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FICHE PÉDAGOGIQUE

VIVANT

par Jean-Christophe Anna

Vivant ?

 

« Biodiversité » sonne trop scientifique, trop loin de nos petites vies d’humains et donc de nos préoccupations directes.
« Animal » est très incomplet puisqu’il ne couvre pas le monde végétal et surtout totalement inadapté puisqu’il entretient cette idée très anthropocentrée que l’espèce humaine n’appartiendrait pas au règne animal, qu’elle occuperait une place à part entre les dieux ou Dieu et les autres habitants de notre grande maison.

 

Pour évoquer la vie, sous toutes ses formes, pour englober l’ensemble des habitants de notre planète – humains et non humains – le mot le plus adéquat, le plus pertinent, le plus évident, est clairement celui de « Vivant » !

 

Sources principales de cette fiche pédagogique :

  • Le Climat n’est pas le bon combat ! (Utopie bornée, la transition est morte) – Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant, 2020
  • Écrivons ensemble un nouveau récit pour sauver la vie ! (Utopie éclairée, la révolution est vitale) – Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant, 2021
  • Carnage (Pour en finir avec l’anthropocentrisme) – Jean-Marc Gancille – Rue de l’échiquier, 2020

Plan de la Fiche

  • Sauver qui ? Sauver quoi ? La vie, pas le climat !
  • Le miracle de la vie ! Comment est-elle apparue sur Terre ?
  • La vie est en danger… de mort ! La 6ème extinction de masse est engagée…
  • La croissance est une arme de destruction massive du vivant !
  •  

  • Les livres incontournables
  • Les vidéos à voir absolument !
  • Pour aller plus loin

Sauver qui ? Sauver quoi ? La vie, pas le climat !

Après avoir saigné, abusé, pillé, dézingué, il nous appartient de soigner, respecter, régénérer, réparer… bref, de sauver ce qui peut encore l’être.
Mais, que nous faut-il sauver au juste ? La Terre, le climat, l’espèce humaine ou la vie ? 

Sauver la Terre ?

Non, car c’est tout simplement inutile. Notre planète tourne depuis 4,5 milliards d’années autour du soleil et va continuer de le faire pendant encore environ 5 milliards d’années, avant que notre étoile ne devienne une géante rouge et ne l’engloutisse avec Mercure et Vénus.
Sauver LE monde est à mes yeux un synonyme de sauver la Terre.

Sauver le climat ?

Non, car c’est tout simplement ridicule. S’il nous faut clairement agir pour limiter son réchauffement à des températures compatibles avec la vie, le climat n’a pas besoin d’être sauvé puisqu’il ne risque ni de disparaître, ni de mourir.

Sauver notre monde ?

Non, car c’est tout simplement criminel. Je précise bien ici NOTRE monde, c’est-à-dire, celui que nous avons créé, notre civilisation thermo-industrielle à l’origine même de la gravité de la situation actuelle. Notre monde est en cours d’effondrement, rien ni personne ne pourra l’en empêcher et c’est tant mieux.

Sauver l'espèce humaine ?

Non, car c’est tout simplement égoïste. Comment pourrions-nous, après être parvenu·e·s à dérégler le climat et altérer gravement les conditions d’habitabilité de notre planète – ce qui n’est quand même pas une mince affaire – avoir pour principal objectif de ne sauver que les membres de notre propre espèce en ignorant toutes les autres, nos otages, victimes de notre folie ?

Sauver la vie sur Terre ?

Oui, car c’est tout simplement notre devoir ! Alors, forcément certain·e·s d’entre vous diront que la vie en tant que telle n’a pas besoin d’être sauvée. Et vous avez raison de le penser puisque, si nous vivons bien actuellement une extinction de masse de la biodiversité, la vie sur notre planète en a déjà connu 5 par le passé et elle en vivra d’autres avant que la Terre ne soit brûlée par le soleil. Mais, lorsque nous évoquons « la vie sur Terre » – ou le vivant -, nous pensons bien entendu à celle que nous connaissons aujourd’hui. Non pas qu’elle soit nécessairement plus belle que les formes précédentes – de toute manière nous ne les avons pas connues et la beauté est très subjective – mais que c’est la toute première, et sans doute la dernière, à être anéantie par l’activité de l’une de ses composantes… notre propre espèce. Déclenchées par l’explosion d’une étoile lointaine, de violentes éruptions volcaniques ou la collision de la Terre avec un ou plusieurs astéroïdes, les 5 premières extinctions n’ont pu être évitées. Cette fois-ci, c’est bien différent puisque le responsable est connu, avec certitude, depuis au moins cinquante ans et la publication du fameux Rapport Meadows The Limits to Growth du Club de Rome en 1972. Si nous avons longtemps plaidé non coupables, notamment en matière climatique, et si nous avons pu, encore jusque récemment, n’avoir conscience ni de l’ampleur, ni de l’incroyable complexité de la catastrophe en cours, l’intensification des incidents écologiques, la multiplication des signaux et la convergence des études plus alarmistes les unes que les autres semblent s’inscrire dans une fulgurante accélération depuis 2015.

Après 50 années d’inertie absolue, l’heure est venue de nous retrousser les manches, de prendre notre courage à deux mains et de jouer à fond la carte de l’intelligence collective pour réellement nous mobiliser. Cessons de faire semblant, de nous lamenter ou d’attendre d’atteindre une masse critique… place à l’action !
Sauver la vie sur Terre est un sacré défi. C’est désormais notre unique mission, notre dernière opportunité d’offrir enfin à l’humanité une réelle utilité ! Nous devons l’accomplir avec la plus grande humilité afin de regagner notre dignité.

Le temps presse, l’effondrement est en cours et certains des immenses dégâts que nous avons occasionnés sont déjà irréversibles.

Cessons de penser que nous avons encore le temps, qu’il nous reste 5 ans, 10 ans ou 30 ans. Non, nous n’avons plus le temps, il est bien trop tard et nous en avons tant gâché. Cessons de nous fixer des objectifs pour 2030 ou de viser la neutralité carbone en 2050. Pourquoi pas 2090 ou 2140 !!! C’est là, maintenant, tout de suite qu’il convient de tout, absolument tout, radicalement tout, changer ! Cessons enfin de faire semblant de vouloir préserver les générations futures. Cette apparente belle intention est aussi lâche qu’hypocrite. Nos grands discours ne se sont jamais traduits en actes. Soucions-nous plutôt des générations présentes qui pourraient bien être les toutes dernières à fouler le sol de Gaïa.

Le compte à rebours de la sauvegarde des conditions d’habitabilité de notre toute petite planète est lancé depuis un bon moment. Or, nous fonçons toujours plus vite vers le précipice. Au lieu de freiner pour amortir la chute inévitable, nous accélérons vers un chaos inéluctable.

« C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : « Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien. » Mais l’important, c’est pas la chute. C’est l’atterrissage. » Mathieu Kassovitz via le personnage d’Hubert – La Haine

Réveillons-nous, secouons-nous, mobilisons-nous !
Sauvons la vie sur Terre pour mettre fin à notre ignominie et libérer nos otages, assurer notre propre survie et, de notre histoire, écrire une nouvelle page !

« Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » Proverbe à l’origine incertaine. Des ex- pressions similaires existent dans différentes tribus, en Amérique du Nord, en Afrique centrale et en Polynésie.

Le miracle de la vie ! Comment est-elle apparue sur Terre ?

