Fiche Pédagogique

Biocentrisme

par Jean-Christophe Anna

Biocentrisme ?

 

L’anthropocentrisme est une conception philosophique qui considère l’humain comme l’entité centrale la plus significative de l’Univers et qui appréhende la réalité à travers la seule perspective humaine.*
Ainsi, l’espèce humaine n’appartiendrait pas au règne animal, elle occuperait une place à part entre les dieux ou Dieu et les autres habitants de notre grande maison. Dieu a bien fait l’homme à son image, n’est-ce pas ? Ou est-ce plutôt le contraire ?
Cette croyance confèrerait à notre espèce une supériorité et le droit d’utiliser, d’exploiter et d’exterminer les autres espèces considérées comme de simples meubles puisqu’elles sont dépourvues de conscience, de sensibilité, d’émotions… Merci les religions et merci Descartes ! Si bien que de très nombreux humains sont encore persuadés aujourd’hui que « nous ne sommes pas des animaux ».

 

Le théocentrisme confère à Dieu le rôle central de la vie, ayant « esisté » avant sa création et pouvant demeurer après son extinction.*

 

« Comme nous l’avons longtemps pensé, les hommes ne sont pas le chef-d’œuvre de la création, nous ne sommes pas le but de l’évolution. Nous devons absolument retrouver une certaine humilité et repenser notre place dans la nature, prendre conscience de la totale interdépendance de tous les êtres vivants avec qui nous devons être en relation, intégrer notre vie à celle du monde animal et arrêter de considérer la Terre comme notre propriété. Il faut croire qu’un avenir est encore possible. » Hubert Reeves

 

Le biocentrisme est un nouveau regard, un prisme qui donne le rôle central au vivant appréhendé dans son ensemble – une conception assez proche de ce que nos lointains ancêtres et les peuples premiers appellent le « Grand Tout » – et qui remet l’humain à sa juste place, celle d’un simple membre du règne animal, sans aucune position hiérarchique par rapport aux autres espèces. Dieu, quant à lui, est tout simplement absent.
Si l’écologie est l’étude des relations des systèmes vivants avec leur milieu, elle peut parfaitement rester purement philosophique et donc superficielle.
Selon l’écologie profonde («deep ecology») imaginée par le philosophe norvégien Arne Naess, l’ensemble des membres de la grande famille du vivant appartient à la grande toile de la Vie. Ainsi, selon lui, tous les êtres vivants et la nature ont « une valeur intrinsèque, indépendamment de leur utilité pour les êtres humains ». Naess montre que « l’affection pour tout ce qui est vivant » ou « écosophie » est « au cœur du développement personnel, de la formation de l’indentité sociale… et d’une société plus juste ».

 

« L’Homme est l’espèce la plus insensée, il vénère un Dieu invisible et massacre une Nature visible. Sans savoir que cette Nature qu’il massacre est ce Dieu invisible qu’il vénère. » Anonyme

 

Sources principales de cette fiche pédagogique :

  • Wikipedia (*)
  • Le Climat n’est pas le bon combat ! (Utopie bornée, la transition est morte) – Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant, 2020
  • Écrivons ensemble un nouveau récit pour sauver la vie ! (Utopie éclairée, la révolution est vitale) – Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant, 2021
  • Carnage (Pour en finir avec l’anthropocentrisme) – Jean-Marc Gancille – Rue de l’échiquier, 2020


Plan de la Fiche

  • L’anthropocentrisme est une arme de destruction massive du vivant !
  • De l’anthropocentrisme au biocentrisme, changeons de prisme ou disparaissons !
  • Du déracinement artificiel au recentrage naturel !
  • Les livres incontournables
  • Les vidéos à voir absolument !
  • Pour aller plus loin

Deux ruptures majeures dans notre vision du monde !

Homo sapiens a vécu dans un relatif équilibre avec le reste du vivant pendant environ 250 000 ans. Notre espèce faisait alors partie intégrante du « Grand Tout », dans la conscience de son interdépendance profonde et sacrée avec les autres habitant·e·s, végétaux et animaux non-humains. Lorsque nos ancêtres cueilleurs chasseurs prenaient une vie animale, il convenait alors de remercier la Terre Mère pour cette offrande en invoquant les différents esprits qui étaient présents, à leurs yeux, dans toute chose, dans toute forme de vie. Ainsi, l’animal sacrifié représentait une formidable ressource aux richesses multiples : sa chair pour l’alimentation de la tribu, sa peau pour la confection de vêtements et d’abris, ses os pour l’ossature des habitats ou pour servir d’objets de la vie courante. Alors nomades, les « grands singes » que nous sommes vivaient dans des habitats légers et réversibles qu’ils pouvaient transporter avec eux pour migrer aisément, rapidement et souvent. Respectueux du vivant, l’impact de ce mode de vie sur les sols et les écosystèmes étaient donc très réduit, quasi nul. Viscéralement sociable, Homo sapiens cultivait naturellement l’entraide et la coopération au sein de sa tribu. Cette forme d’organisation sociale – la vie en communauté – semblait alors éternelle.

