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KIT PRATIQUE

SE DÉBRANCHER DU SYSTÈME !

par Jean-Christophe Anna

D’un rouage du Système à un électron responsable et libre… Légèreté !

Cessons d’être naïfs·ïves, nous devons désormais faire preuve de la plus grande lucidité. Autant le dire d’emblée, au risque de vous décevoir, tous les petits gestes individuels que vous pouvez faire ne suffiront jamais à inverser réellement la tendance destructrice de notre société. Et ceci pour au moins 3 raisons :

  • Pour que ces petits gestes soient vraiment impactants, il faudrait qu’ils soient réalisés par l’ensemble de la population mondiale.
  • Avant même qu’ils ne soient réalisés par l’ensemble de la population mondiale, il faudrait déjà que chaque individu les adopte tous à la fois, en dehors de tout arrangement avec sa propre conscience du style : « si j’arrête de prendre l’avion, je peux bien m’offrir une bonne côte de bœuf de temps en temps» et vice versa « comme je ne mange plus de viande, c’est pas trop grave si je pars loin en vacances » ….
  • Nous aurons beau faire tous les efforts du monde, tant que nous n’aurons pas changé de Système, la croissance infinie sera toujours la norme et toutes les activités hautement toxiques – extraction, production, transport, transformation, pollutions… – seront toujours une réalité implacable contre laquelle il est vain de lutter.

Mais… si faire sa part comme le colibri de la légende amérindienne peut donc sembler anecdotique, tant que les “vrais” pollueurs/destructeurs (les multinationales !) ne changent pas leurs habitudes ou plutôt que nous n’interdisons pas, purement et simplement, leurs activités et donc leur existence, ce n’est pas pour autant qu’il convient de ne rien faire, de ne rien changer dans nos comportements. Faisons-le simplement pour les bonnes raisons : premièrement, dans le cadre de notre révolution intérieure, pour nous sentir aligné·e, en phase avec nos convictions, afin de gagner en sérénité, en équilibre et de faire du bien, à notre petite échelle, à notre planète et au vivant qu’elle habrite ; deuxièmement, montrer l’exemple pour que nos proches et un maximum de nos relations s’y mettent à leur tour ; troisièmement, nous débrancher toujours un peu plus du Système.

Si cela ne sera pas suffisant pour révolutionner notre monde, cela nous permettra au moins de nous préparer à la phase terminale de l’effondrement. Tout changement collectif passe inévitablement par un changement individuel.

Source principale : Jean-Christophe Anna – Écrivons ensemble un nouveau récit pour sauver la vie – Utopie éclairée, la révolution est vitale ! – Éditions L’Archipel du Vivant, à paraitre (septembre-octobre 2020) 

7 actions pour un débranchement progressif !

Voici 7 actions qui changent tout dans notre relation au monde, aux autres humains, au vivant dans son ensemble ! 

Elles sont classées par ordre de difficulté/engagement/efficacité : les 2 premières sont “trop faciles” et super saines, les 2 suivantes “plus ardues” et super pratiques, les 3 dernières sont “vraiment costaud” et super efficaces. Envisagez-les comme des défis. Vous verrez, vous vous prendrez vite au jeu !

Le ton adopté ici est volontairement direct afin de vous faire profiter de mon expérience personnelle et de mes petites astuces. 😉 Jean-Christophe

Allez-y, lâchez prise et… plongez !

1. Je prends des douches plus courtes... pour économiser l'eau !

Autant commencer par-là, vu que c’est bien souvent le premier truc que nous faisons en nous levant le matin et que nous le faisons quotidiennement. C’est par là que j’ai commencé ma profonde transformation début 2017, la seule fois de ma vie où j’ai réellement mis à exécution une série de bonnes résolutions.

J’avais l’habitude de passer 15 bonnes minutes chaque jour sous la douche. Oui, j’abusais clairement. C’était l’un de mes moments préférés de la journée : réveil en douceur + détente. Et puis, début 2017 je m’y suis mis… Je suis passé à 5 minutes d’un coup. Je précise que j’ai une horloge dans ma salle de bain. Je l’ai installée pile poil en face de la douche.  J’avoue fièrement l’avoir fait sans grande difficulté. Ce tout petit sacrifice s’est vraiment fait tranquillement sans aucune rechute depuis.

Depuis quelques temps, je ne prends plus qu’une douche tous les 2 jours, soit 3 douches économisées par semaine ! Enfin, cela fait un bon moment que j’ai adopté le “pipi sous la douche” qui permet d’économiser une chasse d’eau par jour (10 litres).