 Depuis le XIXème siècle, grâce notamment à Alexander von Humboldt et Charles Darwin, nous connaissons les grandes lois de l’écologie : nous savons que la force d’un écosystème repose sur sa diversité, que toutes les espèces sont interconnectées, qu’elles participent au bon fonctionnement du vaste ensemble de cycles biogéochimiques complexes et interdépendants qui garantissent la vie sur Terre. Nous savons qu’il existe des limites à la capacité de charge d’une planète aux ressources finies et que des réactions en chaîne pourraient menacer la biosphère d’effondrement. Nous savons que l’histoire de la vie sur Terre est celle de la multitude d’interactions entre toutes les espèces qui y cohabitent. Mais nous persévérons dans notre obstination à négliger notre interdépendance avec la nature, en exterminant consciemment tous les autres êtres vivants, nuisant ainsi au bon fonctionnement d’écosystèmes indispensables à notre existence. » Jean-Marc Gancille – Carnage. Pour en finir avec l’anthropocentrisme – Rue de l’échiquier – 2020

L’irruption de la vie est le fruit d’un heureux hasard, d’une singulière configuration, d’un incroyable concours de circonstances. Car, pour qu’elle puisse éclore quelque part dans l’univers, la réunion de nombreuses conditions aux interactions complexes est indispensable. Pour que ce miracle absolu – n’y voyez aucune connotation religieuse – ait pu se produire ici sur Terre, la distance entre notre planète et le soleil devait être idoine tout en étant parfaitement corrélée à la taille de notre étoile, sans oublier la présence de notre atmosphère protectrice. La combinaison et la bonne proportion des molécules disponibles devaient atteindre une alchimie idéale. Et bien entendu, la température moyenne globale devait être adaptée pour accueillir la vie et permettre son évolution. Ce n’est là qu’une infime partie des innombrables paramètres qui étaient rassemblés pour que la magie opère. Ce n’est par conséquent pas si surprenant que nous n’ayons toujours pas pu prouver la moindre existence de vie ailleurs, sur une autre planète, dans un autre système solaire, une autre galaxie, quelque part dans l’univers. Cette quête d’une vie extraterrestre – envisageable, sans être certaine, sur certaines exoplanètes se trouvant dans une configuration proche de celle de Gaïa – reflète à merveille la folie qui caractérise notre propre espèce. Ou comment chercher d’autres formes de vie ailleurs tout en anéantissant la (peut-être) seule et unique qui existe réellement, la vie terrestre, et en condamnant par la même occasion notre propre survie… Notre hérésie touche au sublime !

Pour bien prendre la mesure du carnage en cours, dont l’origine anthropique n’est plus à démontrer, le rappel des grandes étapes de la vie sur Terre est une précieuse clé de compréhension de l’aspect pour le moins mortifère de l’empreinte humaine. Pendant le premier milliard d’années de son existence, la Terre n’abritait pas la moindre vie. Celle-ci est apparue il y a environ 3,5 milliards d’années sous une forme unicellulaire et pendant 3 milliards d’années, elle n’a existé qu’à l’état de micro bactéries et de micro algues. L’explosion de la vie dans toute son infinie diversité s’est produit il y a 500 millions d’années. Depuis, la vie sur Terre a connu de violentes perturbations, les 5 premières extinctions de masse. Déclenchées par l’explosion d’une étoile lointaine, de violentes éruptions volcaniques ou la collision de la Terre avec un ou plusieurs astéroïdes, leur origine était externe et non « maîtrisable ». Cette fois-ci, c’est bien différent puisque le responsable de la 6ème extinction massive en cours – sans doute la plus rapide (180 ans à peine depuis la Révolution industrielle qui a débuté en 1840) et potentiellement la plus délétère – est l’un des membres de la grande famille du vivant, une espèce animale habitant la Terre… Nous ! Si l’histoire de Gaïa était ramenée à une journée, les humains apparaitraient 5 secondes avant minuit et l’anthropocène s’étendrait sur les 2 ultimes millièmes de secondes… 2 millièmes de seconde sur 24h ou plutôt 180 ans sur 4,5 milliards d’années…

180 vs 4 500 000 000 !

Quelle honte ! Comment avons-nous pu, sur une période aussi courte, infime, ridicule, dézinguer à ce point notre maison ?

La vie est en danger… de mort ! La 6ème extinction de masse est engagée…

Quelques chiffres suffisent pour mesurer l’ampleur de la destruction que nous infligeons à la biodiversité dans sa globalité, animale et végétale, et des risques que nous faisons peser sur l’ensemble du vivant, nous compris. En lisant ce qui suit, vous allez encore mieux comprendre pourquoi sauver la vie sur Terre est le vrai défi que nous devons relever et à quel point l’urgence écologique est bien plus étendue que la seule question climatique.

« Si les océans meurent, nous mourrons tous ! L’humanité ne peut survivre sur cette planète avec un océan mort. Imaginez un monde sans vers, sans phytoplancton, sans zooplancton, sans abeilles mellifères, sans bactéries, sans baleines, sans herbe, sans arbres, sans poissons. Imaginez un monde sans hommes. Car sans les autres, l’homme ne peut exister. Nous avons besoin d’eux. Ils n’ont pas besoin de nous. » Paul Watson – Urgence ! Si l’océan meurt, nous mourrons – Éditions Glénat, Avril 2016

Biodiversité végétale

« Depuis 1950, entre 40% et 50% du phytoplancton des océans a disparu.
Le phytoplancton est la base de la vie sur cette planète, il produit plus de la moitié de l’oxygène.
Plus de baleines = plus de phytoplancton
Plus de phytoplancton = plus de zooplancton
Plus de zooplancton = plus de poissons
Plus de gens = moins de vie dans l’océan. »
Paul Watson – Urgence ! Si l’océan meurt, nous mourrons – Éditions Glénat, Avril 2016

Pour en savoir plus...

Lorsqu’il est question d’effondrement de la biodiversité, des images d’animaux en voie de disparition nous viennent immédiatement à l’esprit. Nous allons bien entendu en parler, mais il me semblait essentiel de commencer par les végétaux qui hébergent la vie, notamment les forêts, le phytoplancton et les sols.