Comment avons-nous pu basculer vers cette hérésie absolue en adoptant un mode de vie totalement hors-sol ? Comment avons-nous pu nous déraciner de la terre pour commencer à l’exploiter comme un gisement illimité de ressources ? Comment avons-nous pu nous déconnecter du vivant pour habiter des univers artificiels et mortifères – les villes – qui anéantissent toute forme de vie sur Terre ? Comment avons-nous pu nous extraire du sauvage sacré de notre si belle demeure pour devenir de sacrés sauvages capables de détruire les fondations de leur propre maison ? Comment avons-nous pu nous octroyer un droit de propriété sur les sols, les sous-sols, les forêts, les rivières, les lacs, les mers et la majeure partie des composantes écosystémiques de notre planète ? Comment avons-nous pu délaisser l’entraide pour la compétition et abandonner la vie collective pour l’individualisme le plus forcené ? Que s’est-il passé ? Que nous est-il arrivé ?
Comme le présente admirablement le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir dans le merveilleux film La Terre vue du cœur de Iolande Cadrin-Rossignol, deux ruptures majeures nous ont entrainé·e·s sur le mauvais chemin.

La première est intervenue lors de la révolution agricole, il y a 12 000 ans, avec notre sédentarisation.
Cette première rupture nous a littéralement déraciné·e·s de notre environnement biologique naturel. C’est précisément à ce moment-là qu’Homo sapiens a construit les premières villes. Nos ancêtres ont alors abandonné, pour la très grande majorité, leur condition de chasseurs-cueilleurs en mobilité permanente dans des environnements naturels. Ils·elles ont délaissé forêts, jungles, toundras, savanes, prairies, montagnes… pour la culture des champs et la construction des premiers « décors urbains », tous deux par essence artificiels car inventés par nous autres humains. C’est précisément à ce moment-là qu’Homo sapiens a arrêté de croire aux esprits du « Grand Tout » pour croire en des dieux. Et c’est précisément à ce moment-là qu’Homo sapiens a arbitrairement décidé de quitter le monde animal pour occuper une place intermédiaire entre les dieux situés « au-dessus », dans le royaume des cieux, et les animaux situés « en dessous » sur Terre. Il n’est plus alors l’égal des autres animaux. Il s’imagine supérieur et peut donc les domestiquer, les élever, les exploiter, les exterminer sans aucun scrupule, ni remord.

La seconde est survenue bien plus tard, au XVIIème siècle. Elle est l’œuvre du mathématicien, physicien et philosophe français, René Descartes.
L’auteur du célèbre « Cogito, ergo sum » – « Je pense, donc je suis » – dans son Discours de la méthode (1637), considéra que seuls les humains ont une âme, cette substance pensante, indépendante du corps, de la matière. Seuls les humains sont donc dotés de la conscience de soi. En revanche, les autres, les animaux, ne pensent pas et n’ont donc ni âme, ni conscience de soi. Autant dire qu’avec un tel principe, érigé par une bonne partie de l’humanité au rang de règle absolue, véhiculée depuis près de quatre siècles et largement entretenue par notre société – si artificielle et matérialiste – notre relation aux animaux non-humains ne pouvait être que déséquilibrée, biaisée, injuste, criminelle !

« Il y a un moment très précis que je veux évoquer : la rupture cartésienne. Au XVIIème siècle, Descartes, ce philosophe qui aura une influence colossale sur la pensée humaine, considère que les animaux ne sont que matière. D’ailleurs, pour lui, toute la nature n’est que de la matière, qu’on peut découper, disséquer, analyser. Un animal n’est donc qu’une chose, un objet, et n’a pas de sensibilité, puisqu’il n’a pas d’âme. Pour lui, seul l’être humain a une âme, on peut faire d’eux ce que l’on veut. Mais c’est une théorie qui aura des répercussions funestes.
[…] La science d’aujourd’hui est en train de rétablir une vérité profonde, que la religion et la philosophie de Descartes avaient annihilée pendant des centaines d’années : les animaux sont des individus qui comme nous ont une sensibilité, une conscience, une intelligence. Cette nouvelle donne saura changer radicale- ment notre attitude et notre morale. » Frédéric Lenoir – La Terre vue du cœur – un film de Iolande Cadrin-Rossignol et aussi un livre (Éditions Seuil, 2019)

L’anthropocentrisme est une arme de destruction massive du vivant !