Quelques chiffres :

  • Volume d’eau par minute sous la douche : environ 15 litres
  • 1 douche de 5 minutes = 75 litres (au lieu de 150 litres pour 10 minutes ou des 225 litres pour mes anciennes 15 minutes).
  • 1 bain = entre 150 et 200 litres en fonction de la taille de votre baignoire.

Il existe d’autres petites astuces pour optimiser vos économies d’eau : installer un régulateur de débit, un stop douche ou un mitigeur thermostatique.

Certaines startups ont même lancé des douches révolutionnaires (réduction du débit sans impact sur le ressenti ou récupération de l’eau perdue lors de l’ajustement de la température).

Pour réduire encore plus drastiquement notre consommation d’eau, nous devrions toutes et tous passer aux toilettes sèches. C’est quand même complètement délirant d’évacuer nos besoins dans de l’eau potable, non ? Surtout lorsque l’on sait que nos excréments sont d’excellents engrais…

Personnellement, dans ma toute nouvelle “collaps’home” (une tiny house minimaliste sans électricité, ni électroménager) dans laquelle je vais m’installer en septembre 2020, les toilettes seront sèches et je disposerai d’un grand bac pour récupérer l’eau de pluie.

2. Je mange bio, local et de saison... pour prendre soin de ma santé et de celle de la planète !

Pour adopter une alimentation aussi saine pour vous que pour l’ensemble du vivant et la santé globale de notre planète, voici 3 principes simples et cumulatifs :

1. Bio : inutile de vous faire un dessin (enfin j’espère), des produits sans intrants chimiques (pesticides, insecticides, fongicides… autrement dit sans glyphosate / roundup de Monsanto).

2. Local : forcément, si vos fruits et légumes (et tout le reste) proviennent de votre région, l’énergie et donc l’essence dépensées pour leur acheminement est moindre. Logique ! 

3. De saison : avec nos habitudes de consommation mondialisée, nous en aurions presque oublié que chaque produit de la nature a une saisonnalité dans l’année. C’est ce qui fait aussi le charme de l’alternance.

Mais, attendez un peu, local et de saison… cela signifie du coup la fin de la consommation de mangues, d’ananas et autres bananes. Et oui !

Si cumuler ces 3 préceptes (bio, local et de saison) relève du pur bon sens, la tâche n’est pas toujours aussi aisée. Il ne suffit pas d’aller s’approvisionner au Biocoop, au Naturalia, ou à la boutique en vrac du coin pour y parvenir les yeux fermés. Si vous êtes sûr·e·s de n’y trouver que des produits bios, ils ne sont pas (et de loin) tous locaux, ni forcément de saison… De l’autre côté, vous approvisionner au marché de votre ville, peut vous garantir des produits locaux et a priori de saison, mais ils ne seront pas forcément bio ! Les coopératives alimentaires qui se développent un peu partout ne garantissent pas non plus une exclusivité de produits bio. Attention aux enseignes de la grande distribution qui surfent de plus en plus sur la vague du bio, mais en profitent au passage pour proposer des prix exorbitants et souvent avec de belles incohérences comme des fruits ou légumes emballés sous un film plastique… pour du bio, c’est pas terrible…

La meilleure solution pour cumuler les 3 est de réviser le calendrier de la saisonnalité des fruits et légumes et d’avoir un œil attentif sur la provenance ou… d’adhérer à une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Les AMAP sont destinées à favoriser l’agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l’agro-industrie.

Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s’engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance. 

L’AMAP vous permet aussi de faire de vraies économies puisque vous supprimez l’intermédiaire et les marges réalisées au passage.

Enfin, si vous considérez que le bio est trop cher, n’oubliez jamais que notre société de consommation (agriculture intensive et donc chimique + grande distribution avec la pression des centrales d’achat sur les producteurs) nous a habitué à des prix bien trop bas… nous ne payons pas le juste prix ! Ou si, mais indirectement avec tous les coûts cachés (frais de santé liés à cette alimentation non saine – obésité, maladies cardiovasculaires, diabète, cancers… – et frais écologiques pour dépolluer les sols et les cours d’eau…).

Personnellement, je vais vivre dans un éco-village (sans doute en Bretagne) à partir de septembre-octobre 2020. Si celui-ci dispose d’un potager suffisant, j’en profiterai. Sinon, je me fournirai auprès de la ferme bio la plus proche.

3. Je bannis le plastique... pour limiter cette pollution délirante et anticiper la fin du pétrole !

Le plastique… c’est vraiment tout sauf fantastique !

Nous sommes tellement entouré·e·s de plastique que nous en avons même dans le corps… Et oui, à force de manger des poissons qui ont eux-même ingurgité du plastique arrivé dans l’océan, nous en avons en nous.