Commençons par les forêts dont la santé n’a pas fini de nous préoccuper. Les chiffres fournis par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et par Global Forest Watch, font vraiment froid dans le dos. Entre 13 et 15 millions d’hectares de forêts – dont 3,6 millions d’hectares de forêt tropicale primaire – disparaissent chaque année, soit la superficie d’un pays comme la Belgique (ou environ le 1⁄4 de la superficie française). 2 400 arbres sont abattus chaque minute, soit 1,26 milliards par an. L’équivalent d’un terrain de foot disparait chaque seconde !
L’Amazonie en est la principale victime avec la perte de 20% de sa surface d’origine en 50 ans (1970-2017). Au rythme actuel, la forêt amazonienne devrait avoir perdu 55% de sa surface d’origine en 2030 et… 100% en 2050 !
En Europe aussi, la situation est préoccupante, puisque selon la liste rouge des arbres européens publiée le 27 septembre 2019 par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 42% des espèces présentes dans nos forêts sont menacées d’extinction. Et ce pourcentage est encore plus élevé – 58% – pour les espèces endémiques, celles qui ne poussent qu’en Europe. Les principales raisons à l’origine de ce déclin sont l’introduction d’espèces envahissantes, l’exploitation non durable des forêts, le développement urbain, les maladies, l’élevage et la modification des écosystèmes. À l’été 2019, les 3 principales forêts primaires de la planète – l’Amazonie, la forêt subsaharienne et la forêt indonésienne – étaient victimes de feux dévastateurs au même moment. La disparition des forêts primaires est dramatique car elles sont irremplaçables pour préserver la biodiversité.
En situation de sécheresse extrême depuis 2 ans, l’île-continent a connu pendant plusieurs mois des feux d’une rare intensité, les fameux « mégafeux » (plus de 10 millions d’hectares) qui ont la particularité d’être quasiment incontrôlables. En 5 mois (septembre 2019-janvier 2020), ce sont plus de 10 millions d’hectares de forêts – soit la surface de la Corée du Sud – qui ont été ravagés avec à la clé un cruel bilan en pertes de vies – plus d’1 milliard d’animaux non humains ont péri selon les estimations – et 100 000 personnes évacuées. C’est une nouvelle catastrophe pour la biodiversité tant végétale qu’animale, d’autant plus que certaines des espèces de la flore et la faune australiennes sont uniques au monde. Et forcément, de tels incendies ont une nouvelle fois dégagé d’immenses quantités de CO2 dans l’at- mosphère, ce qui aggrave encore un peu plus le réchauffement climatique. Voilà un exemple parfait qui démontre l’inquiétante capacité de ce dernier à s’autoalimenter.
« Ces mégafeux montrent bien l’interdépendance entre des domaines qu’on pense trop souvent séparément : climat, biodiversité et infrastructures, par exemple. Les scientifiques appellent cela un nexus, l’étude des interactions entre deux ou trois domaines. En Australie, on a par exemple un changement climatique qui détruit la biodiversité, qui en retour empire les conditions climatiques. On a aussi un climat qui provoque des feux qui mettent en danger les infrastructures électriques et hydrauliques… qui sont nécessaires pour lutter contre les feux ! Sans compter que pour lutter efficacement contre les feux, désormais fréquents et récurrents, et pour ensuite reconstruire les dégâts, il faut aussi des véhicules puissants, donc du pétrole, et beaucoup d’eau… précisément ce qui aggrave le réchauffement climatique. Bref, on a plusieurs effets domino entrelacés, ce qui est le signe de risques systémiques. » Pablo Servigne : « Avec les mégafeux, le projet moderne a trouvé plus fort que lui »Reporterre – 9 janvier 2020 (1)
Attention ! Il serait évidemment rassurant de nous dire que l’Australie est loin et que sa situation géographique au sud du globe l’expose davantage que nos pays du nord. Figurez-vous que la France sera elle aussi concernée par ces mégafeux à l’horizon 2050-2060. Publié en juillet 2010, le Rapport de la mission interministérielle Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts (2) prévoit qu’en 2050 « plus de la moitié des forêts françaises seront classées à risque contre un tiers aujourd’hui ». Selon les expert·e·s de Météo France, de l’Office National des Forêts (ONF) et de l’Institut national de l’information géographique et forestière, jusqu’à 9,9 millions d’hectares de forêts pourraient être concernés par les risques d’incendie dans notre pays en 2060. C’est justement l’équivalent de la surface anéantie par les mégafeux australiens. En France, les observations des dernières années démontrent que les incendies évoluent tant dans l’espace que dans le temps. Ainsi, ils ne sont plus cantonnés au seul bassin méditerranéen et la saison des feux s’est allongée, comme le souligne Marc Vermeulen, contrôleur général à la Fédé-ration nationale des sapeurs-pompiers de France :
« Avant, elle courait du 15 juillet au 15 septembre mais ces dernières années, les périodes sèches sont bien plus longues. Elles débutent fin juin et se poursuivent jusqu’à mi-octobre. Rien qu’en Corse, maintenant elle dure cinq mois. On est également confronté à des « feux d’hiver », à des moments où normalement il n’y avait aucun risque ». (3)
La multiplication et l’aggravation de l’intensité des incendies pourraient avoir des conséquences absolument dramatiques sur la capacité de nos forêts à se régénérer. Les auteurs du rapport interministériel de 2010 indiquent en effet que : « Le scénario d’altération durable de la végétation forestière résultant d’incendies répétés paraît tout à fait possible dès 2030 ». Il suffit en effet que plus de 4 incendies prennent au même endroit en 50 ans pour qu’une forêt soit irrémédiablement détruite. Interrogé par Reporterre, Rémi Savazzi, directeur adjoint Défense de la forêt contre les incendies à l’ONF, confirme ce risque bien réel :
« La forêt n’aura pas le temps de se reconstituer. Le sol se dégradera et la forêt se transformera en garrigue de moins en moins dense ».
La lutte contre les incendies semble être assez efficace en France. Comme l’indique le rapport d’information du sénateur Jean-Pierre Voguel publié en septembre 2019, les surfaces brûlées ont grandement diminué depuis 30 ans en passant de 46 000 hectares en moyenne annuelle à 11 800. Mais, dans son article Mégafeux : la France pourrait aussi être touchée, le média Reporterre évoque les deux dérives actuelles qui représentent de réelles sources d’inquiétude : la diminution de 15% des patrouilles de surveillance en 11 ans (2008-2019) dans un contexte de démantèlement progressif de l’ONF par l’État et le développement des plantations industrielles en monoculture infiniment plus vulnérables que les forêts diversifiées.
Autant vous dire que les feux de forêts risquent bel et bien de faire de sacrés dégâts dans les prochaines décennies. Inutile d’imaginer ce qui pourrait se passer en période post-effondrement quand les services indispensables pour prévenir et éteindre les incendies ne seront plus opérationnels…

L’embrasement des forêts de la planète, notamment celui de l’Amazonie, est donc réellement dramatique mais, contrairement à une idée reçue et largement partagée, ce déclin ne re- présente aucun danger en matière de production de l’oxygène (O2) indispensable à la vie sur Terre. « Il y a de nombreuses raisons de vouloir préserver l’Amazonie, mais l’oxygène n’en fait pas partie », a déclaré le scientifique spécialiste des systèmes terrestres Michael Coe, qui dirige le programme sur l’Amazonie au Woods Hole Research Center, dans le Massachusetts. Tout comme les autres forêts primaires, la contribution de l’Amazonie à l’oxygène que nous respirons est proche de zéro !
« Le bilan oxygène net de l’Amazonie, ou de tout autre biome, avoisine zéro » Yadvinder Malhi, écologiste des écosystèmes à l’Institut du changement environnemental de l’Université d’Oxford.