Carnage – Jean-Marc Gancille – Rue de l’Échiquier, 2020

« Dieu bénit Noé et ses fils, et leur dit : Soyez féconds, multipliez, et remplissez la terre. Vous serez un sujet de crainte et d’effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains. » La Bible – Genèse, 9

Ce passage de la Bible est pour le moins édifiant. La crainte et l’effroi sont assurément des émotions que pourraient bien ressentir profondément les non humains à l’égard de notre espèce.
« Ils sont livrés entre vos mains » : proclamée dans la Genèse du texte sacré de la religion chrétienne, cette affirmation légitime, à elle seule, l’intégralité de nos atrocités imposées au vivant. Comme l’explique brillamment Yuval Noah Harrari dans son livre Sapiens. Une brève histoire de l’humanité, ce qui fait la singularité de notre espèce par rapport aux autres membres du règne animal, ce n’est aucunement la taille de notre cerveau, mais plutôt notre capacité aussi extraordinaire que singulière à croire en des « réalités imaginaires ». Nos croyances sont ainsi le fruit de constructions intellectuelles. Formidablement puissante pour embarquer les humains dans une même direction vertueuse, cette faculté l’est tout autant pour nous faire adopter collectivement les comportements les plus destructeurs, les plus assassins, les plus ignobles. Hélas, la seconde option l’a largement emporté sur la première.

Philosophiquement, notre société extractiviste et productiviste, consumériste et « déchetiste » a placé l’humain au centre de tout en appréhendant le monde qui nous entoure à travers la seule perspective humaine. Nous considérant comme l’espèce la plus avancée, la plus « évoluée », la plus intelligente, nous en sommes arrivé·e·s à l’absurdité ultime : imaginer, et même nous auto-persuader, que nous ne sommes pas des animaux – les humains d’un côté, les animaux de l’autre -, que nous pouvons donc parfaitement nous extraire du vivant et nous développer à son insu, notamment dans l’enfer urbain dé-raciné, dé-naturé pour ne pas dire dé-cervelé, en dehors de la conscience la plus élémentaire, celle de la réalité de la vie. Nous avons fait de cette « réalité imaginaire » une norme sociale puissante, véritable prison psychologique. En adoptant une telle approche, il devient alors tout à fait normal – pour ne pas dire légitime ou, pire, « naturel » – de concevoir tout ce qui nous entoure comme des ressources qui nous appartiennent et que nous pouvons exploiter, transformer, saccager, anéantir.

Cet anthropocentrisme est à l’origine de l’immense désastre en cours. Notre emprise dévastatrice et mortifère sur le vivant a connu une fulgurante accélération lors de la Révolution industrielle au milieu du XIXème siècle. Nous sommes alors entré·e·s dans une nouvelle ère géologique, baptisée aussi tristement que judicieusement
« Anthropocène». Car, nous avons tout de même réussi un exploit assez sidérant, celui de modifier gravement les conditions d’habitabilité de notre propre planète tout en anéantissant les autres habitant·e·s de notre maison. C’est même plutôt en exterminant la vie que nous sapons méthodiquement ses fondations. Il faut bien reconnaître que s’il y a bien un domaine où nous excellons particulièrement, c’est dans notre entreprise collective de destruction massive du vivant. « Citius, Altius, Fortius » (« Plus vite, plus haut, plus fort ») ! La devise olympique signée Pierre de Coubertin illustre admirablement la démesure de notre « chef-d’œuvre ». Dans son dernier essai, Carnage. Pour en finir avec l’anthropocentrisme, Jean-Marc Gancille expose clairement les conséquences de notre folie :

