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FICHE PÉDAGOGIQUE

LOW TECH

par Greg (Membre d’Extinction Rebellion) & Jean-Christophe Anna

La technologie ne nous sauvera pas. L'avenir sera Low Tech !

 

Il est grand temps de déconstruire notre technofolie !

Les interrupteurs pour éteindre la lumière de votre maison sont trop loin ? Créons une enceinte connectée pour tout piloter par la voix !
Les voitures thermiques polluent trop ? Remplaçons-les par des voitures propres !

Le climat se réchauffe trop vite ? Modifions-le en pulvérisant des particules de soufre dans le ciel ou des particules de fer dans les océans !
Les humains ne sont pas fiables et pas suffisamment disciplinés, éduqués ? Traçons-les, (vidéo)surveillons-les partout, tout le temps et… notons-les !

Nos cartes d’abonnement aux transports et nos badges d’accès à nos bureaux peuvent se perdre ? Greffons-nous des puces sous la peau !
Nos capacités intellectuelles sont trop limitées ? Pluggons des microprocesseurs dans nos boites crâniennes pour augmenter notre intelligence !

La vie humaine est trop courte ? Tuons la mort ! Ou… rendons la vie éternelle et imatérielle en transférant notre esprit dans une IA !
Les abeilles disparaissent ? Fabriquons des mini drones pour polliniser les plantes !

Nous avons épuisé toutes les sources d’énergie sur Terre ? Puisons celles qui se trouvent sur les météorites !
La Terre sera bientôt inhabitable ? Installons-nous sur Mars ! Ou… partons à la conquête de l’univers !

À chaque problème, nous avons toujours une solution technologique ! Magique ?
Non, dramatique !

 

High-Tech ? Game Over !

Toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort… versl’infini et au-delà ?
NON : Toujours plus loin, toujours plus fou, toujours plus con… vers l’infini et l’au-delà !

Nous avons gravement endommagé notre seule et unique maison, la Terre, mis en danger de mort bon nombre de ses habitant·e·s et épuisé la quasi-totalité de nos sources d’énergie. Et pourtant, nous imaginons encore un futur à la recette « explosive » : un concentré de robotique, une touche de data science, un zest de blockchain, une pincée de 5G, un soupçon de deep learning, une pointe d’informatique quantique et une bonne dose d’algorithmes et d’objets connectés tous plus inutiles les uns que les autres ! Et pourtant, nous fantasmons encore sur la vie éternelle et l’intelligence artificielle ! Et pourtant nous rêvons encore de nous installer sur Mars ou de conquérir l’Univers !

Notre connerie est décidément infinie. Il est temps de mettre fin à la dissonance cognitive et de cesser notre hallucination collective. La partie est bel et bien terminée.

Il ne nous reste plus qu’à accepter enfin collectivement que la croissance infinie est parfaitement insoutenable dans un monde aux ressources finies. À admettre que tout découplage entre économie et écologie, entre la poursuite d’une croissance « verte » et une réduction de notre empreinte écologique – et donc une décroissance de notre consommation énergétique –, est impossible. Et à reconnaitre que notre dépendance à l’or noir est absolue ! Nous pourrons alors dire adieu aux voitures et aux camions, aux avions et aux hélicoptères, aux cargos et aux paquebots, aux tracteurs et aux machines agricoles, aux énergies renouvelables comme aux énergies fossiles, au web, aux médias sociaux, aux messageries instantanées, aux applis mobiles, aux ordinateurs, aux smartphones, aux objets connectés, aux enceintes intelligentes, à la 5G, aux véhicules autonomes et aux villes intelligentes, mais aussi à nos délires spatiaux et enfin à l’IA forte, l’hybridation humain-machine, la vie éternelle et l’informatique quantique ! Si nous n’en sommes pas capables, la probable fin prématurée d’internet (Explosion des datas et saturation des tuyaux, épuisement des métaux rares, empreinte écologique non-soutenable) et/ou la finitude des ressources, et notamment celle de l’or noir qui conditionne celle de toutes les autres – sans pétrole ni extraction, ni transport –, nous contraindra dans un (très) proche avenir à nous débrouiller sans technologie. La mort de la technologie pourrait même survenir encore plus vite dans l’hypo- thèse d’une entrée dans la phase finale de l’effondrement avant 2025.
 