Bien moins connu, le vrai « poumon de la Terre » est invisible à l’œil nu car sa taille est microscopique. Il s’agit du phytoplancton, le plancton végétal constitué de micro-algues et de cyanobactéries (bactéries photosynthétiques). Ces organismes végétaux évoluent dans la partie superficielle des océans qui recouvrent 71% de la surface de la planète, bien loin des 1,4% de l’Amazonie. Absolument essentiel à la vie – aquatique comme terrestre – sur notre planète, le phytoplancton produit 50 à 85% de l’oxygène de la planète, selon les saisons. En pompant le CO2 qu’il transforme en O2, il joue aussi un rôle essentiel dans la régulation du climat. Selon une étude du Fonds monétaire international (FMI) et de la Great Whale Conservancy (GWC), le phytoplancton absorbe en effet jusqu’à 37 milliards de tonnes de CO2 par an – environ 40% de tout le CO2 produit – soit la quantité de CO2 absorbée par 1 700 milliards d’arbres, l’équivalent de quatre forêts amazoniennes (4). C’est ainsi que les océans absorbent plus de 90% de l’excès de chaleur lié aux activités humaines. En outre, le phytoplancton constitue le tout premier maillon de la chaîne alimentaire marine. Il est par conséquent in- dispensable pour nourrir les organismes comme le zooplancton, les larves de poisson et de crustacés, bon nombre de poissons et… indirectement les animaux dont l’existence dépend de la vie aquatique (oiseaux marins, ours polaires…). Bref, l’équilibre des écosystèmes complexes interconnectés et interdépendants de l’incroyable biodiversité aquatique dépend directement de sa bonne santé. Or, le phytoplancton est lui aussi gravement menacé : entre 40 et 50% de la quantité totale a disparu depuis 1950, notamment par la surpêche, l’acidification des océans et… le réchauffement climatique qui une nouvelle fois se comporte comme un facteur aggravant.
L’acidification des océans est une bombe à retardement. L’excès de CO2 dissout dans l’eau de mer et la pollution due à l’utilisation démesurée d’engrais chimiques asphyxient le monde marin. L’acidité des océans a augmenté de 26% depuis l’ère pré-industrielle. Résultat : les « zones mortes » se multiplient et s’étendent. Les océans contiennent aujourd’hui plus de 500 zones hypoxiques (à faible teneur en oxygène) et le nombre de zones anoxiques (entièrement privées d’O2) a quadruplé depuis 1950. En 50 ans, la concentration en O2 des océans a baissé de 2%. La situation est donc dramatique, tant pour la biodiversité des océans, que sur leur productivité (O2/CO2) ou sur les cycles biogéochimiques avec le rejet possible de substances chimiques dans l’atmosphère : le sulfure d’hydrogène aux vapeurs très toxiques et le protoxyde d’azote (N2O) dont le pouvoir réchauffant est beaucoup plus important que le CO2 ! Et voilà au passage, deux jolies boucles de rétroaction qui peuvent réciproquement s’alimenter.
La première : l’absorption par le phytoplancton d’énormes quantités de CO2 générées par les activités humaines entraîne l’acidification des océans. Cela altère le phytoplancton qui peut alors moins absorber de CO2 et moins produire d’O2 avec une augmentation du réchauffement cliamtique et une diminution de l’O2 terrestre. Mais cela asphyxie également l’océan qui rejette alors du N2O, entrainant donc une accélération du réchauffement climatique…
La seconde : l’augmentation de la température des eaux de surface réduit la capacité d’absorption du dioxyde de carbone (CO2) par le phytoplancton et donc de facto la production de dioxygène (O2), ce qui augmente forcément la concentration de CO2 dans l’atmosphère qui va encore accenturer le réchauffement global et donc celui des océans… Sans oublier que l’augmentation de la température des océans a aussi une incidence non négligeable sur l’intensité des ouragans !

Quant à la surpêche, elle entraîne un déclin dramatique de la faune océanique et notamment des requins et des baleines. Or, comme vous pouvez le lire dans la partie « Biodiversité animale » de cette fiche pédagogique, ces deux espèces jouent un rôle clé dans la préservation et la régulation du phytoplancton. Tout est lié, des équilibres des écosystèmes marins et terrestres à la santé de la biodiversité végétale et animale. Pour reprendre la judicieuse métaphore d’Isabelle Delannoy, co-scénariste du film Home et auteure du livre L’économie sym- biotique, tant qu’il y a des fils, nous pouvons retisser, mais le jour où certains fils seront rompus, certains phénomènes seront devenus irréversibles. Malheureusement, les humains coupent les fils les uns après les autres…

L’effondrement du phytoplancton est donc une véritable catastrophe pour les écosystèmes marins et la vie sur terre. Le biologiste Pierre Mollo, du centre Océanopolis de Brest et co-auteur du livre Le manuel du plancton milite pour que le plancton soit déclaré patrimoine de l’humanité.

1.https://reporterre.net/Pablo-Servigne-Avec-les-megafeux-le-projet-moderne- a-trouve-plus-fort-que-lui 2.https://reporterre.net/IMG/pdf/cgedd-incendies-fore_ts-et-changement- climatique-2010.pdf
3.https://reporterre.net/Megafeux-la-France-pourrait-aussi-etre-touchee
4.https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/2019/12/pdf/natures-solution- to-climate-change-chami.pdf

Biodiversité animale

« Nous avons déjà éliminé la moitié des espèces vivantes maintenant. Ça correspond à ce qu’on appelle une extinction massive. C’est la sixième depuis le dernier milliard d’années, mais c’est la plus grave parce que c’est la plus rapide. Auparavant, les extinctions prenaient des milliers d’années, maintenant, c’est des décennies. La vie peut s’adapter, c’est l’une de ses qualités, mais pas à cette vitesse. Nous dépassons la vitesse maximale d’adaptation de la vie. »
Hubert Reeves – Le cri d’alarme d’Hubert Reeves : La disparition des vers de terre, aussi grave que le réchauffement climatiqueRTBF 24 février 2018

Pour en savoir plus...

Pour contenter notre insatiable appétit carnassier – proprement contre-nature – nous avons multiplié, par la voie de l’insémination artificielle et de l’abattage massif, les animaux d’élevage. Si bien que nos veaux et vaches, porcelets et porcs, agneaux et moutons représentent aujourd’hui 60% des mammifères terrestres. Et comme la proportion d’humains est de 36%… les mammifères sauvages ne correspondent plus qu’4%… des populations de mammifères terrestres ! 65 milliards d’animaux terrestres sont tués chaque année pour finir dans nos assiettes… soit près de 2 000 animaux par seconde ! Les impacts sont gigantesques : déforestation, destruction des habitats, pollution de la terre et de l’eau, acidification des océans, immense consommation d’eau potable… et forcément émission de Gaz à Effet de Serre et donc réchauffement climatique.