« Théoriquement, si l’on se réfère au taux historique d’extinction avant l’apparition de l’homme (de l’ordre d’une espèce par millénaire), il devrait être quasiment impossible de voir une espèce disparaître. Pourtant, partout, des espèces succombent. Depuis 500 ans, 750 espèces animales ont disparu, 2 700 sont en voie d’extinction et 12 500 sont menacées1. Les taux d’extinction actuels sont des centaines, voire des milliers de fois supérieurs au taux historique. À cette vitesse, la barre des 75% d’espèces dis- parues pourrait être atteinte en quelques centaines d’années.
[…] L’analyse des causes de l’extinction de près de 8 700 espèces animales et végétales classées comme menacées ou quasi menacées de disparition sur la Liste rouge de l’UICN ne laisse en effet aucune excuse à Homo sapiens.
Par ordre d’importance, les auteurs de cette étude2 pointent les principaux dangers qui menacent les espèces, soit
1) la surexploitation (déforestation, chasse, pêche, cueillette) ;
2) l’agriculture (agro-industrie, élevage, sylviculture, aquaculture) ;
3) l’étalement urbain (logement, tourisme et loisirs, industrie) ;
4) la contamination biologique (espèces invasives, maladies, OGM) ;
5) la pollution (déchets domestiques, effluents industriels, pollution lumineuse…) ;
6) l’altération des milieux naturels (feux, barrages…) ;
7) le changement climatique (tempêtes et inondations, sécheresse, températures extrêmes…).
Autant de maux exclusivement liés à la progression de la civilisation : croissance démographique, expansion des villes, développement d’infrastructures, intensification de la production et de la consommation, destruction des habitats et explosion des déchets, émissions de gaz à effet de serre. »

Jean-Marc Gancille fait assurément partie de la famille des grands amoureux du vivant. Nous nous sentons complètement aligné avec sa vision. Nous partageons le même constat, la même sensibilité, le même écœurement et la même radicalité en ayant l’honnêteté de dire la vérité sans prendre de pincettes et le courage de choisir des mots puissants et des expressions impactantes. Avec le titre de son dernier essai – Carnage – il a trouvé l’image la plus juste pour exprimer simplement ce que je qualifie de grande entreprise collective de destruction massive du vivant. Non, le mot carnage n’est pas trop fort pour qualifier l’inqualifiable. Massacre, sacrifice, domestication, esclavage, « bétaillisation » du sauvage, divertissement, chasse, pêche, tortures et traditions, prédation industrielle, élevage intensif et surpêche… soit autant de formes d’exploitation animale et d’anéantisse- ment du vivant que Jean-Marc Gancille dénonce méthodiquement : « Une extinction ? Non, une extermination délibérée ».

« Nous n’assistons pas à un « déclin » de la biodiversité, à un « effondrement » du vivant, à une « extinction » des animaux, autant de termes qui suggèrent des causes diffuses et incertaines. Nous ne sommes pas confrontés à des éléments exogènes, imprévisibles et non maîtrisables qui emportent des créatures vivantes par milliers de milliards chaque année.
Non. La responsabilité de cette hécatombe nous incombe totalement, à nous les hommes, qui provoquons délibérément et méthodiquement l’extermination des animaux sauvages. Et nous leur substituons des vies domestiques asservies à nos besoins indispensables pour les abattre à la chaîne, à une échelle de cruauté jamais égalée dans le règne du vivant. »

Comment pouvons nous donc utiliser des mots aussi trivialement décalés que « divertissement » ou « loisir » pour évoquer le traitement abominable que nous faisons subir aux autres habitants de la Terre ?
Comment pouvons-nous exterminer toutes les formes de vie avec un tel acharnement et sans aucun scrupule ?
Comment pouvons-nous agir avec autant d’insouciance et d’inconscience ?
Comment pouvons-nous être animé·e·s par une relation à la vie aussi nombriliste que suicidaire et écocidaire ?
Enfin, comment pouvons-nous imaginer ne pas être des animaux ?

Si nous n’appartenons ni au monde végétal, ni – encore moins – au monde minéral, nous sommes donc bel et bien des animaux, une espèce animale parmi tant d’autres. D’ailleurs, si l’homme ne descend pas du singe, nous avons des ancêtres communs. « Sapiens » désigne notre espèce et « Homo » notre genre. Ce genre Homo comprenait d’autres espèces comme Homo luzonensis, Homo denisovensis et Homo neanderthalensis, toutes anéanties entre il y a 30 000 et 50 000 ans. Enfin, notre famille est celle des Grands Singes et nos cousins directs sont – par ordre de proximité – les chimpanzés, les gorilles et les orang outans. C’est à dire qu’un ancêtre commun a donné naissance à deux branches, la première aboutissant aux orang outans. Quant à la seconde, elle s’est à son tour divisée en deux pour donner d’un côté les gorilles et de l’autre une branche dont les deux sous-branches ont abouti d’une part aux chimpanzés et d’autre part aux espèces du genre Homo, dont la seule représentante encore en vie aujourd’hui est Homo Sapiens. Malgré Darwin et sa théorie de l’évolution, certaines de nos réalités imaginaires sont solidement ancrées dans nos boites crâniennes. Nous utiliserons donc ici l’expression non humains ou animaux non-humains pour distinguer les autres animaux des membres de notre propre espèce.

