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FICHE PÉDAGOGIQUE

EFFONDREMENT

par Jean-Christophe Anna

Effondrement ?

 

Effondrement… de quoi s’agit-il au juste ? 

Si ce terme puissant est particulièrement bien choisi, tant par sa radicalité que par sa brutalité, encore convient-il de bien comprendre quelle réalité il revêt au juste. Voilà une excellente occasion de découvrir les différentes représentations et définitions dont il fait l’objet.

 

Effondrement… où va-t-il avoir lieu exactement ?

L’effondrement va-t-il toucher tous les pays, l’ensemble de l’humanité, ou seulement certaines zones géographiques, le sud pauvre et prochainement invivable plutôt que le nord riche et moins (immédiatement) exposé au réchauffement climatique ?

 

Effondrement… c’est pour quand ? 

2020, 2025, 2030, 2050… ? Est-il possible de nous risquer au jeu des pronostics ? Mais, au fait, de quel effondrement parle-t-on au juste ? Aurait-il déjà commencé ? Si oui, à partir de quel moment notre espèce a-t-elle commencé à jouer dangereusement avec le feu ?

 

(Source principale de cette fiche pédagogique : Le Climat n’est pas le bon combat ! – Utopie bornée, la transition est morte – Jean-Christophe Anna – L’Archipel du Vivant)

L’effondrement, c’est quoi ?

Fin du monde en mode cinématographique ? Apocalypse cataclysmique en mode biblique ? Simple hypothèse défendue par des hurluberlus cyniques ?

L’effondrement, le vrai, pas le fantasmé, ne correspond à aucun de ces trois clichés, bien souvent entretenus et véhiculés par Hollywood, les médias et les fous·folles qui tentent de le discréditer.

Unique car global et mondial ou multiple et local ? Processus déjà ou non encore entamé ?

Voici 4 définitions des principaux experts français du sujet.

« Appelons « effondrement » de la société mondialisée contemporaine le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, mobilité, sécurité) ne sont plus satisfaits pour une majorité de la population par des services encadrés par la loi. Ce processus concerne tous les pays et tous les domaines des activités humaines, individuelles et collectives ; c’est un effondrement systémique mondial. » Yves Cochet – Devant l’effondrement – Essai de collapsologie – Les Liens qui Libèrent, Septembre 2019

« Nous envisageons l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle (ou même plus) comme un processus géographiquement hétérogène qui a déjà commencé, mais n’a pas encore atteint sa phase la plus critique, et qui se prolongera sur une durée indéterminée. C’est à la fois lointain et proche, lent et rapide, graduel et brutal. Cela ne concerne pas seulement les événements naturels, mais aussi (et surtout) des chocs politiques, économiques et sociaux, ainsi que des événements d’ordre psychologique (comme des basculements de conscience collective). » Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle – Une autre fin du monde est possible – Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre) – Seuil, Octobre 2018

« L’effondrement est le passage d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. Il n’y a pas un effondrement global, mais des effondrements locaux. » Arthur Keller, Remplacer les espoirs à la con par des espoirs lucides – Chaine Youtube Collapso, 5 juin 2019

« L’effondrement est le moment où les lois humaines sont remplacées par les lois naturelles de compétition, rivalité ou entraide, pour l’accès aux ressources. » Vincent Mignerot cité par Arthur Keller, Remplacer les espoirs à la con par des espoirs lucides – Chaine Youtube Collapso, 5 juin 2019

Si différentes définitions existent donc, aucune science n’est consacrée à l’effondrement pour la simple et bonne raison que le «collapse» se caractérise par sa dimension systémique, englobant l’écologie, la climatologie, la géologie, l’anthropologie, la géographie, la démographie… mais aussi l’économie, la finance, la politique, le social, le culturel, sans oublier l’énergie et la technologie ! Aussi dans Comment tout peut s’effondrer, LE livre qui a éveillé bien des consciences en France et dans les pays francophones, Pablo Servigne et Raphaël Stevens ont proposé une approche transdisciplinaire, la « collapsologie » qu’ils définissent ainsi : 
« La collapsologie est l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder. La collapsologie se présente comme un exercice transdisciplinaire faisant intervenir l’écologie, l’économie, l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, la biophysique, la biogéographie, l’agriculture, la démographie, la politique, la géopolitique, l’archéologie, l’histoire, la futurologie, la santé, le droit et l’art. Cette approche systémique s’appuie sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition, ainsi que sur des études de prospective (ex : rapport Meadows de 1972), des travaux scientifiques et diverses études. »

Certain·e·s expert·e·s se qualifient de collapsologues et reprennent le concept de collapsologie dans leurs écrits. C’est le cas notamment d’Yves Cochet et tout naturellement de Pablo Servigne. D’autres, comme Arthur Keller ou Laurent Testot, critiquent, en l’absence de tout cadre méthodologique, la pertinence de ces néologismes et préfèrent parler d’effondrisme.