Si nous multiplions artificiellement les animaux d’élevage pour leur retirer la vie dans des conditions abominables, nous exterminons littéralement les animaux sauvages. Nous vivons donc bel et bien un anéantissement absolu et accéléré du vivant sur Terre. Selon une étude publiée le 19 juin 2015 dans la revue Science Advances par des experts des universités américaines de Stanford, de Princeton, de Berkeley et de l’université mexicaine de Mexico, il s’agit de la 6ème extinction de masse. « Nous insistons sur le fait que nos calculs sous-estiment très probablement la sévérité de cette crise d’extinction, parce que notre objectif était de fixer un bas de la fourchette réaliste en ce qui concerne l’impact de l’humanité sur la biodiversité », précisent les chercheurs qui ont calculé que les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1900, soit un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures il y a 65 millions d’années, lors de la 5ème extinction massive. Selon la principale théorie, cette dernière serait due, en grande partie, à la chute d’un gigantesque astéroïde (10 km de diamètre, 1 000 milliards de tonnes) qui s’est écrasé dans la péninsule du Yucatan au Mexique actuel à la vitesse fulgurante de 40 000 km/h, provo- quant un impact d’une puissance 10 milliards de fois supérieure à la bombe atomique d’Hiroshima. Aujourd’hui, la 6ème extinction est due à l’unique activité humaine. Tout comme le réchauffement accéléré du climat, le phénomène est si singulier que notre ère a été baptisée « Anthropocène », soit la première ère – et sans doute la dernière – portant le nom de l’une des espèces animales du vivant.
Deux ans plus tard, le 10 juillet 2017, les mêmes chercheurs américains et mexicains ont publié une nouvelle étude, elle aussi très alarmante, dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Ils y évoquent « un anéantissement biologique » caractérisé par un recul massif des espèces de vertébrés sur Terre, à la fois en nombre d’animaux et en étendue. Cette « défaunation » a, selon eux, des conséquences « catastrophiques » pour les écosystèmes et des impacts écologiques, économiques et sociaux majeurs. Soit un aperçu de la dynamique diabolique des dominos ! Après avoir étudié le déclin du nombre d’espèces en 2015, ils ont cherché dans cette nouvelle étude à quantifier le déclin des populations d’animaux, en analysant la moitié des espèces de vertébrés connues : 27 600 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens terrestres, réparties sur les cinq continents, en utilisant la base de données de la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), qui constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation de la biodiversité. « L’accent mis sur l’extinction des espèces peut donner l’impression que la biodiversité terrestre n’est pas dramatiquement et immédiatement menacée, mais qu’elle entre juste lentement dans un épisode d’érosion majeur, que l’on pourra combattre plus tard ».
Les chercheurs ont estimé que cette nouvelle approche était plus pertinente pour permettre à l’opinion publique de mesurer la gravité de la situation. Car, la disparition de deux espèces par an peut paraître faible et de nombreuses espèces dites « communes » (aux populations largement présentes) ne sont pas considérées comme menacées alors même que leurs effectifs connaissent pourtant un déclin massif.
« Or, la disparition des populations est un prélude à celle des espèces. Une analyse détaillée du déclin des effectifs d’animaux rend le problème bien plus clair et inquiétant.
[…] La réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique. »
Qualifiant leurs résultats de « prudents », ils indiquent qu’au total, ce sont plus de 50 % des animaux qui ont disparu depuis quarante ans.
Selon le rapport Planète vivante publié en 2020 par le WWF, ce sont jusqu’à 68% des populations d’animaux vertébrés sauvages – poissons, oiseaux, mammifères terrestres et marins, amphibiens et reptiles – qui ont disparu en 46 ans au niveau mondial entre 1970 et 2016. Il n’en reste donc plus que 32%. Ce n’est plus une extinction de masse, c’est une extermination ! Le rythme est 100 à 1 000 fois plus rapide que la normale !!!
« Les êtres vivants ne disparaissent pas. Nous les exterminons ! Par nos modes de vie. Ce n’est pas un procès d’intention, juste un fait. » Arthur Keller – Designing lucid hopes for the future – TedX Toulouse 2019
Enfin, la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) rattachée à l’ONU (tout comme le GIEC pour le climat), a lancé une alerte le 6 mai 2019 à Paris à l’adresse des gouvernants et des peuples, via son rapport de référence sur l’état de la vie sur Terre. C’est un chiffre choc, propre à frapper les esprits, les consciences et peut-être les cœurs : un million d’espèces animales et végétales – soit une sur huit – risquent de disparaître à brève échéance de la surface de la Terre ou du fond des océans. Aujourd’hui, 75% de l’environnement terrestre, 40% de l’environnement marin et 50% des cours d’eau présentent des signes importants de dégradation.

Nos sols sont dans un état de dégradation et d’appauvrissement avancé. Selon l’Atlas de désertification 2018 de la Commission européenne, 75% des sols sont ainsi dégradés au niveau mondial (60% en France) et cette proportion déjà affolante pourrait dépasser les 90% en 2050 si rien n’est fait d’ici-là. Le changement d’affectation des sols, par exemple lorsqu’une forêt est décapitée pour laisser la place à d’immenses champs de céréales cultivées en monoculture intensive ou que tout type de paysage est rasé pour accroitre encore et toujours l’urbanisation-bétonisation de la planète, a des conséquences là aussi absolument dramatiques sur les écosystèmes et la biodiversité. Le changement d’affectation des sols fait d’ailleurs partie des 9 frontières planétaires absolument vitales à ne pas franchir et malheureusement elle est l’une des 4 déjà dépassées…

Évidemment, l’explosion de l’agriculture intensive et de l’élevage tout aussi intensif, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, ont anéanti toute forme de vie dans les champs. Nous avons tellement fertilisé artificiellement nos sols avec toute la panoplie d’intrants chimiques qu’ils sont devenus stériles… Les vers de terre fertilisent pourtant naturellement les sols en se nourrissant de la matière organique (feuilles et branches en décomposition) et en produisant un engrais naturel, leurs déjections. Ils assurent également la perméabilité des sols en creusant leurs galeries. Pas étonnant alors que l’eau ne pénètre plus pour alimenter les sols et les nappes phréatiques. Charles Darwin lui-même avait compris le rôle crucial de cette espèce animale à laquelle il dé- dia son tout dernier ouvrage avant de mourir « La formation de la terre végétale par l’action des vers, avec des observations sur leurs habitudes ». Les vers de terre sont aujourd’hui tellement menacés que le célèbre astrophysicien Hubert Reeves a pris leur défense pour nous sensibiliser sur les précieux services qu’ils rendent à l’ensemble du vivant.
« La diminution des vers de terre, ça ne fait pas la une des journaux. Cependant, c’est tout aussi grave que le réchauffement climatique. Il faut alerter sur l’importance de préserver la nature sous cette forme qui est proche de nous mais que la plupart du temps nous ignorons, parce que ça marche tout seul. » Hubert Reeves – Le cri d’alarme d’Hubert Reeves : La disparition des vers de terre, aussi grave que le réchauffement climatique RTBF 24 février 2018
Et si la vie se meurt dans cette fine couche superficielle si précieuse de nos sols, elle disparaît également à une vitesse fulgurante en surface et dans le ciel. Encore une fois, tout est lié. Insecticides, pesticides et autres néonicotinoïdes sont aussi toxiques pour les vers de terre, que pour les pollinisateurs – abeilles, papillons… – eux aussi très gravement atteints et nécessairement les oiseaux. Ainsi, la chimie si destructrice que nous répandons abondamment dans nos sols, la même que celle utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale pour commettre les pires atrocités sur les humains, affecte dangereusement la chaine alimentaire des champs et la chaine alimentaire des océans. Il eut quand même été bien dommage de ne pas recycler les formidables produits mortels de Monsanto, Bayer et consorts. Je vous recommande vivement l’excellent documentaire L’homme a mangé la Terre réalisé par Jean-Robert Viallet qui retrace l’épopée industrielle ou comment l’anthropocène, dopée aux énergies fossiles, à la chimie meurtrière, au plastique et au béton, a littéralement dézingué la planète et mis en danger de mort la vie qu’elle abrite. Le plus intéressant et saisissant dans ce documentaire et de voir comment les industries automobile, militaire et chimico-pharmaceutique ont exploité les deux conflits mondiaux du XXème siècle pour booster leur production et imposer mondialement leurs produits (voitures, bus et tracteurs, nucléaire civil, clôtures agricoles, intrants chimiques) si toxiques pour les conditions d’habitabilité de notre petite planète. Taylorisme, colonialisme, philanthropie hypocrite, épuisement des ressources, exploitation du sud toujours plus pauvre au profit du nord toujours plus riche…
« Alors que la population humaine mondiale ne cesse d’augmenter, sauvegarder les vers de terre, comme les insectes pollinisateurs, est devenu un enjeu crucial de notre époque. Les vers de terre ont un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité. Il existe dans la nature des équilibres entre les prédateurs et les proies, de sorte que des espèces vivent et évoluent en interdépendance. L’intervention humaine a rompu ces équilibres, le résultat est comparable à un jeu de dominos : une espèce disparaissant d’un milieu, elle en entraîne d’autres avec elle. » Hubert Reeves – We Demain n°22, juin 2018
Des chiffres, encore des chiffres, toujours des chiffres pour bien comprendre l’étendue de notre chef d’œuvre écocidaire.
80% des insectes ont disparu en Europe en 30 ans (étude internationale réalisée par une équipe de chercheurs de l’Université Radboud aux Pays-Bas en octobre 2017) :
« Cette disparition en masse des insectes est alarmante, d’autant plus que les relevés ont été réalisés dans des aires naturelles protégées », concluent les auteurs de l’étude. « Cette perte de biomasse doit avoir un effet en cascade sur les tous les autres niveaux de la chaîne alimentaire et nombreux autres effets sur l’écosystème. »
30% des oiseaux en France en 15 ans (Muséum National d’Histoire Naturelle et CNRS – Mars 2018) … Le biologiste Romain Julliard (Chercheur en Biologie au MNHN) a précisé : « Lorsque les oiseaux déclinent, comme ils sont en bout de chaine, cela indique que toutes les autres espèces en font de même. ». Les causes de cette disparition alarmante, seraient liées aux pesticides, insecticides néonicotinoïdes qui tuent les insectes – ressources alimentaires essentielles – autant qu’ils empoisonnent les oiseaux. Et le chercheur de conclure : « Nous devons aller vers un changement de paradigme : Incorporer la biodiversité sauvage dans le modèle économique des exploitations agricoles ».