De l’anthropocentrisme au biocentrisme, changeons de prisme ou disparaissons !

« Gaïa, la Terre est vivante. Depuis plus de 4 milliards d’années, elle a fait évoluer la vie dans toute sa diversité. La Terre crée les conditions pour que la diversité du vivant émerge, évolue et soit maintenue et régénérée à travers des processus écologiques auto-organisés et complexes. Chaque partie de la terre est vivante – du plus petit microbe au plus gros des mammifères. Le sol, la semence, les plantes sont vivants et créent les conditions nécessaires pour que la vie s’épanouisse.
La Nature a créé du charbon et du pétrole en fossilisant le carbone de plantes et d’autres organismes vivants il y a plus de 600 millions d’années.
La croyance en une « planète morte » a déclenché des processus qui deviennent une menace réelle pour la vie sur Terre. La croyance en une planète morte a aussi conduit à l’illusion que nous sommes déconnectés de la Terre et de ses processus vivants. Nous avons construit une vision du monde anthropocentrique de la suprématie humaine, affirmant que nous sommes supérieurs aux autres formes de vie et que nous pouvons être maîtres et possesseurs du vivant.
Au cours des deux siècles d’industrialisme fondé sur les énergies fossiles, nous avons commencé à présumer à tort que la Terre était morte, un simple stock de matières premières industrielles inertes destiné à être exploité et rejeté sous la forme de déchets et de pollution. Nous avons oublié la Vie et le Vivant.
La vision d’un monde fossilisé est mécaniste. La vision d’un monde mécanique est statique, non dynamique, non interactive, séparatrice, elle fragmente et divise. Elle s’isole elle-même d’une réalité vivante et vécue, crée des constructions artificielles et abstraites qui sont déconnectées de la réalité, et nomme de façon arrogante ces constructions abstraites : « connaissance objective » et vérité absolue. » Vandana Shiva – La Terre vivante, la Semence vivante, le Sol vivant – Livre-journal Vivant édité par La Relève et La Peste – 2019

La dimension antispéciste du biocentrisme est aujourd’hui légitimée par la recherche scientifique – notamment neurobiologique – comme le souligne Jean-Marc Gancille :
« Au vu des découvertes sur l’intelligence et les émotions animales, nous n’avons plus aucune excuse pour continuer à les traiter comme nous le faisons. Si, comme les neurobiologistes l’affirment, les animaux sont conscients, éprouvent des sentiments, élaborent des idées, comment l’homme peut-il continuer à les traiter comme des objets, à s’en servir comme des jouets ou des souffre-douleurs, à les exploiter, à les enfermer, les martyriser, les maltraiter, les abattre ? Alors que la science découvre sans cesse de nouvelles informations sur la capacité des bêtes à ressentir, éprouver et penser, il est temps pour l’homme de réfléchir à la façon dont il pourrait être utile aux animaux plutôt qu’à la façon dont ceux-ci peuvent lui servir. »

Selon le militant animaliste, le carnage découlant de notre anthropocentrisme n’a plus une seule justification valable. Il est :
1. « Tragique » : les impacts sont immenses sur la richesse de la biodiversité, la complexité des écosystèmes et l’interdépendance du vivant,
2. « Injuste » : intelligence, capacités mentales de haut niveau, sentiments et émotions des animaux sont aujourd’hui prouvées scientifiquement, notre supériorité présumée a du plomb dans l’aile,
3. « Immoral » : chaque être vivant dispose d’un droit équivalent à la vie,
4. « Inconscient » : invisibilisation de la violence animale, propagande publicitaire, puissance des traditions, formatage des esprits, diabolisation des vegans et greenwashing opportuniste « permettent à la matrice spéciste de notre société de perdurer »,
5. « Absurde » : nos actions menacent des espèces dont l’existence même est indispensable à notre propre survie.

Pour en finir avec l’anthropocentrisme, il annonce clairement la couleur… « L’urgence vitale impose des ruptures radicales » :
• Reconnaître aux animaux un droit de vivre inaliénable
• Ne plus manger ni viande, ni poisson
• Développer l’agriculture végétalienne
• Abolir l’élevage et la pêche
• Réconcilier écologie et animalisme
• Interdire la chasse
• Fermer les zoos et les aquariums
• Limiter les interactions avec les animaux sauvages
• Réensauvager le monde »

Comme vous pouvez vous en douter, de telles décisions ne risquent pas d’être prise par le Système dominant actuel… Elles ne peuvent l’être que dans le cadre d’un changement De système, de l’émergence d’une nouvelle société respectueuse du vivant.