N’attendons pas qu’il n’y en ait plus (le jour où il n’y aura plus de pétrole) pour nous en passer définitivement ou au moins un maximum. N’attendons pas que les pailles en plastique soient interdites. N’attendons pas que les supermarchés arrêtent réellement d’utiliser des sacs en plastique (leurs sacs soit disant bio-dégradables ne le sont pas !). N’attendons pas que les industriels abandonnent les bouteilles en plastiques pour leurs équivalents en verre.

Voici quelques bonnes habitudes à adopter issues de ma propre expérience et de mes envies futures :

    1. Acheter un maximum en vrac (pour éviter les sacs, mais aussi les emballages et suremballages)
    2. Dans la continuité de la rubrique précédente, troquez donc les sacs en plastique (même les cabas) pour leurs équivalents en tissu (bio de préférence, et pourquoi pas recyclé ou fabriqué par vos propres moyens à partir d’un vieux T-Shirt par exemple).

      Personnellement, après avoir utilisé pendant quelques mois les sachets en papier de Naturalia et Biocoop (je réutilisais plusieurs fois les mêmes avant qu’ils ne finissent par se trouer), j’ai fait l’acquisition de sacs en tissu pour mes fruits, légumes, graines et céréales… pour la simple et bonne raison que contrairement aux boutiques en vrac indépendantes, les enseignes bio ne vous permettent pas de venir avec vos bocaux…
      Je ne comprends pas non plus pourquoi ils continuent de vendre sous emballage les mêmes produits qu’ils proposent en vrac.

    3. Acheter une gourde en métal et boire l’eau du robinet
    4. Si vous trouvez ça normal de payer pour boire de l’eau potable alors qu’elle coule au robinet et même dans vos toilettes, seriez-vous prêt·e à payer pour respirer ?
      Ça pour le coup, c’est vraiment facile et cela vous évitera d’acheter quantité de bouteilles en plastique.

    5. Refuser toute paille lorsque vous commandez un cocktail ou un sirop dans un bar ou au restaurant
    6. Malheureusement, très rares sont les lieux qui anticipent l’interdiction des pailles en plastique au 1er janvier 2021 (c’eut été dommage de ne pas écluser les stocks !) en France, alors que de nombreuses alternatives existent déjà (inox, bambou, papier…). Le plus dingue, c’est quand on vous apporte votre cocktail avec non pas une, mais deux pailles !!!

      J’ai acheté 4 pailles en inox début 2018 (une pour chaque membre de la famille). Nous les avons presque toujours sur nous pour les Apérol Spritz des parents et les grenadines à l’eau des enfants. Et quand nous les oublions, nous buvons sans paille ! 😉

    7. Avoir au moins un jeu de couverts en métal sur soi
    8. Personnellement, je suis régulièrement en déplacement, un peu partout en France. Afin d’éviter d’utiliser les couverts en plastique qui accompagnent systématiquement vos commandes dans le train ou lorsque vous mangez sur le pouce, j’ai pris l’habitude de trimballer un jeu de couverts en métal.

       

    9. Abandonner le plastique sous toutes ses formes pour son hygiène et l’entretien de la maison en remplaçant :
      • Le gel douche (ou le savon liquide en petit flacon c’est pareil) par un savon solide acheté en vrac (idem pour le shampoing)
      • La brosse à dent en plastique par une brosse en bambou et son dentifrice en tube par un dentifrice solide,
      • Le rasoir en plastique par un rasoir en bois ou métal et sa mousse en tube par un savon pour barbe solide, voire un savon tout court
      • Les cotons-tiges par des cotons-tiges en papier ou un “oriculi” (le nettoyeur d’oreilles écologique en bois) ou encore… ses auriculaires
      • Les produits d’entretiens industriels par des produits naturels vendus en vrac (un contenant que vous réutilisez)

Ce ne sont là que quelques exemples. Vous verrez que lorsque vous aurez commencé, vous ne pourrez plus vous arrêter.

Alors, Go !

4. J’apprends à me débrouiller seul·e pour être autosuffisant·e et résilient·e demain

Contrairement à ce que vous pouvez avoir lu ou entendu 100 fois déjà, je suis intimement convaincu que les compétences clés du XXIème siècle ne seront ni de maîtriser le code informatique, ni d’être un expert en data science ou en IA (Intelligence Artificielle).