Et la situation de la faune marine est encore pire puisque sur les 600 espèces pêchées dans le monde, environ un tiers est menacée d’extinction totale. Selon l’IPBES près de 75% des principaux stocks de poissons sont aujourd’hui épuisés ou surexploités. En outre, 90% des populations de requins – en à peine 64 ans, entre 1950 et 2014 – et 90% des populations de baleines ont déjà disaru. Les premiers sont traqués par les humains, surtout en Asie, pour leurs ailerons aux propriétés aphrodisiaques. Âgés de plus de 400 millions d’années, les requins font partie des plus vieux vertébrés sur la planète. 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde, soit 3 toutes les secondes.

« Je rencontre des pêcheurs. Ce sont des Papous Kamoro. Naguère, ces indigènes vivaient de la mer. Ils filaient dans la vague à la rame, sur leurs élégants « longs bateaux », et rapportaient au village thons, bonites, mérous et dorades. À présent, de riches marchands, surtout chinois, leur vendent (très cher) des moteurs hors-bord et leur achètent (trois fois rien) leur production. Les Papous ne capturent plus le poisson en fonction de leurs besoins, mais pour un marché lointain et toujours plus avide. À peine sortis de l’âge de pierre, les voilà jetés dans le tourbillon de la mondialisation. Les précieuses protéines animales ne finissent plus dans le ventre de leurs enfants, qui souffrent de la faim, mais dans la panse des nantis, qui mangent du poisson pour maigrir tout en dissertant sur les vertus médicinales des oméga 3.
Le produit le plus demandé, donc le plus cher, est l’aileron de requin. Les squales du monde entier crèvent de ce commerce. Requins pointes noires ou pointes blanches, requins gris, requins bleus, blancs, énormes requins-baleines ou modestes chiens de mer : tout y passe. On me laisse visiter un bateau collecteur. La cale est bourrée d’ailerons. Je contemple, ahuri, les nageoires séchées de milliers de squales dont le reste de la chair a été jeté. J’en demande le prix. Le négociant chinois paie cent cinquante mille roupies indonésiennes (environ douze euros) le kilo. Pour les Papous, une fortune. Pour les trafiquants, le pactole. Pour les squales, le commencement de la fin. Après quatre cents millions d’années de triomphe dans les océans, l’aventure des requins finira en potage. Il nous restera les cassettes des « Dents de la mer » pour nous donner le frisson. » Yves Paccalet – L’humanité disparaîtra, bon débarras ! – Arthaud, 2006
Les baleines, quant à elles, sont également chassées pour leur viande, mais elles sont aussi complètement désorientées du fait d’une pollution sonore liée aux activités humaines devenue insupportable. Les cétacés ont une ouïe très sensible et s’orientent, communiquent, détectent leurs partenaires ou leurs rivaux, maintiennent la cohésion du groupe et trouvent leur nourriture grâce aux sons qu’elles émettent et reçoivent. Au-delà du drame qu’elles vivent, ces deux espèces jouent un rôle crucial dans la chaine alimentaire, la captation de CO2 et la production d’O2. En effet, les requins contrôlent les populations de poissons et de crustacés qui se nourrissent de phytoplancton et d’algues. Ils maintiennent ainsi la production d’oxygène de l’océan. Leur disparition perturberait dangereusement la chaine alimentaire au point de modifier les écosystèmes océaniques et terrestres. Quant aux baleines, elles sont essentielles à la survie du phytoplancton tout comme à la captation du CO2. D’un côté, leurs excréments, riches en fer et en azote, font partie de l’alimentation du plancton végétal. De l’autre, elles s’en nourrissent et accumulent ainsi énormément de CO2, ce qui fait d’elles d’extraordinaires puits de carbone. Comme le rappelle l’excellent site web Mr Mondialisation en s’appuyant sur une étude réalisée par des économistes du FMI (Fonds monétaire international), en collaboration avec la GWC (Great Whale Conservacy), dans son article très complet Le vrai poumon du monde est océanique, et il brûle sans faire de vague : « C’est peut-être paradoxal, mais sauver une baleine est aujourd’hui beaucoup plus efficace pour le climat que de planter un arbre. » (1) Et si on en parlait à toutes les folles connes et tous les fous cons qui font semblant d’essayer de compenser les émissions générées par leurs propres activités criminelles (les géants du pétrole, les compagnies aériennes…) en promettant de planter des arbres par millions ou qui imaginent les délires monstrueux de la géoingénierie ! Pour atteindre la fameuse « neutralité » carbone, la compensation carbone devient le nouvel artifice de l’hypocrisie.
« Quand une baleine meurt et sombre au fond de l’océan, elle piège 33 tonnes de CO2 en moyenne, supprimant ce carbone de l’atmosphère pendant des siècles. A titre de comparaison, un arbre, lui, n’absorbe que jusqu’à 48 kilos de CO2 par an. » Étude du FMI et de la GWC (2)

Aux 65 milliards d’animaux terrestres qui sont abattus par an pour alimenter nos boucheries et garnir les cartes de nos restaurants, il convient d’ajouter les 950 milliards de poissons… Non, vous ne rêvez pas, ce sont bien plus de 1 000 milliards d’animaux, terrestres et marins, que nous assassinons chaque année pour l’alimentation de 7,7 milliards d’humains (population mondiale fin 2019), soit en moyenne 130 par personne et par an. La redoutable association pêche intensive + acidification des océans est à l’origine d’un dramatique écocide : la majorité des espèces sont aujourd’hui pêchées plus vite qu’elles ne peuvent se reproduire et se maintenir. Tant et si bien que de plus en plus d’espèces disparaissent, que les poissons pêchés sont de plus en plus petits et de plus en plus jeunes. Et dire que 35% des poissons pêchés ne sont même pas consommés, ce sont les malheureux prisonniers des filets…