Seul·e·s l’écologie profonde, et le biocentrisme – qui en découle tout naturellement – permettent de bien appréhender la racine de nos problèmes – la destruction du vivant – et donc la nécessité vitale de changer De système pour faire émerger une société nouvelle respectueuse de la vie. Prisme, racine et méthode, voilà bien trois différences essentielles entre les deux écologies, « La Rebelle » – l’écologie vitale – et « La Naïve » – l’écologie climato-politique, qui s’opposent aujourd’hui. Cette dernière, uniquement extérieure, purement superficielle et totalement artificielle car souvent exclusivement urbaine/métropolitaine, entretient – en confondant cause et conséquence – l’idée fausse que le réchauffement climatique est l’urgence absolue. Et pour y répondre, elle imagine des solutions anthropocentrées (énergies « propres », croissance « verte », développement « durable ») qui ne remettent pas réellement en question notre petit confort. Enfin, elle croit encore qu’il est possible de changer le Système dominant actuel. Climato-addict, cette écologie militante et/ou politique mainstream est définitivement bien naïve… « La Rebelle », quant à elle, est aussi bien intérieure qu’extérieure, profonde, connectée au vivant et donc forcément éloignée du cœur du monstre, les grandes villes et métropoles. Radicale, elle est soucieuse de préserver la vie sous toutes ses formes. Elle sait pertinemment que changer le Système est totalement impossible. Cette écologie vitale s’évertue donc à faire advenir une toute nouvelle société prenant soin du vivant, libérée de tout rapport de domination et enfin réellement démocratique.

 

L’instinct de survie est le propre de chaque être vivant, animal ou végétal. Satisfaire ses besoins primaires, transmettre la vie dans un souci – plus ou moins conscient – de perpétuation de l’espèce et offrir à sa descendance les meilleures chances de poursuivre ce cycle naturel sont des rituels, des habitudes, des préoccupations inhérent·e·s à l’ensemble des membres de la grande famille du vivant. Mais, cette survie s’inscrit obligatoirement dans une logique d’interdépendance – savant cocktail d’entraide et de rivalité – nécessitant un équilibre aussi pur que fragile.

Le rang que nous nous sommes abusivement octroyé, celui d’une espèce supérieure aux autres, nous a totalement aveuglé·e·s au point d’imaginer qu’Homo sapiens n’était pas soumis aux mêmes règles que le reste du vivant. Nous avons trop longtemps pensé à la place des autres pour notre unique intérêt, notre folie égoiste. Il est temps de penser d’abord aux autres pour avoir une petite chance de nous sauver. Car, de la même manière que nous recueillons aujourd’hui les fruits toxiques de notre fantasme de croissance infinie au détriment de la vie, toute tentative de sauvetage de notre propre espèce au détriment des autres habitant·e·s de la Terre est vouée à l’échec.
Oui, c’est en faisant de la sauvegarde/régénération du vivant notre absolue priorité – en étant prêt·e·s à renoncer à notre insoutenable niveau de vie, à notre bancale approche du bonheur et à notre létale conception du confort – que nous pourrons survivre en tant qu’espèce. Nous pourrions ainsi préserver les conditions d’habitabilité de notre planète en limitant les immenses risques que sont l’atroce asphyxie ou une mortelle pénurie d’eau douce, sans oublier… l’inquiétant dérèglement climatique.
En revanche, si nous devions, comme nous l’avons toujours fait, ne penser qu’à nos petits nombrils, surtout en prenant le pro- blème à l’envers, en traitant la conséquence plutôt que la cause, alors notre triste sort est inéluctable. Nous concentrer sur le seul symptôme – le climat – sans nous soucier trop de la racine – le vivant – signerait à coup sûr la fin prématurée de notre destinée.

Le compte à rebours de la sauvegarde des conditions d’habitabilité de notre toute petite planète est lancé depuis un bon moment. Or, nous fonçons toujours plus vite vers le précipice. Au lieu de freiner pour amortir la chute inévitable, nous accélérons vers un chaos inéluctable.