L’avenir sera Low-Tech, utile, accessible et durable, et non High- Tech, inutile, inaccessible et non soutenable !

« Plutôt que de s’enfoncer toujours plus loin dans l’impasse des high-tech, si nous faisions le choix d’être la première low-tech nation ? La France, pour peu qu’elle prenne ce virage radical et ambitieux, pourrait devenir la vitrine exemplaire de cette indispensable révolution. » Philippe Bihouix – Start-up nation ? Non, low-tech nation ! – Hors-série Socialter L’Avenir sera Low-Tech – Mai-Juin 2019

Allo, Manu ?

Si éviter l’effondrement n’est plus possible, en réduire l’impact, amortir la violence du choc, l’est encore.

Pour y parvenir, nous aurons bien besoin de cerveaux agiles, d’énergie humaine et d’intelligence collective. Stoppons le gâchis de les consacrer à autant de projets mégalos, fous et délirants !

 

(Source : Le Climat n’est pas le bon combat ! – Utopie bornée, la transition est morte – Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant)

Low Tech ?

Le concept de «Low Tech» s’est développé depuis les années soixante-dix sur une pensée critique de la haute technologie et des dérives du système industriel. Technologies « douces » ou « intermédiaires », « libératrices » ou encore « démocratiques », autant de qualificatifs proposés ces dernières décennies par différents auteurs et scientifiques pour penser une catégorie de technologies et de techniques visant à donner un autre sens à l’innovation.

Si le terme apparaît dans les années 1970, les technologies low tech ont toujours existé. La période pré-industrielle est une bonne illustration de ces pratiques, période pendant laquelle la norme est plutôt l’artisanat et l’utilisation de matériaux naturellement recyclables, biodégradables, abondants et surtout non polluants :  la terre, la paille, la pierre, la laine, le bois, les moulins à vent ou à eau et la traction animale.

Aujourd’hui, il n’existe pas une seule définition, ni un ensemble de critères permettant de dresser une frontière entre des pratiques qui seraient low tech ou non.
La Low Tech est davantage une démarche visant à créer des technologies qui se veulent sobres, modulaires, réparables, économes en ressources et en énergie, accessibles, et adaptées au contextes locaux. Ces technologies ont pour objectif de pouvoir être comprises, appropriées, et modifiées par leurs utilisateurs afin de favoriser l’autonomie individuelle et collective. Ainsi loin de constituer un retour en arrière, elles sont au contraire un moyen d’améliorer les conditions de vie humaine, en prenant en compte les contraintes physiques de notre monde. À cette fin, les connaissances techniques et scientifiques les plus récentes sont mobilisées, au côté des savoirs locaux et traditionnels.

Ainsi, cette démarche low tech n’est pas seulement technologique, elle est systémique et vise à remettre en cause les modèles économiques, organisationnels, sociaux et culturels.

Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Low-tech ; https://www.gauthierroussilhe.com/fr/posts/une-erreur-de-tech

Notre Kit Vivre Low Tech

Formations Low Tech

La définition du Low-Tech Lab !