Si nos activités de (sur)pêche ne sont pas stoppées rapidement, ou du moins considérablement réduites, les océans seront considérés comme « vides » en 2048 (il y aura alors au poids plus de plastique que de poissons) et la pêche sera tout simplement interdite. (3)
À la criminelle surpêche, il convient d’ajouter les immenses dégâts occasionnés par le plastique. 300 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde chaque année : sacs, pailles, touillettes, couverts, verres, emballages… et, depuis la pandémie de Covid-19, masques jetables et gants… ! La moitié est utilisée une fois avant d’être jetée et seule une infime part est recyclée.
« Océan de plastique » filmé par un plongeur à Bali, « mer de plastique » en République dominicaine, « rivière de plastique » aux Philippines, « 7ème continent de plastique »… nombreuses sont les vidéos qui mettent en exergue cette dramatique pollution. Véritable décharge flottante, le fameux « continent de plastique », situé dans l’océan pacifique entre Hawaï et la Californie, a une taille équivalente à 3 fois la surface de notre pays (France continentale) (4) ! 8 millions de tonnes (sur les 300 millions produites chaque année) de cette « fantastique » matière créée par les humains finit chaque année dans les océans, soit le contenu d’un camion poubelle déversé chaque minute !!!
Ce sont d’ores et déjà plus de 300 millions de tonnes de plastique qui polluent les mers du globe. Ce plastique s’accumule donc en surface, mais aussi au fond des mers. Enfin, réduit sous forme de microplastiques, il finit dans les entrailles de tous les organismes vivants dans les océans (plus de 100 000 mammifères marins sont tués chaque année en ingérant du plastique) (5), tout comme dans celles des oiseaux marins (90% ont avalé du plastique à un moment de leur vie) qui l’ingurgitent ou le donnent à manger à leurs petits… et inévitablement dans les intestins des humains. D’innombrables oiseaux marins agonisent étouffés. Jusqu’à 276 bouts de plastique ont été retrouvés dans l’estomac d’un oisillon de l’espèce puffin âgé de 90 jours, le plastique représentant 15% de sa masse corporelle. (6)
« Je suis de ceux qui considèrent qu’il ne s’agit ni d’une crise, ni d’une catastrophe, mais littéralement d’une destruction des conditions de vie. Une destruction de l’équilibre écologique vital. » Vincent Mignerot – Les nouveaux défis de l’humanité – TEDxAgroParisTech – 2 avril 2019

Enfin, la faune et la flore marine sont également sous la menace de notre croissance infiniment toxique. Le sable, ressource naturelle la plus consommée par les humains avec l’air et l’eau, est omniprésent dans l’urbanisation sans limites de notre planète : immeubles, (auto)routes (30 000 tonnes de sable pour 1 km d’autoroute), ponts, centrales nucléaires… le béton est composé aux 2/3 de sable. Mais, il est également utilisé dans les fuselages des avions, les puces électroniques, les peintures, les pneus, les lessives, les véhicules, les miroirs et les fenêtres. 15 milliards de tonnes de sable sont englouties chaque année sur terre !
Le destin du sable terrestre est comparable à celui du pétrole. Au début, il semblait se trouver sur notre planète en quantité illimitée et il était facilement accessible en étant puisé dans de grandes carrières, dans les rivières et les fleuves. Mais, cela ne suffit plus. Aujourd’hui, d’immenses paquebots aspirent le fond des océans et des mers du globe avec au passage d’innombrables victimes : poissons, coraux, plancton, plantes aquatiques… Soit un nouveau désastre pour la biodiversité avec l’anéantissement des espèces vivant au fond des océans et d’inévitables répercussions sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
La moitié du sable vendu sur le marché mondial – 70 milliards de dollars par an – provient des plages. 75 à 90% sont désormais menacées de disparition en Asie, en Afrique, aux États-Unis et même chez nous sur les côtes atlantique ou méditerranéenne. Plages pillées, affaissement du sol… des plages pourtant touristiques disparaissent notamment en Floride (9 sur 10 y sont menacées) tout comme les iles artificielles de Dubaï qui s’effondrent ou les îles indonésiennes qui finissent englouties… En France, le sable n’est pas à l’abri des appétits voraces du BTP. Plus grand consommateur de sable au monde, Dubaï dépense des sommes astronomiques pour importer le sable des littoraux australiens. Car, le sable du désert, pourtant abondant à proximité, ne possède pas les qualités requises (7).

Allez, pendant qu’on y est, je rajoute une petite donnée assez méconnue, celle de l’extinction des interactions écologiques, qui amplifie encore l’anéantissement de la biodiversité…

« Lorsqu’une espèce meurt, elle ne disparaît jamais seule, elle emporte en général des voisines avec elle, sans que personne le remarque. Les extinctions sont comme des chocs qui se propagent à travers la toile du réseau alimentaire, affectant les prédateurs et les proies des espèces « en danger » (verticalement), et qui perturbent d’autres espèces indirectement liées à ces dernières (horizontalement).
[…] Une étude publiée en 2013 a montré que la disparition des interactions écologiques (« extinctions fonctionnelles ») précède les extinctions de populations. Autrement dit une espèce (la loutre, par exemple) perd déjà des « liens » avec ses voisines dès le début du déclin, faisant disparaître (dans 80% des cas) d’autres espèces autour d’elle bien avant qu’elle n’ait elle-même disparu ! Ces extinctions indirectes et silencieuses peuvent débuter très tôt, avant même que la population de l’espèce menacée n’ait perdu un tiers de sa population totale (alors qu’on ne déclare officiellement une espèce en danger qu’à partir de 30% de déclin). Dès lors, et c’est un paradoxe, les espèces les plus menacées ne sont pas celles que l’on croit, mais celles qui sont indirectement liées à celles que l’on croit. Même les écologues, qui connaissent ces effets depuis longtemps, ont été surpris par l’ampleur de tels « effets en cascade ». Ce que l’on appelle désormais les coextinctions sont potentiellement les plus nombreuses, mais elles sont imprévisibles, et on ne les observe que lorsqu’il est déjà trop tard. Voilà une explication possible des chiffres catastrophiques de la destruction de la biodiversité par l’activité humaine. » Pablo Servigne et Raphaël Stevens – Comment tout peut s’effondrer – Seuil, 2015


1.https://mrmondialisation.org/le-vrai-poumon-du-monde-est-oceanique-et-il- brule-sans-faire-de-vague/

2.https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/2019/12/pdf/natures-solution- to-climate-change-chami.pdf
3. Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) – Mai 2018 et Impacts of Biodiversity Loss on Ocean Ecosystem Services – Novembre 2006.
4.https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/ocean-continent- plastique-bien-plus-grand-prevu-70644/)
5.http://www.unesco.org/new/fr/natural-sciences/ioc-oceans/focus-areas/rio- 20-ocean/blueprint-for-the-future-we-want/marine-pollution/facts-and-figures- on-marine-pollution/

6. Océan de plastique – Organisation des Nations Unies (ONU) – Septembre 2017 (https://www.youtube.com/watch?time_continue=447&v=-1T_uJFDtiI&fea- ture=emb_logo)
7.https://lareleveetlapeste.fr/la-guerre-du-sable-75-a-90-des-plages-sont- menacees-de-disparition/

Le domino biologique est bien évidemment le plus crucial de tous. Si celui-ci devait tomber définitivement ou même être trop altéré, inutile de vous faire un dessin, les autres dominos -n’auraient plus grande importance ! Ce domino biologique est directement impacté par les destructeurs que sont les dominos économique et financier. Il est également tributaire du domino hydro-alimentaire à l’origine de la destruction de tant d’habitats naturels. Enfin, il est gravement impacté par le domino climatique.