« C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : « Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien. » Mais l’important, c’est pas la chute. C’est l’atterrissage. » Mathieu Kassovitz via le personnage d’Hubert – La Haine

Après 50 années d’inertie absolue, l’heure est venue de nous retrousser les manches, de prendre notre courage à deux mains et de jouer à fond la carte de l’intelligence collective pour réellement nous mobiliser. Cessons de nous lamenter ou d’attendre passivement… place à l’action ! Sauver la vie sur Terre est un sacré défi. C’est désormais notre unique mission, notre dernière opportunité d’offrir enfin à l’humanité une réelle utilité ! Nous devons l’accomplir avec la plus grande humilité afin de regagner notre dignité. Le temps presse, l’effondrement est en cours et certains des immenses dégâts que nous avons occasionnés sont déjà irréversibles. Cessons de penser que nous avons encore le temps, qu’il nous reste 5 ans, 10 ans ou 30 ans. Non, nous n’avons plus le temps, il est bien trop tard et nous en avons tant gâché. Cessons de nous fixer des objectifs pour 2030 ou de viser la neutralité carbone en 2050. Pourquoi pas 2090 ou 2140 !!!
C’est là, maintenant, tout de suite qu’il convient de tout, absolument tout, radicalement tout, changer ! Cessons enfin de faire semblant de vouloir préserver les générations futures. Cette apparente belle intention est aussi lâche qu’hypocrite. Nos grands discours ne se sont jamais traduits en actes. Soucions-nous plutôt des générations présentes qui pourraient bien être les toutes dernières à fouler le sol de Gaïa. Réveillons-nous, secouons-nous, mobilisons-nous ! Sauvons la vie sur Terre pour mettre fin à notre ignominie et libérer nos otages, assurer notre propre survie et, de notre histoire, écrire une nouvelle page !

« Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » Proverbe à l’origine incertaine. Des ex- pressions similaires existent dans différentes tribus, en Amérique du Nord, en Afrique centrale et en Polynésie.

Le Travail qui relie... une incroyable expérience pour se relier à la grande toile de la vie !

 

Pour ressentir au plus profond de notre chair, de notre cœur, de notre être, de notre âme, ce lien étroit qui nous relie à l’ensemble des membres de la grande famille du vivant, rien de tel que cette expérience formidablement puissante et extraordinairement enrichissante que j’ai eu l’immense privilège de vivre début juillet 2021 à l’Écodomaine Le Bois du Barde situé à Mellionnec en Centre Bretagne. J’ai pu goûter au vibrant Travail qui relie (The Work that Reconnects) conçu par Joanna Macy. Docteur en philosophie, spécialiste du Bouddhisme, de la théorie générale des systèmes, fondatrice de l’Éco-philosophie et de l’Éco-psychologie, cette militante écologiste américaine a développé dans les années 1980 une pédagogie singulière dont l’ambition est de provoquer une transformation personnelle et sociale pour trouver en nous-mêmes notre propre écologie profonde. Pendant 5 jours, Claire Carré, co-fondatrice de l’association Roseaux Dansants et Laure Bressan nous ont proposé un incroyable voyage hors de l’espace-temps au cœur de la grande toile du vivant.
Directement formée par Joanna Macy en 1994 au Schumacher College dans le Devon, Claire Carré a même été son assistante pour les ateliers dirigés par Joanna Macy en Angleterre et en Allemagne. Voici comment Claire présente la philosophie de cette méthodologie sur le site web de Roseaux Dansants : « Son travail aide les personnes à transformer le désespoir et l’apathie, face à l’énormité de la crise écologique et sociale, en action constructive et collaborative. Ce travail nous révèle une nouvelle vision du monde, comme d’un immense corps vivant dont nous faisons partie, nous libérant ainsi des préjugés et des attitudes qui menacent la continuité de la vie sur Terre.
[…] L’expérience de notre écologie profonde nous réveille à notre amour pour la Terre. Malgré nos paradoxes, nous souhaitons mener une vie plus harmonieuse. Le désir de survie de la Terre agit à travers nous : nos souhaits les plus profonds s’alignent sur ce désir. […] Joanna Macy évoque The Great Turning, le Changement de Cap. Nos descendants considéreront certainement cette époque-ci comme une époque charnière. S’ils sont bien là, c’est parce qu’une minorité de leurs ancêtres auront mené une révolution écologique : à partir d’une société de croissance industrielle, ils auront mis le cap sur une société qui soutient la Vie. Une société de justice sociale, qui ne produit pas de déchets que la Terre est incapable de digérer, une société pérenne. Ce changement de cap impose trois conditions : la défense de la Vie, la création de structures alternatives, le changement de conscience. Cette métamorphose se réalise ensemble, pour le Vivant, pour l’émergence d’une conscience écologique et collective.
[…] Le Travail qui Relie est une pédagogie holistique de groupe qui permet à l’être humain de prendre sa juste place sur Terre. En puisant à la source de la vie, il y retrouve ses racines et son appartenance, il ouvre le champ des ressources spirituelles et psychologiques dont il a besoin pour faire face à la situation plané- taire actuelle. Ces ateliers proposent différentes pratiques pour transformer notre inquiétude justifiée en engagement créatif. De caractère expérientiel, cette pratique d’émergence de notre éco-conscience fait appel à toutes les dimensions de l’être humain : mentale, émotionnelle, physique, spirituelle, ainsi qu’à sa capacité d’action sur le monde. »
Une telle approche résonnait déjà profondément en moi avant ce stage, et cette expérience – partagée avec enthousiasme par Pablo Servigne dans ses livres – m’avait été vivement recommandée tant par Anne-Laure Nicolas, co-fondatrice du Bois du Barde, que par Laure Nouhalat. J’étais donc préparé et très excité. Et pourtant j’étais encore loin d’imaginer à quel point ce voyage allait me bouleverser. Ces 5 journées furent un cocktail détonnant de partage, de communion, de confiance et d’écoute entre écolo et collapso-éveillé·e·s transporté·e·s par la dynamique irrésistible d’une spirale en 4 étapes clés : 1. S’enraciner dans la gratitude (pour le vivant dans son ensemble) ; 2. Honorer notre souffrance pour le monde (expression de nos émotions profondes : tristesse, colère, indignation, détresse, vide, angoisse) ; 3. Porter un nouveau regard (changement de perception, de vision) et 4. Aller de l’avant (mise en mouvement, passage à l’action).