Non, les compétences qui feront la différence et vous permettront d’anticiper l’effondrement et de bien vivre avec une fois qu’il sera advenu sont les suivantes :

1. Savoir cultiver pour produire sa propre alimentation : Permaculture et Agro-écologie

Nous sommes aujourd’hui complètement dépendant·e·s du pétrole, notamment pour nous alimenter. Nous avons perdu l’habitude de stocker notre nourriture. Nos supermarchés et autres épiceries étant approvisionné·e·s en continu, il suffit de descendre de chez nous (lorsque nous habitons en ville) pour acheter de quoi manger. Si nous habitons à la campagne ou en ville, dans un quartier résidentiel, il nous faut prendre la voiture. Mais, savez-vous qu’il suffirait d’à peine quelques jours (moins d’une semaine) de non-approvisionnement de nos commerces pour que ce soit la panique absolue ? En cas de grève longue des chauffeurs routiers ou d’un choc pétrolier, sans même évoquer la fin annoncée du pétrole bon marché et du pétrole tout court, nous nous retrouverions à dévaliser nos superettes et grandes surfaces à proximité. Combien de temps tiendrions-nous ? Et comme nous n’avons ni potager, ni compétences en agriculture… il nous faudrait très rapidement bouger en abandonnant notre maison… Tant et si bien qu’après l’exode rural massif que nous connaissons depuis la révolution industrielle, nous allons vivre un énorme exode urbain dans les prochaines années. Contrairement à toutes les statistiques qui prédisent que les humains seront à 66% urbains en 2050, je pense plutôt que la proportion sera au minimum exactement inversée.

Voilà pourquoi se former à la permaculture et/ou à l’agro-écologie est absolument vital et selon moi la reine des compétences qu’il nous faut rapidement acquérir pour optimiser notre résilience et donc notre sérénité par rapport aux nombreux changements qu’induira l’effondrement dans sa phase terminale. Toutes les écoles devraient y former nos enfants !

2. Acquérir les bases du DIY (Do It Yourself) ou en bon français de la débrouille/bidouille

Apprendre à coudre est très utile pour réparer nos habits et toute sorte de chose. Ce sera très précieux demain et déjà très pratique si vous visez une vie plus frugale et minimaliste.

Découvrir et adopter les techniques Low-Tech nous permettra de faire preuve d’ingéniosité pour garder un minimum de confort (eau chaude, électricité…) lorsqu’il n’y aura plus assez d’énergie pour nos délires High-Tech. De nombreuses vidéos et tutos sont disponibles sur le web. Je vous conseille notamment ceux du Low-Tech Lab.

3. Mieux connaitre la nature et sa formidable pharmacopée

Maîtriser les bases de la survie en milieu naturel et ou hostile.

De très nombreux stages existent aujourd’hui. Je vous invite notamment à découvrir ceux du Centre d’Études et d’Enseignements des Techniques de Survie (CEETS) proposés par David Manise et ceux Aurélie Verdon. Pablo Servigne est allé à leur rencontre pour la “sacrée rencontre” du n°2 d’Yggdrasil. Voici la présentation de quelques-uns de leurs nombreux stages par David Manise et Aurélie Verdon.

DM : « Le stage Tribu 2.0, c’est vraiment l’organisation de groupe. On va improviser, voir les mécanismes du groupe en cas d’imprévu. Comment favoriser, nourrir le lien, dans le concret, avec des enjeux très basiques. »

AV : « C’est complètement expérimental, ça part d’un élan du cœur. Il y a des familles dans le groupe. L’idée n’est pas d’arriver à un résultat, mais de trouver une expérience, et du lien. C’est ça qu’on a besoin d’apprendre. T’as beau avoir toutes les connaissances de communication non-violente et tout, quand tu es face à du concret, tu peux vriller super vite pour des broutilles. »

DM : « Le stage 5%, c’est plus orienté survie. Développer la capacité à développer la coopération en cas de crise. Préparation physique et mentale. Une phase pédagogique où j’enseigne à enseigner et une phase coopération où je mets en place des guidelines pour pouvoir faire émerger de la coopération sous stress. »

AV (à propos du stage “Antifragile”) : « Oui. En fait, un choc te permet d’identifier là où ça coince en premier dans ton système. Et après tu peux faire ce que tu veux de cette faille, ça t’ouvre à la possibilité de grandir. L’idée d’antifragilité, c’est d’utiliser cette adversité à la fois pour mieux se connaître et pour faire des choses. C’est valable pour les individus et pour les collectifs. Ça demande d’accepter qu’il y a des endroits où on est plus fragile que d’autres et de le partager sans se juger. »

DM : « Ce stage, c’est vraiment élaborer, donner des recettes, des méthodes, une discipline pour outiller les gens afin qu’ils soient capables de profiter d’une adversité, de s’en nourrir et pas seulement de la subir. » 

Personnellement, j’avais déjà très envie d’expérimenter ce type de stage. La philosophie et l’approche de David Manise et Aurélie Verdon m’ont vraiment séduit. Je ferai assurément partie de leurs stagiaires en 2020.