Fermez les yeux et imaginez 30 secondes notre monde actuel sans abeilles, sans papillons, sans verres de terre, sans baleines, ces espèces indispensables à la vie, mais aussi sans ours polaires, sans éléphants, sans lions, sans tigres, sans orangs outans et sans gorilles (nos cousins avec les chimpanzés dans la famille des Grands Singes), sans girafes, sans rhinocéros, sans pandas, sans requins, sans thons rouges, sans soles, sans saumons sauvages, sans cabillauds, sans Amazonie… et sans phytoplancton… donc sans oxygène… Ça y est ? Voilà, vous avez une idée un peu plus précise de notre avenir.

Jusqu’ici tout va bien… c’est une véritable catastrophe, l’effondrement biologique est déjà bien entamé !

La croissance est une arme de destruction massive du vivant !

Cette croissance effrénée, symbole du capitalisme triomphant, qui fut propulsée par le miracle économique des Trente Glorieuses, est aussi toxique pour la vie sur Terre que pour l’emploi.
Oui, la croissance infinie est à l’origine de la destruction de la planète, de la disparition de ses ressources, notamment énergétiques, et représente un danger absolu pour la biodiversité et donc l’humanité. Une croissance infinie dans un monde fini est une pure folie. Ce mythe complètement irrationnel fut formidablement dynamisé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les Trente Glorieuses furent synonymes de plein emploi et d’explosion de la consommation de biens et de services, boostée par l’or noir qui coulait à flots. Après la « privation » – ou plutôt le rationnement subi, mais réellement soutenable – de la guerre, le contexte était particulièrement favorable à l’ouverture en très très grand des vannes de l’hyperconsommation. Le nouveau récit avait tout pour séduire et devenir très rapidement dominant. Promue par le puissant triptyque Hollywood – publicité – médias, la vie idéale, synonyme de bonheur garanti et de réussite sociale valorisante, consistait à réunir une série de conditions qu’il suffisait d’additionner : être marié·e, avoir des enfants, une grande maison, une belle voiture, un chien (ou un chat), une TV trônant au milieu du salon, un tourne disque, un frigo et un four dans la cuisine, une piscine et un barbecue dans le jardin. Fondée sur 3 piliers diaboliques – la pub pour susciter l’envie, le crédit pour autoriser les rêves les plus fous et l’obsolescence programmée pour faire tourner la machine à plein régime, l’escalade matérielle était lancée et rien ne pourrait l’arrêter. Le message marketing était simple, pour être plus heureux il fallait posséder toujours plus et s’équiper de tous les nouveaux appareils qui allaient nous libérer du temps et rendre notre vie absolument formidable. À l’équipement domestique de base, se sont ajouté·e·s par la suite au fil des années les incontournables chaîne hi-fi, lave-vaisselle, lave-linge, sèche-linge, aspirateur à sac puis sans sac, grille-pain, machine à café à grains puis à capsules, four à micro-ondes, appareil à raclette puis pierrade, ordinateur, console de jeux vidéo, walkman puis lecteur mp3, télé à écran plat remplaçant le vieux poste à tube cathodique, téléphone portable puis smartphone, tablette, enceinte connectée… sans oublier bien entendu de se divertir un maximum le WE (cinéma, shopping…) et pendant les congés de partir toujours plus loin, toujours plus vite, toujours moins cher.
Mais, cette fulgurante accélération du modèle des 3C – Croissance, Compétition, Consommation – fut terriblement toxique pour notre planète et l’ensemble de ses habitants. Nous avons alors commencé à épuiser la Terre en la considérant comme un gisement de ressources. Comme le dit si bien Pierre Rabhi dans son livre Vers la sobriété heureuse (Collection Babel, Éditions Actes Sud – 2010) :
« D’une civilisation de ressources aux fins d’assouvir des besoins légitimes, liées aux nécessités indispensables à l’existence, on est passé à une pulsion irrépressible de posséder. […] À la terre comme lieu de vie succède la terre comme gisement de ressources minérales, végétales et animales, à piller sans modération, tandis que le contexte naturel, à savoir l’écosystème planétaire tout entier, nous inviterait plutôt à une régulation de nos besoins, à une économie véritable mise au service de l’humain, dans le respect du vivant. »

Les livres incontournables

Vivant

Collectif

La Relève et La Peste – 2020

Carnage

Jean-Marc Gancille

Rue de l’échiquier – 2020

Écrivons ensemble un nouveau…

Jean-Christophe Anna

L’Archipel du Vivant – 2021

Animal

Collectif

La Relève et La Peste – 2020

La Terre vue du coeur

Hubert Reeves et Frédéric Lenoir

Seuil – 2019

Urgence ! Si l’océan meurt…

Paul Watson

Glénat – 2016

Manières d’être vivant

Baptiste Morizot

Actes Sud – 2020

Raviver les braises du vivant

Baptiste Morizot

Actes Sud – 2020

Les vidéos à voir absolument !

Rapport Planète Vivante 2020: Rétablissons l’équilibre

WWF France – 10 septembre 2020

La Terre vue du Coeur – Bande annonce

Masion4tiers – 28 mars 2018

Le cri d’alarme d’Hubert Reeves: « Nous sommes en train de vivre un anéantissement biologique »

RTBF – 24 février 2018

Les graines de Vandana Shiva – Bande Annonce

The Seeds of Vandana Shiva – 20 mai 2021

Une visite guidée de la nature avec Robin Wall Kimmerer

The Commons KU – 25 mars 2021

Le discours engagé de Joaquin Phoenix aux Oscars

Canal+ Cinémas – 10 février 2020

Surpêche : va-t-on vider les océans ? Lamya Essemlali (Sea Shepherd)

Green Letter Club – 15 avril 2020

Animaux : ont-ils des émotions complexes ? Pauline Delahaye

Green Letter Club – 22 juin 2021

Paul Watson : Plongée en eaux troubles

Thinkerview – 29 septembre 2016

Intelligence animale : en finir avec la hiérarchie – Emmanuelle Pouydebat

Cité des Sciences et de l’Industrie – 13 août 2019

Biodiversité : Vers une 6ème extinction de masse ? Bruno David

Green Letter Club – 3 mars 2021

L’être humain est-il condamné à tout détruire ? Jean-Marc Gancille

Demos Kratos – 8 octobre 2020

Pour aller plus loin…

D’autres fiches pédagogiques susceptibles de vous intéresser !

Antispécisme & Véganisme

Biocentrisme

Penser le vivant

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D’autres ressources utiles pour poursuivre la réflexion et passer à l’action.

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Écovillages, villages engagés vers l’autonomie, ZAD, fermes bio, ressourceries, monnaies alternatives…

Médiathèque

Livres, guides pratiques, magazines, médias online, documentaires, films, chaines YouTube, podcasts, séries…

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