Vous connaissez sans doute le célèbre Rapport Meadows The Limits to Growth rédigé à la demande du Club de Rome en 1972. Ce rapport a mis pour la première fois en évidence le risque d’effondrement de notre civilisation.

Développé par le MIT pour l’occasion, le modèle algorithmique World3 était destiné à simuler le comportement du système-monde sur 150 ans à partir de l’évolution des principaux paramètres globaux de notre civilisation : d’un côté la grande accélération des courbes exponentielles (population, nourriture, production Industrielle, production de services, pollution…) et de l’autre l’irrémédiable épuisement des ressources non renouvelables. Le résultat fut sans équivoque avec l’inéluctabilité de l’effondrement global de notre civilisation thermo-industrielle à l’horizon 2030. Le seul moyen d’éviter l’effondrement revenait, en 1972, à actionner tous les leviers en même temps…

La pertinence du Rapport Meadows a été validée à 4 reprises en 1990 et 2004 par Denis Meadows lui-même, puis en 2008 et 2012 par Graham Turner. Et à chaque fois, c’est la pire des hypothèses, celle qui nous envoie le plus rapidement vers l’abîme, la fameuse «Business as usual», qui fut vérifiée. 

L'effondrement n'est pas la fin du monde.

De l’Apocalypse biblique au calendrier Maya et des romans de science-fiction aux films catastrophes produits par Hollywood, la fin du monde est un sujet incroyablement puissant dont les humains raffolent. 

C’est sans doute parce que nous la craignons chacun·e au plus profond de notre chair, qu’elle nous excite autant lorsqu’elle fait l’objet de récits de fiction. 

C’est notre façon à nous, les humains, de l’exorciser ! D’ailleurs, comme notre prisme d’analyse du monde est pour le moins autocentré, lorsque l’on parle de la fin du monde, c’est souvent de la nôtre en tant qu’espèce dont il s’agit, soit ni plus ni moins qu’une extension collective de notre peur individuelle de la mort.

L’effondrement ne correspond ni à cette fin du monde – l’extinction de l’humanité du fait d’un événement extérieur – ni à la fin du monde appréhendée dans sa globalité, c’est-à-dire la fin de la planète, son explosion ou sa disparition. Si celle-ci finira bien par être grillée par le Soleil dans environ 5 milliards d’années, elle va tout de même avoir le temps de se remettre des immenses dégâts que nous occasionnons.

Non, l’effondrement, c’est plutôt la fin d’un monde, le nôtre, celui de notre civilisation thermo-industrielle, extractiviste-productiviste-consumériste. C’est la fin de notre société capitaliste et néolibérale dont le triple Graal est la croissance infinie, la compétition toxique et l’hyper consommation destructrice. Le tout sous perfusion carbonée. Et c’est bien cette fin du monde-là qu’a évoqué François Charon, alias Frah, le chanteur du groupe Shaka Ponk lors de sa remarquable intervention au beau milieu des Victoires de la musique, le 8 février 2019 : « C’est juste la fin du monde ! Alors, rassurez-vous, c’est pas la fin du monde ce soir, c’est la fin du monde demain. Alors peut-être qu’en faisant tout ça, en disant toutes ces choses, on va lâcher un petit malaise. Peut-être qu’on va passer pour des cons. Peut-être qu’on va torpiller notre carrière ce soir en direct sur France 2. Et ben c’est pas grave. C’est pas grave parce qu’on est tous des cons. Et c’est parce qu’on est tous des cons, que c’est la fin du monde. Vous n’êtes pas d’accord avec ça ? Je sais la fin du monde c’est assez rigolo, les artistes adorent la fin du monde parce que c’est un grand spectacle, il y a des explosions, il y a des feux d’artifice, il y a des effets spéciaux, c’est grandiloquent, c’est comme un moment fabuleux, donc on kiffe la fin du monde. Mais le jour où ça va vraiment arriver, on va tous chier dans notre froc, sincèrement. Et puis on va pleurer. On va pleurer, parce qu’on aura peur et on va pleurer surtout parce qu’on savait que la fin du monde, ben c’était demain. Et ça vous êtes d’accord avec moi. Je le sais. Ce qui est très paradoxal, c’est qu’on a tous le pouvoir d’empêcher la fin du monde, c’est un pouvoir qu’on a, mais qu’on a oublié. … Car c’est un fait établi, si nous continuons tous à faire comme tout le monde sur cette planète, il n’y aura bientôt plus personne pour faire quoi que ce soit. »  

L'effondrement a-t-il déjà commencé ?

Il y a deux façons de répondre à cette épineuse question : oui ou non ! 