« Cette spirale offre un voyage initiatique qui augmente notre aptitude à agir pour l’amour de la vie sur la Terre. » Joanna Macy

Je pourrai aisément consacrer un livre entier à ce voyage tant il fut délicieux et gracieux, puissant et envoûtant, poignant et énergisant. Nous avons exploré le vivant via nos différents sens, chanté et dansé au rythme de musiques sacrées, appris à déambuler comme des éléphants, partagé nos réflexions introspectives, exprimé librement nos émotions très vives, écouté nos ancêtres ou parlé à nos descendant·e·s, rencontré et dialogué avec d’autres êtres – animaux, arbres, ruisseaux… – dans la forêt. Le tout en profitant des riches enseignements de sagesses anciennes (tibétaine, amérindienne, celte, aborigène…). Quelle immense joie ! Gratitude infinie à Claire, Laure, mes ami·e·s Amaya et Benoît et tou·te·s les autres guerrières et guerriers de Shambhala avec lesquel·le·s nous sommes désormais relié·e·s.

Reconnexion & Transformation

(Formations)

Écologie profonde, Travail qui relie, connexion au vivant, immersion, ancrage, lâcher prise, antifragilité, permaculture humaine…
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Puissamment endoctriné·e·s par nos croyances divines – en des dieux ou en un seul Dieu – et fortement influencé·e·s par la philosophie de Descartes, nous nous sommes donc totalement fourvoyé·e·s dans notre rapport aux autres membres de la grande famille du vivant. Si bien que nous avons construit et façonné des lieux de vie artificiels – les villes et métropoles – complètement coupés de nos racines et dont le développement sans fin est directement à l’origine de l’anéantissement du vivant. Parallèlement, l’État-nation repose sur des frontières externes et internes à visée essentiellement politique et économique et non géographique et biologique.

Il est temps de retrouver notre juste place au sein de la grande famille du vivant, celle d’une espèce parmi tant d’autres, en aucun cas supérieure. Il est temps d’abandonner l’urbain mortifère et de nous affranchir de l’État-nation, l’incarnation politique du Système dominant actuel. Il est temps de nous mettre au service de l’ensemble du vivant en réparant les déséquilibres que nous avons, par insouciance, mépris ou folie, nous-mêmes créés. Parce que LA VIE le mérite !

Après avoir massivement artificialisé les sols et irrémédiablement détruit les habitats des non humains, il nous appartient de nous désurbaniser, démétropoliser, débitumer, débétoner, de décoloniser les esprits, de déconditioner nos modes de pensée, de déconstruire nos univers toxiques, bref de nous débrancher de la grande machine d’annihilation de la vie. À nous de nous ré-ancrer dans le sol, de nous ré-enraciner au milieu du vivant, de nous ré-aligner, de nous ré-équilibrer, de nous resourcer, de « réhabiter » la Terre comme nous invitent à le faire le biorégionalisme.

Biorégonalisme

(Fiche pédagogique)

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Jean-Marc Gancille

Rue de l’échiquier – 2020

Écrivons ensemble un nouveau…

Jean-Christophe Anna

L’Archipel du Vivant – 2021

La fin de l’exception humaine

Jean-Marie Schaeffer

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Permaculture, botanique, art de vie sauvage, orientation, construction naturelle, communication bienveillante…

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