Herboristerie, botanique, … il est grand temps de nous réapproprier les savoirs ancestraux et les usages traditionnels liés aux plantes. Comestibles et ou à usage thérapeutique, les plantes sont magiques et peuvent nous rendre de précieux services. Nous en aurons bien besoin le jour où les labos pharmaceutiques ne pourront plus produire tous nos médicaments chimiques. N’attendons pas, anticipons !

Pour commencer, vous pouvez découvrir les sites web “Vieilles racines et Jeunes pousses” de Thierry Thévenin et “La Tisane Lumineuse” de Béatrice Mera.

4. Se former à la gouvernance partagée, à l’intelligence collective et à la communication non violente

Aujourd’hui, les unités de vie résilientes qui se constituent localement (Oasis, éco-villages ou éco-hameaux) adoptent souvent des règles différentes, partagées et horizontales, de celles qui prévalent dans les organisations classiques, hiérarchiques et donc verticales. La vie en communauté est un extraordinaire laboratoire d’intelligence collective où le “PFH” (Putain de Facteur Humain) doit être bien appréhendé pour qu’il ne fasse pas tout capoter.

Connaissez-vous la sociocratie et l’holacratie où le consentement est préféré au consensus, où les élections se font sans candidat et où les membres énergisent des rôles qui ne leur appartiennent pas ?

Quant à la Communication Non Violente ou CNV, sa maîtrise est essentielle pour apprendre enfin à exprimer nos ressentis sans jugement, sans accuser l’autre, pour une communication adulte basée sur l’écoute et la sagesse.

L’Université du Nous propose via son organisme de formation hum ! (www.hum-hum-hum.fr/) des stages très complets.

5. Mieux se connaître pour mieux entrer en relation avec les autres

Il y a mille et une façons de réfléchir sur soi, d’entamer un travail d’introspection. C’est toujours très utile dans une vie, cela l’est d’autant plus lorsque l’on atteint l’étape 5, la dernière, de l’échelle de prise de conscience de l’effondrement établie par le Canadien Paul Chefurka. Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle abordent dans leur livre “Une autre fin du monde est possible” pour évoquer « les deux manières (non-exclusives) de réagir à cette situation désagréable », celle de cette étape 5, lorsque l’on prend conscience de la situation inextricable insoluble de l’effondrement et que la dépression menace : « On peut s’engager dans une voie extérieure : la politique, les villes en transition, la mise en place de communautés résilientes, etc ; ou dans une voie intérieure, plus spirituelle. » Autant le reconnaitre avec toute la sincérité qui me caractérise, la découverte de ces deux comportements m’a troublé profondément. Puisqu’au moment où j’ai lu “Une autre fin du monde est possible”, je venais justement d’interrompre l’aventure citoyenne “Strasbourg GO” que j’avais initiée, j’avais pris la décision de m’installer dans un éco-village et j’avais eu la chance de découvrir le travail qui relie lors d’une initiation dans le cadre de l’événement “L’An 0ff” organisé fin août 2019 par La Bascule.

« Nous proposons d’appeler “collapsosophie” (“sophie” = sagesse) l’ensemble des comportements et des positionnements qui découlent de cette situation inextricable (des effondrements qui ont lieu et d’un possible effondrement global) et qui sortent du strict domaine des sciences. La même démarche d’ouverture et de décloisonnement que nous avons pour la collapsologie se retrouve ici dans une ouverture plus large aux questions éthiques, émotionnelles, imaginaires, spirituelles et métaphysiques. Nous ne voulons pas choisir un camp mais chercher les complémentarités et les liens à tisser entre tous ces domaines pour nous aider dans ces transformations extérieures et intérieures. »

Quelle merveilleuse invitation à découvrir au plus vite leur livre, non ? Les trois auteurs citent également l’écopsychologie qui « défriche les relations entre la psyché humaine et la nature » et le travail de l’activiste Joanna Macy, pionnière de l’écologie profonde, qui a créé la méthodologie du “Travail qui relie” (The Work that Reconnects).

« Elle concocte une méthodologie pratique inspirée de plusieurs traditions du monde afin de reconnecter les militants en souffrance à leurs propres émotions. Cela les transforme intérieurement et collectivement, remet du baume au cœur, les rend plus résilients et plus vivants, et redonne du souffle et du sens à leur combat. Autrement dit, elle propose un cours accéléré pour expérimenter la confiance mutuelle, développer les capacités d’empathie entre humains et avec les autres qu’humains, et apprendre ce qu’est un authentique soutien. C’est un véritable travail de reliance, entre corps, âme et émotions. »

Les trois auteurs mentionnent les associations “Roseaux dansants” et “Terr’Eveille” qui proposent ce travail qui relie en France.