OUI, si l’on considère l’altération des conditions d’habitabilité de notre planète et les paramètres essentiels à la poursuite du fonctionnement de notre civilisation thermo-industrielle. L’effondrement peut alors être vu comme un long processus (à l’échelle humaine) qui a déjà commencé : anéantissement de la biodiversité, épuisement des ressources, réchauffement climatique…
C’est le parti pris de la définition donnée par Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle dans leur livre Une autre fin du monde est possible – Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre) : « Nous envisageons l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle (ou même plus) comme un processus géographiquement hétérogène qui a déjà commencé, mais n’a pas encore atteint sa phase la plus critique, et qui se prolongera sur une durée indéterminée. C’est à la fois lointain et proche, lent et rapide, graduel et brutal. Cela ne concerne pas seulement les événements naturels, mais aussi (et surtout) des chocs politiques, économiques et sociaux, ainsi que des événements d’ordre psychologique (comme des basculements de conscience collective). » 
Si l’on adopte cette analyse, il est alors légitime de se demander quand il a bien pu commencer. La réponse la plus spontanée, la plus évidente, semble être la révolution industrielle, à la moitié du XIXème siècle, lorsque notre emprise sur la Terre et notre impact sur la vie ont pris une dimension, explosive et maladive, destructrice et exterminatrice, cruelle et criminelle. Mais, certain·e·s estiment que l’espèce humaine a toujours été colonisatrice et (auto)destructrice et ce dès le début de sa folle épopée, lors de sa seconde sortie d’Afrique, celle qui fut conquérante et « victorieuse » il y a 70 000 ans. Comme le révèlent en effet Laurent Testot et Yuval Noah Harrari, Sapiens a toujours systématiquement anéanti – directement ou indirectement – toute menace potentielle : ses cousins hominidés (homo neanderthalensis, homo denisovensis, homo floresiensis) et la macro-faune, les mammifères plus grands et plus gros que lui. 

NON, si l’on considère que notre civilisation thermo-industrielle continue encore, pour l’instant, de fonctionner. Dans son dernier livre, Devant l’effondrement – Essai de collapsologie, Yves Cochet préfère ainsi distinguer clairement « la dégradation continue et perceptible des milieux naturels depuis, disons, deux siècles » d’origine anthropique et « l’événement de rupture assez rapide que constituera l’effondrement systémique mondial ».

Et si nous envisagions un mix des deux ! Ainsi, l’effondrement global a bel et bien déjà commencé pour les raisons que nous avons évoquées, mais il n’est pas encore entré dans sa phase terminale, ultime, réellement palpable globalement. Il n’a pas encore atteint son point de non-retour. À moins que… notre ami SARS-CoV2 avec la panique planétaire qu’il a générée et les immenses dommages collatéraux qu’il va entraîner – ne constitue justement le fameux point de bascule.

L’effondrement n’est pas un événement cataclysmique unique.

Météorite fonçant tout droit vers la Terre, invasion extraterrestre à visée destructrice, hordes de zombies nous traquant pour s’abreuver de notre sang, grands singes nous réduisant au rang d’esclaves, machines nous exploitant comme des sources d’énergie, virus mortels se répandant à la surface du globe à la vitesse de la lumière… notre créativité n’a absolument aucune limite lorsqu’il s’agit d’imaginer la disparition de notre propre espèce. 

L’effondrement est davantage un processus plus ou moins rapide. C’est aussi la conséquence de notre entreprise collective de destruction massive et non le résultat d’un événement cataclysmique totalement extérieur à nos activités humaines.

« Par « effondrement », j’entends une simplification drastique de la société, une relocalisation, une redistribution des responsabilités et des compétences. L’effondrement n’est pas un évènement ponctuel, c’est un processus qui est déjà enclenché et qui peut s’accélérer à peu près n’importe quand. Une telle accélération prendra une infinité de géométries en fonction du moment et du lieu, il est donc inepte de chercher à en faire des prévisions détaillées ; par contre, d’une manière ou d’une autre elle débouchera sur une situation nouvelle, d’autant plus précaire qu’on ne l’aura pas anticipée, dans laquelle la satisfaction des besoins élémentaires des populations (eau, alimentation, énergie, mobilité, communications, logement, sécurité…) ne sera plus assurée par les dispositifs publics ou privés dont toutes nos existences dépendent aujourd’hui. » Arthur Keller – Passerelle Éco, 22 mai 2018

L'effondrement est désormais une certitude... inévitable !

Pablo Servigne, a longtemps pris des précautions pour indiquer que si rien ne permettait de nier la possibilité d’un effondrement, rien ne prouvait non plus qu’il était certain. Depuis peu, il s’est résolu à reconnaitre que c’était désormais pour lui une certitude : « La pensée scientifique d’un « possible effondrement » a nourri chez certains (dont moi) l’intuition qu’un effondrement futur était plutôt une certitude. »1 

D’autres comme Yves Cochet, affichent publiquement la même certitude. Car, il faut bien l’avouer, le faisceau d’indices est tel qu’il est difficilement imaginable lorsque l’on s’intéresse un peu à la question d’envisager que l’effondrement n’ait pas lieu. Surtout lorsque l’on estime comme moi qu’il a clairement commencé. Difficile d’éviter un processus déjà entamé, non ? Alors, est-il possible néanmoins d’en éviter la phase finale, la plus impactante et potentiellement chaotique ? À moins d’une intervention extraterrestre ou divine, c’est tout bonnement impossible. L’effondrement est inéluctable !