« Au Low-tech Lab, nous employons le terme low-tech pour qualifier des objets, des systèmes, des techniques, des services, des savoir-faire, des pratiques, des modes de vie et même des courants de pensée, qui intègrent la technologie selon trois grands principes : »

UTILE
« Une low-tech répond à des besoins essentiels à l’individu ou au collectif. Elle contribue à rendre possible des modes de vie, de production et de consommation sains et pertinents pour tous dans des domaines aussi variés que l’énergie, l’alimentation, l’eau, la gestion des déchets, les matériaux, l’habitat, les transports, l’hygiène ou encore la santé. En incitant à revenir à l’essentiel, elle redonne du sens à l’action. »

ACCESSIBLE
« La low-tech doit être appropriable par le plus grand nombre. Elle doit donc pouvoir être fabriquée et/ou réparée localement, ses principes de fonctionnement doivent pouvoir être appréhendés simplement et son coût adapté à une large part de la population. Elle favorise ainsi une plus grande autonomie des populations à tous les niveaux, ainsi qu’une meilleure répartition de la valeur ou du travail. »

DURABLE
« Éco-conçue, résiliente, robuste, réparable, recyclable, agile, fonctionnelle : la low-tech invite à réfléchir et optimiser les impacts tant écologiques que sociaux ou sociétaux liés au recours à la technique et ce, à toutes les étapes de son cycle de vie (de la conception, production, usage, fin de vie), même si cela implique parfois, de recourir à moins de technique, et plus de partage ou de collaboration ! »

Les tutos du Low-Tech Lab

La Low Tech en pratique

Toutes les pratiques pré-industrielles n’ont pas disparues avec l’avènement des sources d’énergie fossiles et de l’industrie lourde. Concrètement, la philosophie low-tech est toujours présente dans la vie quotidienne, de manière parfois inconsciente. Se déplacer en vélo ou réparer soi-même ses appareils au lieu de les jeter correspondent à la philosophie low-tech.

Aujourd’hui, la Low-Tech se développe sur différents niveaux :

– au niveau individuel, la low-tech se rapproche de ce qu’on appelle communément “la bidouille”, le système D ou en anglais le “Do It Yourself” (DIY). Réparer ses objets, les transformer pour changer de mode d’alimentation énergétique, pour en améliorer l’efficacité ou pour en changer radicalement l’utilité, sont des pratiques qui se répandent de plus en plus en particulier grâce au partage de plans et tutoriels libres. Le Low-Tech Lab, premier porte parole de la philosophie low-tech, réunit plusieurs dizaines de tutoriels et d’astuces de construction sur sa plateforme collaborative ;

– la low-tech s’illustre aussi à un niveau professionnel à travers des initatives comme l’Atelier Paysan, qui propose des outils adaptés aux problématiques agricoles ainsi que des formations visant à accroitre l’autonomie des paysans. S’inscrivant dans une logique de mise en valeur de l’artisanat et des savoir-faire locaux, la low-tech peut générer une large collection d’activités humaines réalisatrices ;

– enfin, la low-tech se pense aussi à l’échelle de l’industrie lourde. Loin de retomber dans une vision productiviste, des réflexions émergent sur l’utilisation des infrastructures des usines industrielles existantes afin de bénéficier de certains effets d’échelles dans une logique du suffisant et de partage des savoir-faire.

La communauté Low-Tech se renforce d’années en années tout comme les ateliers partagés, fab-lab et repair café grâce à la volonté des individus à comprendre les outils qu’ils et elles utilisent et les auto-construire ainsi qu’à une prise de conscience de la crise écologique actuelle et des limites planètaires. Depuis 2019, les associations “Ingénieures Engagées” et “OseOns” organisent la Semaine des Alternatives Low-Tech (SALT), une semaine où constructices chevronées et bidouilleurs du dimanche se rencontrent pour partager leurs connaissances, apprendre et renforcer cette communauté.

Une philosophie qui questionne notre modèle de société

Au delà des outils et des techniques, la Low Tech est surtout une philosophie qui interroge nos besoins individuels et collectifs. À ce titre, il est important de différencier les low-tech  des “green tech”, “social tech” ou autres nouvelles marques qui poursuivent l’idée d’une croissance économique illimitée.

Des pratiques qui favorisent l'autonomie et la démocratie

Il serait faux de voir dans la démarche low tech une simple volonté d’économie de matières premières ou d’énergie. En effet, alors que les high tech cherchent à améliorer l’efficacité énergétique de l’industrie à travers la complexification des systèmes et des chaînes de production, les low tech visent plutôt à réduire l’utilisation de ressources tout en simplifiant les processus dans le but d’augmenter l’autonomie des utilisateurs et utilisatrices. La démarche low tech s’inscrit ainsi dans une démarche d’amélioration des libertés individuelles et collectives et de la démocratie. 