5. J’arrête de prendre l’avion… pour réduire mon empreinte carbone, la pollution et le réchauffement climatique

Adieu la petite escapade de 2 jours en amoureux·euses à Barcelone ou Rome ! Adieu les 3 semaines à la découverte de l’Asie ou de l’Australie ! Adieu l’aller-retour dans la journée entre deux villes françaises pour le boulot !

Le trafic aérien n’arrête pas d’exploser (+ 70% en 20 ans) alors même qu’il est hyper nocif pour la Terre. Et les dernières prévisions évoquent un doublement du nombre de passager·ère·s d’ici 2035… 

À titre individuel, arrêter de prendre l’avion est clairement l’une des actions les plus efficaces pour réduire considérablement notre empreinte carbone !

Voyager est devenu si simple. Partir sur un coup de tête pour le WE dans une capitale européenne à un tarif ridicule tellement courant… Les vols low-cost sont une véritable catastrophe écologique ! L’avion devrait être bien plus cher. Avec la crise des Gilets Jaunes, nous avons pris conscience que la taxe carbone sur les voitures individuelles était profondément injuste (sans parler du fait que le budget ait été détourné de sa finalité écologique…). En effet, aucune taxe carbone ne s’applique sur le kérosène qui nous permet de partir à l’autre bout du monde. C’est en effet le seul secteur – avec le trafic maritime – qui n’est pas couvert par l’accord de Paris, et la liste du régime de faveur est longue…

En fait, c’est la Convention de Chicago en 1944 qui, pour permettre le développement du trafic aérien au niveau mondial, a interdit la taxation du Kérosène sur les vols internationaux ! Ok, mais rien n’empêche de commencer par taxer les vols internes (comme c’est déjà le cas au Brésil et même aux Etats-Unis) avant de modifier cette règle toxique asap, non ? Le Hic c’est qu’il faudrait un vote à l’unanimité des 191 membres de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) ! Autant dire que ce n’est pas près d’arriver.

Quelques chiffres :

  • 100 000 vols par jour.
  • Nombre de passager·ère·s en 2016 : 4 milliards. Prévision pour 2035 : 8 milliards !!!
  • 1 AR Paris-New York : 1 tonne de CO2 = Quantité émise par une personne pour se chauffer pendant 1 an !
  • Trafic aérien : 2% des émissions de Gaz à Effet de Serre, soit l’équivalent d’un pays comme la France ou l’Allemagne. Prévision pour 2050 : 20%

 

Personnellement, c’est en 2017 que je suis monté à bord d’un avion pour la toute dernière fois de ma vie. Mon mode de transport préféré est le train dans lequel je lis, bosse, rêvasse et médite ! 😉

 

6. J’arrête de manger des animaux… pour préserver la vie sur Terre et donc la mienne !

Ah ouais carrément balaise ! Voire impossible… nombreux·euses sont celles et ceux qui réagissent spontanément : « c’est trop bon une bonne côte de bœuf ou un plateau de sushis !!! ».

Si vous pensez ainsi, je vous invite à méditer cette lumineuse citation de Matthieu Ricard : « La souffrance d’un animal est plus importante que le goût d’un aliment. ».

Il y a au moins 3 bonnes raisons (de la plus “intéressée” ou “égoïste” à la plus “altruiste”) de ne plus mettre de “viande” ou de poisson dans votre assiette : prendre soin de votre propre santé, préserver la vie sur Terre, épargner de nombreuses vies animales.

Selon moi, il serait plus pertinent d’inverser cette hiérarchie (c’est mon point de vue et celle qui m’a guidé personnellement).

  1. Prendre soin de votre propre santé

En effet, ne plus manger d’animaux terrestres vous permettra d’éviter de nombreuses maladies (cancer du côlon, maladies cardio-vasculaires, obésité ou diabète de type 2) et d’allonger votre espérance de vie.

Si vous ne le saviez pas, notre espèce a beau être omnivore (nous pouvons manger de tout), nous ne sommes pas pour autant des carnivores ! Autrement dit, pouvoir manger de la viande et du poisson, ne signifie pas être obligé·e d’en manger.

D’ailleurs, nos cousins les grands singes (gorilles, orang-outangs, chimpanzés) sont végétariens. Seuls les chimpanzés peuvent, lorsque leur alimentation principale (fruits, feuilles, bourgeons, graines, fleurs, écorce, résine) n’est plus aussi abondante, compléter leur régime avec des insectes, des oiseaux, des oeufs d’oiseaux, du miel, de la terre ou de petits mammifères. Les gorilles et les orang-outangs ne mangent pas d’animaux !!!