L’effondrement, où ?

Quelques pays sont déjà considérés par certain·e·s expert·e·s comme effondrés (Zimbabwe, Syrie, Yémen, Venezuela…) et d’autres sont en passe de l’être (Argentine, Liban, Algérie…). Déjà initié dans sa dimension temporelle (quand ?), l’effondrement a donc également débuté dans sa dimension spatiale (où ?). 

Reste donc à déterminer la territorialité de l’effondrement, son étendue géographique. Sera-t-il multi-local comme le pense Arthur Keller – il parle d’effondrements au pluriel – ou mondial comme l’imagine Yves Cochet qui évoque l’effondrement au singulier ? Injuste en ne touchant que les pays du sud ou global en touchant les deux hémisphères ? Cruel en ne concernant que les plus pauvres ou également intraitable à l’égard des plus riches ? 

Première hypothèse : des effondrements locaux.

Comme l’effondrement ne correspond pas à un événement apocalyptique ponctuel, il n’est donc pas anormal que le long processus engagé ne se déroule pas forcément partout à la même vitesse. Ni que la phase finale ne soit déclenchée par la même étincelle aux quatre coins du globe, ni encore qu’elle ne se déroule rigoureusement de la même manière sur chaque continent, dans chaque pays ou même au sein des différents territoires d’un même État. Il est possible que l’effondrement global soit ainsi protéiforme ou même, comme le dit Arthur Keller, qu’il n’y ait non pas un effondrement global, mais des effondrements locaux. 

 

« L’effondrement est le passage d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. Il n’y a pas un effondrement global, mais des effondrements locaux. » Arthur Keller, Remplacer les espoirs à la con par des espoirs lucides – Chaine Youtube Collapso, 5 juin 2019

 

Dans une telle hypothèse – celle d’effondrements au pluriel – l’hémisphère sud pourrait être affecté plus tôt et plus gravement que l’hémisphère nord.

 

Historiquement, le nord a pillé et exploité les ressources et les humains du sud, du colonialisme à la mondialisation, au bénéfice de son confort de vie exagérément insoutenable. À force de tirer sur la corde, lorsqu’elle rompt c’est malheureusement les exploité·e·s qui en subissent les dégâts avant les exploitant·e·s, que nous pourrions plus justement qualifier de « tortionnaires ». Les premières victimes sont donc déjà des habitant·e·s des pays de l’hémisphère sud et malheureusement cette cruelle inégalité va nécessairement se poursuivre les prochaines années. Ne serait-ce que sur le plan climatique où les pays du sud sont exposés plus immédiatement au réchauffement, à la sécheresse et au stress hydrique que les pays du nord. Pour ne rien arranger, les pays du sud sont également les plus concernés par les conflits. Et c’est bien entendu loin d’être le fruit du hasard. Droit des peuples à l’autodétermination ? Défense des droits de l’homme ? Soutien à la démocratie ? Cessons de croire les prétendues bonnes intentions présentées par les pays du nord pour légitimer leurs interventions militaires dans les pays du sud. Il n’y a qu’une seule et unique règle qui vaille : les pays « pauvres » et « sous-développés »* détiennent les ressources les plus convoitées par l’avidité sans limites des pays « riches » et « développés ». Les conflits ont toujours une origine énergétique. Les réfugié·e·s politiques et/ou économiques, qui sont donc en réalité des victimes « énergétiques », précèdent les futur·e·s migrant·e·s climatiques. 

 

« J’ai intégré le service de sécurité du Président, j’y suis resté 9 ans et j’ai claqué la porte en 2011 au déclenchement de la guerre en Lybie. J’assume complètement. Cela m’a valu plein d’emmerdes, mais je considérais que mon pays, parce que je suis petit fils de résistant aussi, c’était pas ça. C’est pas aller trouver des excuses, surtout quand on avait Kadhafi qui avait planté sa tente peu de temps avant dans le jardin de l’Élysée. J’ai demandé mon départ parce que ma conscience, ça commençait à sonner faux pour moi. J’étais plus du tout dans les valeurs que je voulais défendre de la République, donc j’ai pris un parcours assez atypique. J’étais le seul à partir comme ça. Et j’ai décidé de m’intéresser comme ça à tout ce qui faisait que politiquement on prenait de telles décisions. Je me suis aperçu, étrangement, que c’était toujours lié à l’énergie. Donc c’est des décisions très graves puisqu’on fait des guerres pour l’énergie. On fait plein de choses sous faux drapeau pour l’énergie. Et donc je pense qu’on est aujourd’hui à un stade où c’est très intéressant de voir qu’on risque de manquer d’énergie pour faire une sorte de résurrection sur ce qui va nous arriver qui est extrêmement dramatique, c’est l’effondrement. Nous ne savons pas gérer cet effondrement aujourd’hui. » Alexandre Boisson – Un ex garde du corps de présidents français inquiet de l’effondrement de notre civilisation – Chaine YouTube de Clément Montfort, 14 avril 2018

