notre société thermo-industrielle, Arthur Grimonpont et Félix Lallemand décident de se consacrer à l’étude des voies de résilience pouvant être collectivement empruntées. C’est-à-dire : aux transformations sociales, économiques, techniques et politiques permettant d’anticiper les crises et d’assurer les besoins essentiels d’une population après un choc (événement climatique extrême, choc pétrolier, crise financière, coupure d’électricité prolongée…).

      En parallèle de leurs activités de recherche sur la résilience des systèmes alimentaires, et face à l’engouement de nombreuses personnes pour le sujet, Arthur G. et Félix L. décident de structurer leur action en créant l’association les greniers d’abondance, spécifiquement dédiée à cette thématique.

      RECHERCHE

      Mener un travail de recherche sur les voies de résilience des systèmes alimentaires, et plus généralement sur la résilience globale des sociétés.
      Nous pilotons et contribuons notamment au projet ORSAT.

      COMMUNICATION

      Favoriser la diffusion des connaissances et des travaux sur le sujet par divers moyens : publications, conférences, ateliers…

      ACCOMPAGNEMENT

      Soutenir les personnes, les associations, les institutions publiques ou privées s’intéressant à cette question de résilience, en les faisant profiter de l’expertise de ses membres et en favorisant les échanges et les interactions.

      Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://resiliencealimentaire.org.

      Humanum

      L’Association Humanum développe son action
      autour de trois axes :

      1. l’information du public sur les fragilités structurelles du système économique (crise énergétique structurelle, crise financière, … )
      2. la promotion de démarches proactives et de méthodologies fondamentales pour développer graduellement une capacité de gestion des situations de crise
      3. l’accès à un site gratuit d’annonces pour développer, partager ou trouver un lieu d’hébergement en zone rurale en période de crise majeure.

      Les membres de l’Association Humanum  bénéficient de l’accès à un contrat type entre Urbains et Ruraux et si nécessaire de conseils juridiques personnalisés complémentaires.

      Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://entraide-humanum.org.

      HCFNR

      Haut Comité Français pour la Résilience Nationale (ex HCFDC – Haut Comité Français pour la Défence Civile)

      Résilience France est une association loi 1901 qualifiée d’utilité publique. Par ses activités d’évènementiel, de veille, d’analyse et de labelisation, elle aide ses membres à améliorer leurs dispositifs de sécurité-sûreté, afin d’être plus résilients face aux risques et aux menaces majeurs.

      Elle est une plateforme d’échanges entre l’État, les assemblées parlementaires, les collectivités, les entreprises et les experts sur les questions touchant à la sécurité-sûreté et à la résilience organisationnelle et structurelle des collectivités et entreprises.

      Elle participe in fine à la protection des populations et à l’objectif de résilience nationale défini dans les livres blancs de la sécurité et de la défense nationale.

      Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://www.hcfdc.org.

      Les livres incontournables

      Résilience alimentaire et sécurité nationale

      Stéphane Linou

      thebookedition – 2019

      Petit traité de résilience locale

      A. Sinaï, R. Stevens, H. Carton, P. Servigne

      Éditions Charles Leopold Mayer  – 2018

      Face à l’effondrement, si j’étais maire ?

      Alexandre Boisson et André-Jacques Holbecq

      Éditions Yves Michel – 2020

      Pour en finir avec les grandes villes

      Guillaume Faburel

      Le passager clandestin – 2020

      Le Grand Paris après l’effondrement

      Agnès Sinaï, Yves Cochet, Benoit Thévard

      Wildproject – 2020

      L’exode urbain

      Claire Desmares-Poirrier

      Terre vivante – 2020

      Les vertus de l’échec

      Charles Pépin

      Allary Éditions – 2016

      Les 5 blessures

      Lise Bourbeau

      Les Éditions E.T.C – 2013

      À la recherche de la Qualité de Vie Globale

      Jean-Denis Budin et Jean-Christophe Anna

      Les éditions du Credir – 2018

      Les vidéos à voir absolument

      Plan(s) B

      Presson Mignerot Boisson Keller Farhangi – Anticiper l’avenir (localement) – 14 mars 2020

      Demain-Vendée

      Conférence résilience locale – 23 janvier 2020

      Tera, Pourgues et le Moulin de Busseix : trois écovillages sur le chemin de la résilience

      Pour apprendre à être plus résilient.e.s face aux effondrements, le Youtuber Demos Kratos a rencontré les habitant.e.s de trois écovillages qui nous transmettent leurs expériences.

      Pour aller plus loin…

      D’autres fiches pédagogiques susceptibles de vous intéresser !

      Biorégionalisme

      (Bientôt disponible)

      Capitalisme/marxisme

      (Bientôt disponible)

      Municipalisme

      Communs

      (Bientôt disponible)

      D’autres ressources utiles pour poursuivre la réflexion et passer à l’action.

      Annuaires

      Écovillages, villages engagés vers l’autonomie, ZAD, fermes bio, ressourceries, monnaies alternatives…

      Médiathèque

      Livres, guides pratiques, magazines, médias online, documentaires, films, chaines YouTube, podcasts, séries…

      Kits

      Résilience alimentaire, sobriété énergétique, purification de l’eau, low-tech, stocks, plantes médicinales, secourisme…

      Formations

      Permaculture, botanique, art de vie sauvage, orientation, construction naturelle, communication bienveillante… 

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