C’est parce que notre appareil digestif est plus proche de celui d’un herbivore, d’un ruminant (comme la vache) que de celui d’un fauve (comme le lion ou le tigre), que nous digérons si mal la viande que nous mangeons (surtout au dîner).

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  1. Préserver la Vie sur Terre

Et oui… comme le présente brillamment le film “Cowspiracy“, émission de Gaz à Effet de Serre, réchauffement climatique, extinction des espèces, déforestation, acidification des océans et création de zones mortes, épuisement des ressources en eau… La principale cause de tous ces problèmes est… l’élevage intensif !!! Inutile de développer ici, le film est vraiment très complet.

  1. Épargner de nombreuses vies animales

65 milliards d’animaux terrestres ! C’est le nombre ahurissant d’êtres vivants tués pour notre seule consommation. Et si l’on ajoute les poissons, c’est 1 000 milliards d’animaux tués chaque année pour terminer dans nos assiettes !!!

Si ce n’est pas votre premier moteur (ce fut le mien), je vous invite à regarder la conférence “Le discours le plus important de votre vie” de Gary Yourofsky. Elle pourrait bel et bien changer votre vie !

Mettez-vous deux minutes dans la peau d’une personne végétarienne. Voici LA phrase la plus entendue lorsque vous annoncez à un·e ami·e, un·e membre de votre famille ou toute autre relation que vous avez changé votre régime alimentaire :

« Tu es devenu·e végétarien·ne ? Bon, rassure-moi, tu manges toujours du poisson ? Non ? Aïe… mon/ma pauvre ! »

Ce à quoi je réponds que c’est mon choix et que contrairement à cette idée reçue, il ne s’agit pas là de privation/sacrifice, mais bel et bien de l’une des plus belles actions de citoyen·ne engagé·e qui soit !

Croyez-moi l’alimentation végétarienne ou vegan est mille fois plus riche que l’alimentation la plus répandue pour la simple et bonne raison que nous diversifions bien d’avantage nos aliments d’origine végétale, vous savez la partie qui ne représente trop souvent que l’accompagnement à côté de l’animal qui git dans une assiette… les haricots, la purée, la feuille de salade ou les frites. Et que dire de ces trop nombreux restaurants qui ne proposent même pas un plat végétarien sur leur carte.

Je profite de l’occasion pour inviter les restaurateurs·trices et les cuistos à s’y mettre et tant qu’à faire à opter plutôt pour des plats vegan que les végétariens peuvent aussi manger plutôt que les plats végétariens que les vegan ne peuvent pas consommer !

Toujours est-il que le “boulot”est énorme pour changer les mentalités, en France, pays de la gastronomie, encore plus qu’ailleurs !

Savez-vous quelle proportion de Français·e·s est végétarienne ou vegan ? Entre 3 et 5% seulement (5% selon un sondage Harris-Interactive réalisé en 2017) !!! Le végétarisme est pratiqué par 8% des Allemands, 10% des Anglais et des Italiens et jusqu’à 20 à 30% de la population en Inde (Hindouisme) où certaines villes vont jusqu’à prohiber la vente/consommation de viande et la présence d’abattoirs sur leur sol et leur périphérie.

L’Europe est clairement à la traine par rapport à l’Asie où la Malaisie et l’Indonésie sont des exemples.

« Il m’est arrivé de demander à une assemblée : Êtes-vous en faveur de la justice et de la morale ? Tout le monde a levé la main. J’ai demandé ensuite : Est-il juste et moral d’infliger des souffrances non nécessaires à des êtres sensibles ? Personne n’a levé la main. En vérité, aucun argument moral ne permet de justifier nos comportements à l’égard des animaux. » Matthieu Ricard

Pour info :

  • Flexitarisme : “foutage de gueule” (selon moi), non plus sérieusement il s’agit d’un régime alimentaire avec une consommation occasionnelle de viande ou de poisson.
  • Pescetarisme : régime alimentaire sans viande, avec du poisson, des mollusques et des crustacés.
  • Végétarianisme : régime alimentaire sans viande et sans poisson.
  • Végétalisme : régime alimentaire sans aucun produit d’origine animale (ni poisson, ni viande, ni lait, ni œuf, ni miel).
  • Véganisme : mode de vie se passant de tout produit d’origine animale aussi bien dans l’alimentation que dans l’habillement (pas de laine, pas de cuir) et les accessoires (sac, bijoux, carnet de notes…).

Personnellement, j’ai commencé par arrêter de manger des animaux terrestres en février 2017. Puis, les animaux marins en août 2017. Et j’ai arrêté les œufs, le lait et le miel en décembre 2018.