 

Même si nous n’y étions pour rien dans leurs malheurs, la solidarité la plus élémentaire devrait nous pousser naturellement à accueillir dignement nos sœurs et nos frères humains en provenance du sud. Mais là, notre si admirable « développement » est directement à l’origine des conditions qui les poussent à l’exode. Il est donc de notre devoir, de notre responsabilité même, d’accueillir à bras grands ouverts les centaines de millions de migrant·e·s qui vont venir se « réfugier » dans nos pays privilégiés. Et nous avons vraiment intérêt à le faire de bon cœur au risque de provoquer de violents conflits, qui seraient somme toute assez légitimes au vu du déséquilibre généré. Hélas, nous sommes très loin de cette digne et vitale anticipation. Nos dirigeants politiques actuels en Europe comme aux États-Unis, qui n’ont jamais eu aucune vision à moyen ou long terme, s’illustrent plutôt par des mesures de plus en plus dures en matière d’immigration et de droit d’asile…

 

« Or, on sait aujourd’hui, ce sont des chiffres officiels, pas venant d’hurluberlus alarmistes, que nous aurons entre 200 millions et 1 milliard de réfugiés climatiques dans 30 ans, pas dans 5 siècles, dans 30 ans, ce que si tout se passe bien nous allons vivre, lorsque nos enfants seront dans la force de l’âge. Que voulez-vous qu’il se passe ? Ça ne peut pas être autre chose que la guerre. Je veux dire ce n’est pas ici une sorte de fantasme catastrophiste, c’est une analyse géostratégique élémentaire. Nous sommes donc en train de décider de léguer à nos enfants un monde en guerre ! » Aurélien Barrau – Conférence Écologie et nouveau pacte avec le vivant – Climax, septembre 2018 – Darwin, Bordeaux.

 

 

 

(*) : Ces adjectifs relatifs au niveau de richesse ou de développement sont des qualificatifs uniquement économiques, selon nos standards purement arbitraires et complètement hors sol. Déversées dans nos boites crâniennes depuis notre plus jeune âge, ces formules aussi injustes que mensongères y sont logées profondément et entretiennent une vision erronée du monde. Une approche pragmatique et déconditionnée nous pousserait à remplacer d’un côté « pauvres » et « sous-développés » par « victimes » et « exploités » et de l’autre « riches » et « développés » par « égoïstes » et « destructeurs ». Je peux vous assurer que cela n’a rien de neutre dans notre rapport au monde. Pour que nos comportements évoluent sensiblement, cela commence par un changement radical des formules véhiculées par nos livres scolaires ! Le développement n’a rien de vertueux, il est purement destructeur, point. Les pays du Nord sont si « développés » qu’ils en ont perdu tout sens commun, au sens de bienveillance respectueuse des biens communs de notre si belle planète.

 

Seconde hypothèse : un effondrement global.

Il s’agit là d’un effondrement global mondial, plus rapide et plus synchronisé, aussi bien dans le temps que dans l’espace. C’est l’ensemble du système mondial qui s’effondre. L’humanité a déjà connu de nombreux effondrements, mais ceux-ci étaient cantonnés à une civilisation donnée sur un territoire géographique délimité (La chute de l’Empire romain, l’effondrement de la civilisation maya, celui de l’Ile de Pâques… La Chine quant à elle s’est déjà effondrée 5 fois durant son histoire !). Et lorsqu’une civilisation s’effondrait à un endroit, d’autres prospéraient ailleurs. Aujourd’hui, du fait de la mondialisation, il n’y a plus qu’une seule civilisation, la civilisation thermo-industrielle, très dépendante des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). 

Comme nous le verrons plus loin avec les 12 dominos de l’effondrement, plusieurs événements tels une grave crise financière et économique – la prochaine est imminente et promet d’être violente – ou une pénurie énergétique majeure – nous sommes déjà en descente énergétique – pourraient accélérer l’avènement de la phase terminale de l’effondrement. La quasi-totalité des pays du monde sont en effet aujourd’hui étroitement interdépendants financièrement, économiquement, politiquement ou énergétiquement.

Dans cette seconde hypothèse, c’est cette fois-ci plutôt les pays du nord qui pourraient être les premiers concernés, en tombant les uns après les autres. Mais les pays du sud seraient quasi immédiatement affectés par ricochet. Cette hypothèse d’un effondrement global mondial est la thèse que défend Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement et Président de l’Institut Momentum. C’est celle que je pense la plus plausible. 

« Un effondrement, je l’entends global à l’échelon donc mondial. Ça veut dire qu’aucun pays n’y échappe. Et donc on ne pourra plus avoir la possibilité quand on est un pays de faire appel à un autre pays, à l’aide internationale. Il n’y aura plus d’aide internationale. C’est un effondrement que l’on peut appeler aussi systémique, c’est-à-dire que c’est l’ensemble du système mondial, de la mondialisation qui s’effondre, qui ne fonctionne plus du tout. » Yves Cochet – NEXT – Saison 1, Épisode 5

Selon lui, cet effondrement global ou systémiquec touchera l’ensemble de la planète. Aucune zone géographique, aucun pays, aucun humain, aussi riche soit-il, n’y échappera !