Les acteurs des Low Tech en France

Le Low-tech Lab

Notre vision

Le Low-tech Lab croit au pouvoir de l’innovation utile, accessible et durable pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain : les low-tech offrent à tous et partout, les moyens de répondre à ses besoins dans le respect des Humains et de la Planète !

Ainsi, l’exploration de ces questions est essentielle pour le Low-tech Lab :

  • Comment donner l’envie et les moyens au plus grand nombre d’un mode de vie sobre, en harmonie avec l’environnement ?
  • Comment consommer, produire et créer de manière simple et responsable ?
  • Comment faire des choix technologiques adaptés et appropriés qui contribuent à un monde où chacun peut être acteur ?
  • Comment faciliter et contribuer concrètement au changement, à la transition sociétale et à un progrès orienté à l’échelle des individus et des communautés ?

Nos actions

Le Low-tech Lab s’est donné pour mission de partager les solutions et l’esprit low-tech au plus grand nombre, afin de permettre à chacun de répondre à ses besoins de base de manière autonome et durable. Depuis 2013, plus de 50 technologies ont ainsi été repérées, testées, documentées et diffusées en open-source via notre plateforme collaborative.

 

Plus d’infos : https://lowtechlab.org  

Low-tech Skol

Des technicien·ne·s pour accélérer le changement de modèle

La Low-tech Skol forme des Technicien·ne·s Low Tech – Agent·e·s d’Economie Circulaire pour aider les entreprises à passer du modèle actuel à un modèle low-tech. Il s’agira de personnes polyvalentes, employables dans tout type de secteur, et capables d’apporter et de mettre en œuvre en entreprise des idées simples et efficaces pour générer des économies. Ce changement étant important, on peut imaginer que certaines entreprises veuillent s’y engager progressivement. C’est pourquoi la formation que les techniciens recevront permettra de couvrir un large spectre de problématiques techniques en entreprise de sorte que ces profils soient employables sur nombre d’autres postes.

Cette présentation est directement issue de la présentation officielle sur le site web https://lowtechskol.org.

Les livres, romans et magazines incontournables

L’âge des low tech

Philippe Bihouix

Seuil – 2014

Nomade des Mers

Corentin de Chatelperon

arte Éditions et E/P/A- 2018

Savoir Revivre

Jacques Massacrier

Éditions du Devin – 2020

Small is beautiful (version française)

Ernst Friedrich Schumacher

Seuil – 1979

Small is beautiful (version anglaise)

Ernst Friedrich Schumacher

Harpercollins- 1978

Au-delà de la rareté

Murray Bookchin

Écosociété- 2016 (1ère parution 1976)

Écotopia

Ernest Callenbach

Rue de l’échiquier – 2018 (1ère parution 1975)

Entropia

Samuel Alexander

Libre & Solidaire – 2017

Low tech ? Wild tech !

E. Grimaud, D. Vidal & Y-P. Tastevin

Éditions EHESS- 2017

L’avenir sera low-tech

Hors-série n°6

Socialter – 2019

Pour aller plus loin…

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Écologie

Permaculture

Démocratie

Résilience

D’autres ressources utiles pour poursuivre la réflexion et passer à l’action.

Annuaires

Écovillages, villages engagés vers l’autonomie, ZAD, fermes bio, ressourceries, monnaies alternatives…

Médiathèque

Livres, guides pratiques, magazines, médias online, documentaires, films, chaines YouTube, podcasts, séries…

Kits

Résilience alimentaire, sobriété énergétique, purification de l’eau, low-tech, stocks, plantes médicinales, secourisme…

Formations

Permaculture, botanique, art de vie sauvage, orientation, construction naturelle, communication bienveillante… 

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