Du côté vestimentaire, c’est à l’automne 2018 que j’ai cessé de porter toute matière animale (chaussures en cuir, doudoune avec des plumes de canard, veste en cuir, besace en cuir…) à l’exception des 3 ou 4 pulls en laine que j’ai depuis 10 ans et que j’ai réparés en recousant les trous aux coudes. Ils s’étaient visiblement passer le mot pour tous lâcher en même temps…

7. J’adopte une activité (vraiment) utile… pour participer à l’émergence d’une nouvelle société !

Si je termine avec cette action-là, c’est qu’il s’agit sans doute de la plus impactante, et de loin ! Cette grande décision est à appréhender sous l’angle de l’ikigai. Mais, nous pouvons déjà envisager les deux possibilités qui s’offrent à nous :

  1. Si, par bonheur, je peux être payé·e pour cette activité (ou que j’ai déjà assez de capital, d’économies, de richesse pour arrêter mon activité actuelle), alors… j’arrête tout de suite mon activité principale actuelle pour mettre toute mon énergie au service de l’intérêt commun, ou plutôt de l’intérêt de l’ensemble du vivant sur notre planète.
  2. Et si en tirer une rémunération semble compliqué (et que mes moyens ne me permettent pas d’abandonner mon activité actuelle), alors… je m’engage activement, en parallèle de mon activité professionnelle principale, dans une association ou un mouvement qui œuvre déjà pour améliorer notre monde ou j’en crée une nouvelle.

Si vous ne le faites pas pour les autres humains et encore moins pour la planète et le vivant qu’elle abrite, faites-le au moins pour vous et vos enfants !

5 actions pour un débranchement total !

Une fois que vous aurez adopté ces 7 actions qui vont déjà clairement changer votre vie, il restera d’autres câbles à débrancher :

1. Argent / Monnaie
  • Changer de banque en quittant les grandes banques systémiques (celles qui cumulent activité de détail et activité spéculative) pour ouvrir un compte au Crédit Coopératif. Si cette solution n’est pas parfaite – le Crédit Coopératif faisant partie du groupe BPCE – c’est aujourd’hui la moins mauvaise puisque votre argent est prioritairement utilisé pour financer des projets responsables. Parallèlement, vous pouvez aussi ouvrir un compte épargne à la Nef, LA banque éthique, qui malheureusement ne propose toujours pas de compte courant aux particuliers (seulement pour les organisations).
  • Utiliser un maximum les monnaies alternatives, locales et complémentaires (Eusko, Radis, Stück, Cigogne, Soudaqui, Sonnante, Miel, Abeille, Cep, Bizh, Vendéo, Heol, Buzuk, Grain, Maillette, Yar, Florain, Gentiane, Pêche, Gabarre, Doume, Méreau, Passeur, Mige, Pois, Lou Pelou, Lien, Touselle, Fève, Roue …) afin de privilégier l’économie locale.
  • Opter pour La Monnaie libre et du coup ne plus être tributaire de l’Euro et plus résilient·e en cas de crise financière.
3. Habitat
  • Quitter la ville pour vous installer dans un village en transition, un écovillage ou une ZAD.
  • Devenir agile et mobile en habitant une tiny house, une yourte ou tout autre habitat léger, réversible et/ou mobile.

5. Alternatives au Système

Nous affranchir du système dominant actuel et nous tourner un maximum vers les toutes les formes d’alternatives respectueuses du vivant, humainement plus justes et réellement démocratiques : écovillages, fermes bio, AMAP, coopératives, ressourceries-recycleries, écoles alternatives ou démocratiques, monnaies locales… 

2. Minimalisme vestimentaire et matériel

Plutôt que vous contenter de boycotter telle ou telle marque, et si vous adoptiez le minimalisme en vous débarassant du superflu (évidemment en donnant plutôt qu’en jetant) pour ne garder que l’essentiel.
De quoi avez-vous réellement besoin ? De quoi vous servez-vous réellement tous les jours ?
Vous allez vite prendre conscience de l’accumulation délirante de vêtements et d’objets qui encombre considérablement votre espace de vie. Une fois que vous aurez eu le courage de faire ce tri, vous vous sentirez léger·ère comme l’air !

4. Santé

Abandonner toute médication chimique, qui finira par disparaître, pour les “remèdes de grand-mère”, huiles essentielles et la pharmacopée naturelle des plantes.

Pour aller plus loin…

Notre kit pratique Changer de vie

Notre kit pratique Risques systémiques

Notre fiche pédagogique Résilience

Notre fiche pédagogique Effodrement

Les formations Mettre les mains dans la Terre

Les formations Créer une communauté

Notre fiche pédagogique Démocratie

Notre annuaire des écovillages

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