« Certains alarmistes estiment que le monde va s’en tirer, mais certains privilégiés plus que d’autres. C’est l’hypothèse du capitalocène (versus anthropocène). Les riches s’en sortiront toujours en se réfugiant dans quelques isolats construits pour, dans des forteresses durables comme illustrées dans le film Soleil Vert. Derechef, je n’y crois pas un instant. Lorsqu’une infrastructure critique du système mondialisé s’écroulera (la finance ?), toutes les autres feront rapidement de même telle une cascade de dominos. Il n’y aura pas des bourgeois protégés de l’effondrement d’un côté et des prolétaires misérables de l’autre. Tout juste peut-on imaginer que certaines armées – micro-sociétés plus ou moins autonomes – dans certains pays demeurent structurées quelques semaines de plus que le reste du monde qui s’effondre. » Yves Cochet – Tribune Ne vous alarmez pas : c’est la catastrophe ! – Hors-Série Socialter Et si tout s’effondrait ?

L’effondrement, quand ?

La dimension temporelle évoquée ici correspond à la phase finale, partant du postulat que l’effondrement global a déjà commencé au niveau biologique (6ème extinction de masse), au niveau climatique (réchauffement accéléré), ou encore sur le plan hydro-alimentaire (diminution de la production agricole et/ou pénurie d’eau). S’il peut paraître impossible de répondre avec précision à cette question, l’imminence de la phase terminale de l’effondrement global semble de plus en plus proche. Comme le prédisent notamment Yves Cochet et Pablo Servigne, la décennie 2020-2030 risque fort d’être historique. D’autres (Antonio Guterres, Pierre Larrouturou) disaient fin 2017 que nous n’avions plus que 2 ou 3 ans (2020 donc) avant que le processus ne soit irréversible avec notamment le déclenchement de boucles de rétroaction qui accélèrent l’effondrement global. La DEADline pourrait donc être 2020-2022… Enfin, certain·e·s – EELV, Place Publique, l’ONU – se veulent plus rassurant·e·s en prétendant que le point de non-retour sera franchi en 2030. 

Il est bien dangereux de penser que nous avons encore 10 ans pour agir… Les mêmes fixeront 2035 lorsque nous serons en 2029 ! Plus vite l’effondrement sera intervenu, plus grandes seront nos chances de sauver la vie sur Terre, notamment en limitant de facto considérablement le réchauffement climatique. En revanche, si l’effondrement global ne devait survenir qu’en 2040 par exemple et que nous continuions d’émettre pendant encore 20 ans des quantités astronomiques de GES (Gaz à Effet de Serre), nous rendrions à coup sûr notre planète inhabitable bien avant la fin du XXIème siècle.

Depuis 2015, nous vivons une accélération vertigineuse : les dommages causés par nos activités sont toujours plus graves. Début 2020, il semblait donc assez logique de penser que nous allions vivre de profonds bouleversements dans les 5 premières années de la décennie 2020… Quelques semaines plus tard, une bonne partie du monde était confinée.

Ce n’est bien entendu qu’une intuition mais l’année 2022 résonne chez moi tout particulièrement et ce pour différentes raisons. Le Rapport Meadows fêtera alors un bien triste anniversaire : 50 ans d’inaction totale pour enrayer notre course effrénée vers la fin de notre monde. Pour l’anecdote et la coïncidence troublante, l’action du film d’anticipation Soleil Vert sorti en 1973 se déroule en… 2022. 2022, enfin, c’est aussi l’année où paraitra le dernier des 12 numéros de la merveilleuse revue Yggdrasil de Pablo Servigne, Yvan Saint-Jours et Denys Chalumeau. Voilà pourquoi, j’ai choisi cette année comme «collapse year» pour mes récits d’anticipation que vous découvrirez dans l’épilogue du tome 2. Certain·e·s expert·e·s estiment que fixer des dates est un jeu aussi hasardeux qu’inutile, susceptible de vous faire perdre toute légitimité en cas d’erreur. Je considère au contraire que cela nous permet de prendre conscience de la gravité de la situation. Et selon moi, cela nous incite plus à nous préparer – à condition de ne pas être dans le déni bien sûr – qu’à faire semblant de nous rassurer en clamant que nous avons encore 10 ans. Et pourquoi pas 30 avec les objectifs ahurissants de courage et de détermination qui fixent 2050 pour la neutralité carbone !!! Cela fait déjà 50 ans que nous ne bougeons pas alors que nous connaissons les paramètres de l’équation qui nous envoie à vitesse grand V dans le précipice. 50 ans que nous ne prenons aucune décision censée. 50 ans que nous attendons la prochaine COP, le prochain sommet ou un miracle ? 

L’expert qui se prête le plus volontiers au jeu des pronostics est indéniablement le Président de l’Institut Momentum. Pour Yves Cochet, les 3 prochaines décennies vont être les plus déterminantes de toute l’histoire de l’humanité. Voici comment il les a brièvement décrites à l’occasion de l’Entretien fleuve Cinq repas séparent la démocratie de la barbarie qu’il a accordé à Socialter (N°32 décembre 2018 – janvier 2019) : « Depuis une douzaine d’années, force est de constater que l’état de santé du système-Terre se dégrade fortement, et qu’on entre dans des rétroactions qui nous échappent : la planète est en train de passer dans une transition de phase, un saut vers l’inconnu – l’Anthropocène. Même de la géo-ingénierie massive ne pourrait pas arrêter cette course. Je pense personnellement que l’effondrement est une question de décennies. Le plus probable, le scénario qui va arriver de gré ou de force est selon moi le suivant. La décennie 2020-2030 sera la décennie de l’effondrement systémique global au sens où je l’ai décrit. Au cours des années 2030-2040, il y aura l’épisode de survie : nous serons beaucoup moins nombreux. Là, on aborde un sujet extrêmement délicat et perturbant. L’histoire nous enseigne qu’il y a trois manières d’arrêter une croissance démographique : les guerres, les famines et les épidémies. Encore une fois, le plus probable, le plus rationnel, c’est qu’on ne soit plus que 2 ou 3 milliards à cet horizon-là. Et enfin, dans les années 2050, s’il reste encore un peu de civilisation, alors on sortira peut-être de la barbarie. »

Mathématicien, co-fondateur du parti Les Verts, ministre de l’Environnement sous le gouvernement Jospin et député européen de 2011 à 2014, Yves Cochet est à des années lumières d’être un hurluberlu. Je vous invite donc à considérer cette vision des 3 prochaines décennies avec le plus grand sérieux.

Notre avenir va donc dépendre directement de l’avènement de la phase finale de l’effondrement, de sa proximité temporelle, de sa rapidité d’exécution et de diffusion au niveau mondial – sa territorialité – et de son intensité.

Empreinte écologique et Biocapacité… les 4 imaginaires de l’avenir d’Arthur Keller !

Spécialiste des limites et de la vulnérabilité des systèmes complexes et des stratégies de résilience collective, Arthur Keller expose avec brio les 4 imaginaires actuels de l’avenir dans la vidéo L’effondrement selon Arthur Keller réalisée par Clément Montfort pour sa web série NEXT. Il appuie sa démonstration sur deux concepts essentiels, indépendants de tout réchauffement climatique : l’empreinte écologique et la biocapacité. Il définit l’empreinte écologique comme « l’impact que l’humanité a sur la planète Terre » qui est est essentiellement de 3 natures : « les ressources que l’on utilise et que l’on prélève, les déchets et les pollutions que l’on rejette, et les dégradations qu’on inflige ». Quant à la biocapacité de la Terre (ou capacité bioproductive) il s’agit de « sa capacité à régénérer les ressources qu’on prélève, sa capacité à absorber les déchets et les pollutions qu’on y rejette et à réparer les dégâts qu’on inflige à la planète ».

Et forcément, empreinte écologique et biocapacité sont étroitement liées : « En réalité nous dit la dynamique des systèmes, c’est-à-dire la façon dont on étudie comment les systèmes évoluent dans le temps, ces deux composantes sont extrêmement liées. On ne peut pas avoir une empreinte écologique qui dépasse durablement la biocapacité. C’est comme si je te disais tu ne peux pas dépenser, durablement en tout cas, plus que ce que tu gagnes ou tu ne peux pas manger plus que ce qu’il y a dans le garde-manger. »

Arthur Keller explique que les ressources prélevées, les déchets et pollutions rejetées ainsi que les dégradations infligées suivent une dynamique exponentielle en s’inscrivant dans la « grande accélération ». Notre empreinte écologique part donc en exponentielle alors que notre monde est fini, sa biocapacité étant limitée. Arthur Keller a établi une typologie des 4 imaginaires de l’avenir. Il démontre comment les courbes de l’empreinte écologique et de la biocapacité vont évoluer au fil du temps en s’appuyant sur la dynamique des systèmes.

Voici ces 4 imaginaires présentés à partir de la démonstration aussi magistrale qu’implacable d’Arthur Keller : illimitiste, soutenabiliste, de découplage et effondriste.

Si la croissance se poursuit, on va dégrader très rapidement la biocapacité de la planète. Étant donné que notre empreinte écologique a dépassé la biocapacité depuis le début des années 1970, le seul imaginaire réellement réaliste est l’effondriste, celui d’une décroissance rapide inévitable, d’une grande descente énergétique et matérielle. 

L’effondrement, comment ?

LA MÉTAPHORE DE LA VOITURE

 

Pour expliquer simplement l’extraordinaire complexité de l’effondrement systémique de notre civilisation thermo-industrielle, la métaphore utilisée dans Comment tout peut s’effondrer est vraiment lumineuse.

L’accélération, c’est cette croissance infinie, totalement insoutenable dans un monde aux ressources finies. Cette croissance sans limites est une arme de destruction massive pour la planète.
Le réservoir presque à sec, c’est l’épuisement des ressources naturelles, véritables limites de notre civilisation. 
La sortie de la route, c’est le franchissement des frontières infranchissables sous peine de nous mettre gravement en danger : effondrement de la biodiversité, climat, appauvrissement des sols, bouleversement des cycles du phosphore et de l’azote, acidification des océans, épuisement des réserves d’eau douce…
La direction bloquée, c’est l’inertie absolue de nos dirigeants au niveau local, national, européen et international.
L’habitacle aussi confortable que fragile, c’est la complexité de notre civilisation : nouveau Krach financier imminent et probablement bien plus grave qu’en 2008, chaînes d’approvisionnement à flux tendu et infrastructures (transport, électricité, communication) interconnectées. Cette interdépendance provoquera des conséquences à l’échelle de la planète.

Le climat n'est pas le bon combat couverture
Le climat n'est pas le bon combat couverture

LES 12 DOMINOS DE L’EFFONDREMENT

Notre civilisation est aujourd’hui aussi complexe que fragile.

Biologique, énergétique, technologique, climatique, hydro-alimentaire, sanitaire, économique, financière, politique, sociale, culturelle, démographique… ces différentes dimensions sont telles des dominos intimement liés, étroitement imbriqués, dangereusement interconnectés. Le premier qui tombera risque fort d’entraîner avec lui tous les autres.

Difficile de déterminer d’où proviendra l’étincelle : nouveau krach boursier catastrophique, fin du pétrole, arrêt des approvisionnements, rupture des infrastructures (réseaux de transport, réseaux électriques et de communication), fin d’internet, effondrement de la biodiversité, pénurie d’eau, implosion du néolibéralisme, aggravation des crises sociales au niveau mondial, explosion de l’euro et de l’union européenne, multiplication des régimes populistes au pouvoir, migrations climatiques, épidémie mondiale, accélération du réchauffement climatique… C’est d’ailleurs parce que ces périls sont généralement appréhendés par les responsables politiques, les économistes, les journalistes… comme étant indépendants les uns des autres que l’inertie est si grande et que le risque d’effondrement de notre civilisation semble impossible pour de très nombreuses personnes.

 

LES 5 STADES DE L’EFFONDREMENT

 

Dmitry Orlov a vécu l’effondrement de l’Union Soviétique. Immigré aux États-Unis, il a su conserver, à l’instar d’un Soljenitsyne, un regard critique sur son nouveau pays et sur les sociétés occidentales en général. Il a su y déceler les prémices d’un effondrement et les faits lui donnent de plus en plus raison…
S’appuyant sur l’expérience qu’il a vécue, Dmitry Orlov théorise la fin à venir de la puissance américaine suivant autant d’étapes qui s’enchaînent logiquement :

  • Un effondrement financier : Les banques ne répondent plus, l’accès au capital est perdu et les placements financiers réduits à néant.
  • Un effondrement commercial : les magasins sont vides, les monnaies dévaluées.​
  • Un effondrement politique : le pouvoir perd toute légitimité à gouverner et n’est plus un recours.
  • Un effondrement social : les institutions sociales ne remplissent plus leur fonction de protection.
  • Un effondrement culturel, dernier stade du déclin : les gens perdent leur capacité de bienveillance, d’honnêteté, de charité.

Toutefois, si les cinq étapes peuvent se succéder, Orlov précise que le processus de délitement peut être ralenti, voire stoppé, à chaque stade si l’organisation sociale s’adapte au nouveau contexte et met en place des mesures adéquates.

 

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Les vidéos à voir absolument

EFFONDREMENT DE LA CIVILISATION (Niavlys)

Meadley des meilleures émissions de Thinkerview sur l’effondrement
Pic pétrolier, Réchauffement climatique, collapsologie…

Pourquoi tout va s’effondrer ? (4ème Singe)

Pourquoi tout va s’effondrer
Julien Wosnitza – novembre 2017

La Planète est-elle (vraiment) foutue ? (BobHop77)

David Montaner – C8 – décembre 2018

Pour aller plus loin…

D’autres fiches pédagogiques susceptibles de vous intéresser !

Écologie

Capitalisme/marxisme

(Bientôt disponible)

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Résilience

D’autres ressources utiles pour poursuivre la réflexion et passer à l’action.

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Écovillages, villages engagés vers l’autonomie, ZAD, fermes bio, ressourceries, monnaies alternatives…

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Livres, guides pratiques, magazines, médias online, documentaires, films, chaines YouTube, podcasts, séries…

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Résilience alimentaire, sobriété énergétique, purification de l’eau, low-tech, stocks, plantes médicinales, secourisme…

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Permaculture, botanique, art de vie sauvage, orientation, construction naturelle, communication bienveillante… 

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